Archives de mots clés: écologie

Le végétal : clé de la ville de demain ?

Logo Unep - les entreprises du paysageLUnion Nationale des Entreprises du Paysage (UNEP), en partenariat avec Hortis, les responsables d’espaces nature en ville, ont dévoilé les résultats d’une nouvelle étude menée dans le cadre de l’Observatoire des villes vertes. Pour cette 6e enquête, le panel a été interrogé sur la place des infrastructures vertes dans leurs politiques urbaines. Résultat : les collectivités les plus en pointe ont pris conscience de l’atout que représentent les infrastructures vertes pour développer la biodiversité, améliorer le cadre de vie des habitants et favoriser l’attractivité de leur territoire. Les projets de végétalisation d’infrastructures « grises » quant à eux se multiplient. Pour Catherine Muller, présidente de l’Unep, il est souhaitable que cette dynamique s’étende rapidement à l’ensemble des villes Françaises.

Le végétal prend progressivement le pas sur le béton
La notion « d’infrastructure verte » englobe tous les espaces végétalisés, naturels ou aménagés – par opposition aux « infrastructures grises » : routes goudronnées, bâtiments. Pour cette étude, l’Observatoire des villes vertes a interrogé 25 villes parmi les plus en pointe ; celles dont les politiques liées au végétal préfigurent les futures tendances.
Premier enseignement : la végétalisation d’infrastructures grises est largement pratiquée par les collectivités interrogées. 7 sur 10 ont des projets en cours, qu’il s’agisse de végétaliser des parkings, des toitures de bâtiments collectifs, des voiries ou des ronds-points, comme par exemple la place de la Nation à Paris.
La végétalisation des voies de tramway, à l’instar des travaux démarrés en début d’année à Brest, est encore plus plébiscitée (8 villes sur 10). La végétalisation de pistes cyclables est en bonne voie, même si certaines villes sont plus investies que d’autres en la matière. Ces initiatives peuvent aller jusqu’à la création de véritables « voies vertes », comme à Angers où une ancienne voie ferrée a été entièrement végétalisée afin de relier la ville aux communes avoisinantes, (et permettre aux habitants de les emprunter à pied ou à vélo).

« Pour les Français, la ville idéale est d’abord écologique et végétale (Source : étude Unep–Ifop 2016 « Ville en vert, ville en vie »). Les bons résultats de cet Observatoire en matière de végétalisation d’infrastructures grises sont encourageants, car si les villes françaises souhaitent s’adapter aux aspirations de leurs citoyens, il est impératif qu’elles investissent non seulement dans la création de nouveaux espaces verts, mais également dans la végétalisation des infrastructures existantes » analyse Catherine Muller, Présidente de l’Unep. « Pour les y aider, les professionnels du paysage disposent de toutes les compétences techniques, végétales et écologiques nécessaires. »

Infographie, Observatoire des Villes vertes, UNEP (suite…)

BiodiversiTerre sur la place de la République à Paris

BiodiversiTerre, place de la République, Paris (75)
Le temps d’un week-end et à l’occasion de l’évènement BiodiversiTerre, la place de la République a perdu son aspect bétonné pour prendre des allures de petite campagne urbaine avec de vastes prairies fleuries, des espaces engazonnés, des vaches et des bottes de paille.

En sortant du métro, des effluves d’herbes coupées vous titillent les narines. Plutôt surprenant sur cette place parisienne ô combien minérale.

BiodiversiTerre, place de la République, Paris (75) (suite…)

Découverte de Plathelminthes invasifs géants en France et dans les territoires français d’outre-mer

Logo Muséum National d'Histoire Naturelle

Le 22 mai dernier, le Muséum national d’Histoire naturelle a envoyé une alerte à l’attention de la presse concernant la découverte de Plathelminthes terrestres, des vers plats géants invasifs, sur le territoire français métropolitain et ultramarin. Une menace pour nos vers de terre et la vie des sols.

Une conséquence de la mondialisation et de l’accroissement des échanges internationaux de marchandises est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. En France, on a ainsi vu arriver récemment le frelon asiatique, l’écureuil de Corée et le Plathelminthe de Nouvelle-Guinée. La découverte de ce dernier a donné lieu au lancement en 2013 par le Muséum national d’Histoire naturelle d’un appel à témoins sur les Plathelminthes terrestres (vers plats). Une équipe de chercheurs dirigée par Jean-Lou Justine de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB – Muséum / CNRS / Sorbonne Université / EPHE), a ainsi étudié pendant 5 ans quelque 700 contributions de citoyens. Il s’agit de la première enquête d’envergure sur le sujet en France métropolitaine et territoires français d’outre-mer, basée sur les sciences participatives, dont les résultats sont publiés dans PeerJ.

