biodiversité

La diversité biologique

Conférence « Biodiversité, génétique et évolution » le 15 février 2018

Affiche de la conférence de l'ARB Île-de-France, biodiversité, génétique et évolution, février 2018Dans le cadre de son cycle de conférences pour le grand public, l’ARB Île-de-France, anciennement Natureparif, propose de rencontrer Pierre-Henry Gouyon, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, à l’AgroParisTech, à l’ENS et à Sciences Po Paris.

Depuis le début de sa carrière de biologiste spécialisé en génétique et en évolution, Henry Gouyon porte un regard interrogateur sur les relations entre ces disciplines et la société, et plus particulièrement sur le lien entre nos perceptions de ce qu’est l’évolution et notre rapport au vivant.

La biodiversité est facile à observer mais difficile à définir. La théorie de l’évolution constitue la base de la biologie, l’écologie et la génétique en sont issues. Elle affirme l’unité du Vivant, et permet d’agir sur lui, mais pose de nombreux problèmes à la société, a servi de fondement à des idéologies ignobles et est refusée par les extrémistes religieux. Quant à la description et la sauvegarde de la biodiversité, elles reposent souvent sur des fondements religieux plus que scientifiques. Les biotechnologies se développent à grande vitesse et de nombreux débats ont vu le jour ; sur les OGM par exemple, les scientifiques ont souvent considéré les critiques comme essentiellement obscurantistes et semblent parfois eux-mêmes se conformer à une vision religieuse du progrès. Peut-on espérer l’avènement d’un véritable échange entre sciences et société dans le champ de la biologie ?

Informations pratiques
Jeudi 15 février 2018 de 19h à 21h
Halle Pajol, Auberge de Jeunesse, 18/22 ter, rue Pajol, 75018 Paris.
Métro : ligne 12, station Marx Dormoy.
Entrée gratuite.  Inscription conseillée 

Journée mondiale des zones humides le 2 février 2018

Journée mondiale des zones humides (JMZH), 2 février 2018
Chaque année, le 2 février, l’association Ramsar France, Evian et la LPO se mobilisent dans le cadre de la Journée Mondiale des Zones Humides (JMZH) pour sensibiliser le public à la préservation des ressources en eau et faire connaître leur importance dans l’écologie mondiale.

La Journée mondiale des zones humides consacre son édition 2018 à la nécessité vitale, d’intégrer et de développer les milieux humides dans les villes. Et pour cause : 50% des zones humides métropolitaines ont disparu entre 1960 et 1990 ; 47% se sont dégradées entre 2000 et 2010. Les marais, tourbières, lagunes, salines et autres terres humides sont reconnus pour receler une grande diversité et richesse biologiques. Ils ont un rôle essentiel dans le bon fonctionnement des écosystèmes, la fourniture de services comme la lutte contre le réchauffement climatique. Ils sont encore aujourd’hui sacrifiés par un développement qui n’a toujours pas intégré les services écosystémiques et aménités en amont des décisions publiques et privées. Détentrices et responsables de terres humides, les villes ont un rôle majeur à jouer. (suite…)

Programme 2018 des conférences publiques de l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France

Flyer programme 2018 des conférences sur la biodiversité de l'ARBVoici le nouveau programme 2018 des conférences mensuelles sur la biodiversité à destination du grand public proposées par l’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France.

Jeudi 25 janvier 2018 : La biodiversité, quelle histoire !, animée par Bruno DAVID (MNHN)
Jeudi 15 février 2018 : Biodiversité, génétique et évolution, animée par Pierre-Henry GOUYON (MNHN)
Jeudi 29 mars 2018 : La biodiversité auxiliaire des cultures, animée par Michel GRIFFON (AEI)
Jeudi 12 avril 2018 : Le retour du castor en Île-de-France, animée par Paul HUREL (ONCFS)
Jeudi 10 mai 2018 : La monétarisation de la nature : démêler le vrai du faux, animée par Harold LEVREL (AgroParisTech)
Jeudi 21 juin 2018 : Les corneilles à Paris, animée par Frédéric JIGUET (MNHN)
Jeudi 20 septembre 2018 : Comment les microbes structurent notre monde, animée par Marc-André SELOSSE (MNHN)
Jeudi 18 octobre 2018 : Ce que les plantes invasives nous disent de notre regard sur le monde, animée par Jacques TASSIN (CIRAD)
Jeudi 15 novembre 2018 : La toiture végétalisée,  véritable    écosystème urbain ?, animée par Audrey MURATET et Maxime ZUCCA (ARB Île-de-France)
Mercredi 12 décembre 2018 (de 15h à 16h) : Conférence surprise. À l’approche de Noël, un spectacle ou une conférence dédiée aux enfants.

