Prix Saint-Fiacre 2012 : « Le Jardin Perdu » de Jorn de Précy

Le Prix Saint-Fiacre, Prix des journalistes de jardin, récompense depuis 1971 un ouvrage de langue française, abordant les thèmes du jardin, du jardinage ou ceux du monde végétal. Il reste abordable pour le plus grand nombre : c’est un prix avant tout destiné au grand public. Afin de prendre en compte la diversité des ouvrages sur l’horticulture, le jardinage et la flore, et suivant la richesse des publications de l’année, l’AJJH décerne également des Prix thématiques (mentions) en nombre et à l’intitulé variable. Pour l’année 2012, le lauréat est Le Jardin Perdu de Jorn de Précy (Actes Sud).

Objectifs du prix
Les principaux critères appréciés par le jury sont les suivants :

  •  la qualité du traitement du sujet
  • l’originalité dans le traitement du sujet et/ou sa nouveauté
  • la qualité de son illustration et du support.

Le jury veille par ailleurs à distinguer le travail des maisons d’éditions, quelque soit leur taille ou leur implantation géographique.

Ouvrages concernés
Peuvent concourir les livres de création française de l’année, individuelle ou collective, publiés entre le 1er juin et le 31 mai de l’année suivante. Les traductions ne sont retenues que si elles apportent un éclairage original et d’actualité, encore non traité par un auteur français.

Le Jardin Perdu / Jorn de Précy / Actes Sud

Le Jardin Perdu, de Jorn de Précy, « traduit » par Marco Martella, (Actes Sud)
« Dans notre société actuelle, un livre qui traite de l’esprit du jardin ne peut faire que surprendre et de finir par séduire, s’il est admirablement écrit, intelligent, facile à lire, riche d’enseignements et débordant de poésie… Le Prix Saint-Fiacre 2012 fait partie des livres que l’on garde jalousement avec soi, le temps de tout lire d’une traite ou plutôt de tout déguster. On en reprend des lignes, on se dit qu’on a lu trop vite, qu’on n’a pas bien senti fondre tous les mots. Malgré cela, c’est trop vite quand même qu’on le termine et que l’on découvre le mot de la fin. Surtout, surtout, n’y allez pas tout de go ! Laissez-vous balader aux bras du poète et philosophe qu’est l’auteur, laissez-vous bercer par le plaisir d’imaginer ce jardinier islandais du XIXème siècle qui parle si bien des jardiniers, du jardinage, des jardins, de ceux d’aujourd’hui même, ou plutôt, de ceux qui commencent à voir le jour aujourd’hui. On s’étonne de son esprit d’anticipation, on savoure son esprit tout court, tout en traversant des jardins historiques, des parcs de villes, son jardin… On voudrait retenir sa définition des jardins, du « jardinier-poète », celle du jardinage, sa vision des jardins historiques ou des parcs publics, « la leçon du monde végétal »… Et ce que rappelait son ami philosophe « … les beaux parcs anciens n’étaient pas faits pour les princes mais pour que n’importe qui puisse s’y comporter en prince ». Et puis ceci, pour que les erreurs que nous faisons tous, au jardin, n’entachent pas notre bonheur de jardiner : « C’est toujours bon signe. Cela veut dire que vous avez aménagé votre jardin avec passion, sans prudence, en vous fiant à votre amour plus qu’aux règles de l’art »… On voudrait retenir toutes les phrases de ce livre de Jorn de Précy, « traduit » par Marco Martella, qui dit si bien comment approcher le jardin, comment l’appréhender, le démarrer, l’entretenir, le ressentir, l’aimer…, dans quel esprit. Et qui laisse entendre ce que nombre d’entre nous semblent encore vouloir ignorer : si autrefois la nature a conduit à faire les jardins, on sent bien, comme Jorn de Précy avant nous, qu’aujourd’hui, les jardins nous conduisent à la nature. » (Nadia de Kermel, membre du jury du Prix Saint-Fiacre)Les autres livres de la présélection 2012

 

Si vous ne savez pas quoi offrir (ou vous faire offrir) pour Noël, vous avez maintenant le choix ! Bonne lecture.

Commentaires (3)

  1. jpp

    J’ai lu d’une seule traite ce très beau livre qui pousse à l’extrême la passion du jardinage puisqu’il appelle le « jardinier révolté » à prendre le pouvoir dans la société !
    On y trouvera surtout un lien entre le courant du jardinage anglais de la fin du XIXème siècle le plus proche de la nature (avec les courants philosophiques qui vont de pair) et notre jardinage à la Gilles Clément : Gertrud Jeckill, William Morris, William Robinson,Ruskin. Ainsi qu’une définition de l’art des jardins fondée sur le « genius loci » de l’Antiquité : comprendre le génie du lieu et s’attirer ses bonnes grâces(j’avais eu précédemment l’occasion d’entendre Marco Martella évoquer ce thème dans une séance du séminaire Sens et matérialité du lieu (CNRS).
    Pour ma part, me stimule une formule qui s’applique parfaitement au jardin dont je m’occuppe actuellement : « rien ne surpassera jamais en beauté un jardin jadis régulier…qui a retrouvé sa liberté ».

  2. jpp

    Occasion de signaler la savante revue « Jardins » fondée par Marco Martella, le découvreur et traducteur du livre. On pourrait dire que cette revue est orientée : « philosophie des jardins ».

  3. jpp

    Hasard ? Je viens de commencer la lecture de ce livre , que j’ai trouvé à la librairie de l’Hôtel de Sully.

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