Bipalium kewense, prédation en France, photo Pierre Gros - CCBY4-0
Cinq espèces de Plathelminthes bipaliinés (des genres Bipalium et Diversibipalium), originaires d’Asie, ont été rapportées sur le territoire français métropolitain et ultramarin : Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, Guyane Française, Réunion, Mayotte mais aussi en Suisse, à Monaco et au Portugal. La moitié des observations en France métropolitaine est localisée dans le seul département des Pyrénées-Atlantiques. Deux de ces cinq espèces sont des géantes parmi les Plathelminthes terrestres, atteignant jusqu’à 40 cm de long. Les bipaliinés sont des prédateurs de la faune du sol, notamment des vers de terre, et représentent donc une menace pour la biodiversité des sols et leur équilibre écologique – ils sont capables de tuer des proies jusqu’à 50 fois plus lourdes qu’eux ! De plus, ces espèces se reproduisent par scissiparité (reproduction asexuée), moyen efficace pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire. Même si une évaluation de leur impact écologique sur la biodiversité locale est nécessaire, les bipaliinés correspondent bien à la définition des espèces exotiques envahissantes.

Bien que l’invasion ait commencé il y a 20 ans – certains témoignages remontent jusqu’en 1999 -, les chercheurs n’ont trouvé aucune publication scientifique sur la présence de bipaliinés en France. Il est paradoxal que l’invasion d’un pays développé, en Europe, par des animaux aussi spectaculaires, n’ait attiré l’attention d’aucun scientifique ni d’aucune institution. Cela montre bien la méconnaissance de tous les acteurs dans ce domaine ; il va falloir pallier ce manque d’information sur les Plathelminthes terrestres qui seront de plus en plus souvent rencontrés en Europe par les citoyens et les professionnels de l’agriculture, de l’aménagement paysager, des sciences vétérinaires et de la médecine.

Référence
Jean-Lou Justine, Leigh Winsor, Delphine Gey, Pierre Gros, Jessica Thévenot. Giant worms chez moi! Hammerhead flatworms (Platyhelminthes, Geoplanidae, Bipalium spp., Diversibipalium spp.) in metropolitan France and overseas French territories.
PeerJ. 22 mai 2018 – DOI : 10.7717/peerj.4672

Article (en anglais) en accès libre: https://peerj.com/articles/4672

Week-end de comptage des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018

Logo LPO
Pour la 6e année consécutive, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) invitent les citoyens à participer au comptage national des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018. Le but ? Établir un suivi des populations d’oiseaux de proximité afin d’évaluer leur état et préconiser ainsi des mesures de protection. Ce deuxième comptage annuel qui fait suite à celui de janvier constitue une manière simple pour chaque citoyen, adhérent ou non à la LPO, d’agir concrètement en faveur de la connaissance et de la protection de notre avifaune.

Logo Muséum National d'Histoire Naturelle

En pleine période de reproduction, les oiseaux sont moins abondants dans les jardins que durant l’hiver mais de nombreuses espèces sont tout de même observables. Parmi les plus communes : le Merle noir, le rouge-gorge et la Mésange charbonnière. Les plus chanceux pourront aussi observer la Huppe fasciée ou le Rougequeue à front blanc, des visiteurs saisonniers.

Merle sur mon balcon parisien en hiver, Paris 19e (75)À l’occasion de ce comptage du dernier weekend de mai, les citoyens pourront découvrir la grande diversité d’oiseaux qui visitent les jardins et qui, pour certains, sont menacés de disparition, comme le Verdier d’Europe ou le Bouvreuil pivoine (classés Vulnérables sur la Liste Rouge UICN). Chaque année depuis 2013, des milliers d’observateurs partagent leurs données et contribuent à faire avancer la connaissance des oiseaux de nos jardins.

Forts des observations issues de ces comptages, des états des lieux des oiseaux présents dans nos jardins pourront être dressés. Et contre toute attente, les données collectées fin janvier 2018 présentent un grand nombre d’oiseaux à la mangeoire, à l’instar des Grosbecs casse-noyaux, Tarin des aulnes et Mésanges noires qui sont arrivés massivement dans nos jardins cet hiver ! (voir bilan)

Les prochaines observations collectées pour le comptage de mai permettront de mesurer l’abondance des espèces venues nicher dans les jardins. Les migrateurs comme les hirondelles et le Rougequeue à front blanc seront-ils présents en nombre ? Le Grosbec casse-noyaux et la Mésange noire dénombrés cet hiver seront-ils encore présents fin mai dans les jardins ?  À vous d’aider la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à le savoir !