Informations pratiques
Pour qui ?
Pour tous les passionnés de nature et d’écologie comme pour les néophytes.
Quand ? Un jeudi par mois, de 19h à 21h (la conférence de décembre exceptée).
Où ? À la Halle Pajol – Auberge de jeunesse Yves Robert, 18-22ter, rue Pajol, 75018 Paris. (Métro Max Dormoy sur la ligne 12 et La Chapelle sur la ligne 2)
Tarif ? L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles (réservation conseillée).

 

Étude de l’impact de différentes pratiques agricoles sur les chauves-souris et les oiseaux

Champs de blé en hiver, photo Fotolia / DmytroLes chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) viennent de montrer que des changements simples de pratiques peuvent réduire les impacts négatifs de l’agriculture sur la biodiversité.

La biodiversité dans les campagnes subit une sévère érosion dont l’intensification agricole est une des causes majeures. Pourtant, très peu d’études ont jusqu’ici comparé les effets de changements précis dans les pratiques agricoles sur les groupes d’animaux situés au sommet des réseaux trophiques, constituant de bons indicateurs biologiques et rendant des services écosystémiques considérables. Les chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO : Muséum national d’Histoire naturelle / CNRS / UPMC – Sorbonne Universités) ont ainsi étudié l’impact sur les chauves-souris et les oiseaux de différentes pratiques agricoles.

En comparant l’activité des chauves-souris sur différents champs de blé conventionnels et un champ biologique en Ile de France, les résultats d’une première étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution, montrent que l’activité est plus importante dans le système biologique, ainsi que sur les exploitations conventionnelles où le travail du sol a été réduit. De plus, le bénéfice dû à la diminution du travail du sol s’avère nettement plus important lorsqu’on diminue les passages d’herbicides, sans que cela n’affecte les rendements. Dans une seconde étude, publiée dans Agriculture, Ecosystems and Environement et menée sur des exploitations conventionnelles, les résultats indiquent que l’effet de la réduction du travail au sol sur l’abondance des oiseaux agricoles dépend de la méthode de contrôle des adventices utilisée. En effet, lorsqu’un couvert herbacé est utilisé, l’abondance des oiseaux est nettement plus élevée ; tandis que l’usage uniquement d’herbicides lui est très néfaste.

Ces travaux mettent en évidence les impacts négatifs de l’utilisation d’herbicides et du travail du sol sur deux groupes d’animaux, qui témoignent aussi d’une plus large perte de biodiversité (insectes notamment). Or, des améliorations importantes peuvent être facilement réalisées en agriculture conventionnelle, passant par la diminution du travail du sol et les types de gestion des adventices qu’elle engendre. Des changements de pratiques qu’il devient urgent de promouvoir pour sauvegarder la biodiversité agricole.

Références
Kévin Barré, Isabelle Le Viol, Romain Julliard, François Chiron, Christian Kerbiriou. Tillage and herbicide reduction mitigate the gap between conventional and organic farming effects on foraging activity of insectivorous bats. Ecology and Evolution. 2017;00:1–11 : https://doi.org/10.1002/ece3.3688
Kévin Barré, Isabelle Le Viol, Romain Julliard, Christian Kerbiriou. Weed control method drives conservation tillage efficiency on farmland breeding birds. Agriculture, Ecosystems and Environment. 2018. 256: 74-81 : https://doi.org/10.1016/j.agee.2018.01.004

Une truffe sauvage récoltée sur les toits de Paris

Truffe parisienne, Tuber brumale, photo Topager / MNHN
Un communiqué du Muséum national d’Histoire naturelle en date du 22 décembre 2017 annonce que dans le cadre de la démarche de végétalisation comestible des terrasses de l’hôtel Mercure Paris Centre Tour Eiffel (groupe AccorHotels) , un chercheur / jardinier a découvert le 30 novembre dernier une truffe au pied d’un charme. C’est la première fois qu’un tel champignon est trouvé à l’état sauvage dans Paris intramuros.

Afin d’identifier l’espèce de la truffe, ce chercheur en écologie urbaine au Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (Muséum national d’Histoire naturelle / CNRS / UPMC) et cofondateur de Topager a contacté alors les spécialistes de ce champignon à l’Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité (Muséum / CNRS / EPHE / UPMC).

Après analyses, la truffe appartient à l’espèce Tuber brumale. Il s’agit d’une truffe comestible quoique peu consommée, qui pousse d’ordinaire dans les mêmes régions que la truffe noire du Périgord et dans les mêmes sols secs et calcaires. Cette découverte souligne la méconnaissance actuelle des écosystèmes urbains et soulève plusieurs questions. Comment ce champignon est-il arrivé là ? Quelles sont les conditions micro-climatiques particulières qui lui ont permis de se développer, au pied même de la tour Eiffel ? Est-ce un bon indicateur de la santé environnementale de l’écosystème parisien ?

Les toitures végétalisées représentent des écosystèmes à fort potentiel pour la biodiversité urbaine. Outre leurs diverses fonctions déjà connues telles que la rétention d’eau et la climatisation naturelle, elles constituent un support de la biodiversité, en plus d’une fonction de production alimentaire en milieu urbain. La découverte de cette truffe sauvage en est un bel exemple.

Atelier de conception sur la Forêt de la Corniche des Forts Romainville (Seine Saint-Denis)

Forêt de la Corniche des Forts, Romainville, photo Yann Monel
Une forêt sauvage peut-elle être considérée comme un nouveau type de jardin ? Question paradoxale quand un jardin est par définition un espace façonné par l’homme. C’est la problématique étudiée par les futures architectes dans l’atelier du Master-Lab Habiter l’Anthropocène de l’ESA, à travers l’étude de la Corniche des Forts. Les projets seront exposés à l’ESA le 21 décembre 2017.

Cette forêt méconnue, située à 2 km de Paris, est un site d’intérêt remarquable à l’échelle européenne, car il est un observatoire pour voir comment la nature a recolonisé un espace façonné par l’homme. Aujourd’hui cette forêt est une enclave entre Romainville, Pantin, Noisy-le-Sec et les Lilas, inaccessible au public à cause des cavités profondes de l’ancienne carrière. Plusieurs scénarii ont été envisagés pour son futur : parc urbain, base de loisirs ou forêt urbaine. Raser la forêt ou combler les cavités impliquerait de détruire la dimension sauvage du site et ces espaces de la carrière qui sont de véritable cathédrales souterraines.

L’enjeu de l’atelier a été d’imaginer la métamorphose de ce tiers-paysage comme catalyseur pour l’imaginaire de cette banlieue parisienne et pour l’aménagement de son tissu hétéroclite, à travers une série de micro-projets architecturaux. Il s’agit de porter une réflexion à double échelle, celle du milieu et celle de l’objet. Comment conserver la forêt tout en l’aménageant pour le public ? Quels objets programmatiques pour créer une connectivité durable entre la ville et la forêt ?

Une forêt née des carrières de gypse, un bien commun pour le climat et l’Île-de-France
Cette forêt moderne et improbable, est une friche urbaine qui doit son existence à son passé industriel. Elle est situé sur une ancienne zone d’exploitation de gypse qui servait à extraire du plâtre pour la construction de Paris. Suite à la fermeture des carrières, la nature a pris le dessus en recouvrant intégralement le site d’un nouveau biotope.

La sous-face invisible de cette forêt, est donc sa raison d’être, mais aussi son défi. L’accès est interdit au public en raison des risques d’effondrement. Pourtant des chemins y sont tracés, des riverains pratiquent ce lieu et les 20 hectares déjà aménagés en parc à ses abords. Des associations de sauvegarde de la Forêt se sont crées lorsque la ville puis la Région annonçaient leur projet de créer un parc public et une île de loisirs. En effet, ces projets signifient le comblement des carrières pour sécuriser le site et par conséquence le défrichement d’une partie de la forêt.

À l’heure d’un dérèglement climatique accéléré, de l’extinction massive des espèces et d’une pollution atmosphérique urbaine persistante, ne faut-il pas changer de récit ? Ne faut-il pas donner une valeur supérieure à cette forêt comme cela se fait à Tokyo, Rio, Singapour ou Toronto qui abritent, préservent et valorisent leurs forêts urbaines ? Ne faut-il pas la considérer comme un écosystème autonome et bénéfique non seulement pour l’homme mais aussi pour toutes les espèces qui y vivent ? (suite…)