À vos agendas donc pour ce prochain weekend de comptage de mai. Il n’est pas nécessaire d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qui se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile ! (suite…)

12ème édition de la Fête de la Nature

Affiche de la Fête de la Nature 2018La 12ème édition de la Fête de la Nature se déroulera du 23 au 27 mai 2018. Cinq jours de manifestations gratuites pour permettre à tous les publics de vivre une expérience de la nature à son contact. Le thème 2018 ? Voir l’invisible !

La Fête de la Nature est l’événement annuel « nature » de référence. À chaque édition, ce sont plus de 800000 curieux qui se rendent dans la nature, à travers les 5000 manifestations organisées partout en France. Durant 5 jours, des milliers d’animations gratuites sont ainsi organisées par les associations de conservation et d’éducation à la nature, les collectivités locales, les établissements scolaires, les entreprises, les particuliers… Sur tout le territoire français, en métropole et en Outre-mer, dans les villes comme à la campagne, des évènements sont proposés à deux pas de chez soi, pour découvrir ou redécouvrir les richesses naturelles souvent insoupçonnées et renouer avec notre environnement.

Pour sa 12ème édition, la Fête de la Nature nous fait découvrir une nature discrète et mystérieuse qui regorge d’une diversité d’êtres souvent insolites, minuscules, invisibles au premier regard et qui pourtant, s’avèrent extraordinaires à étudier. La nature offre aussi des atmosphères inhabituelles dès que les activités humaines cessent : aube ou crépuscule, « entre chien et loup » quand le sauvage s’anime, ambiances sous terre et sous mer désorientantes, atmosphères des forêts anciennes, de la canopée ou des rivières sauvages… Une escapade dédiée aux petits et grands pour apprendre à chercher et à observer les trésors cachés tout près de chez soi.

Cliquer pour découvrir le programme complet de la 12ème édition.
(suite…)

S’inscrire pour la 5ème édition des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité

Logo de la ville de Genevilliers (92)Les 22 et 23 juin 2018, rendez-vous à Gennevilliers pour la 5ème édition des Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité organisés par l’Agence Régionale de la Biodiversité / Île-de-France, le département Biodiversité de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme / Île-de-France, en partenariat avec la ville de Gennevilliers. Les inscriptions sont ouvertes !

Depuis 2014, les Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité proposent débats, retours d’expériences, communications scientifiques et prospectives autour d’un mouvement qui ne cesse de se développer. En quelques années, les projets en agriculture urbaine se sont multipliés : micro-fermes urbaines, tours maraichères, potagers sur les toits ou champignonnières dans des parkings, la diversité des formes mais aussi des fonctions, alimentaires, sociales, éducatives ou environnementales, témoignent d’une dynamique en perpétuelle évolution. Inévitablement, de nombreuses questions surgissent au fur et à mesure qu’apparaissent également de nouveaux enjeux : professionnalisation des acteurs, rôle des collectivités, conflits d’usage, prise en compte de la biodiversité, aménagement du territoire…

Les Ateliers d’été de l’agriculture urbaine et de la biodiversité 2018 s’inscriront une fois encore au cœur des ces débats en réunissant les 22 et 23 juin 2018, porteurs de projets, élus locaux, chercheurs, naturalistes, responsables associatifs sur le thème :  « Agriculture urbaine : accompagner tous les acteurs ». Cette 5ème édition proposera notamment le vendredi 22 juin en matinée, deux tables rondes :

  • « Favoriser ou aider à l’installation des nouveaux agriculteurs urbains, comprendre les attentes, former les acteurs ».
  • « Pratiques culturales de l’agriculture urbaine et impact sur la biodiversité – Le cas de l’apiculture en ville et des relations avec les pollinisateurs sauvages ».

Débats et tables rondes seront ponctués par de nombreux ateliers pratiques autour des sciences participatives, des semences, de la permaculture… et des visites de sites en agriculture urbaine sur le territoire de Gennevilliers, avec notamment la ferme urbaine de l’Agro-Cité inaugurée le 11 avril 2018.

Informations pratiques
Inscription gratuite et programme complet sur le site : http://www.agricultureurbaine-idf.fr/ateliers-ete-agriculture-urbaine
Centre Socio Culturel Aimé Césaire, 6-8, avenue du Luth, 92230 Gennevilliers.