Un contre-projet pour l’extension du stade Roland-Garros

En novembre 2011, une convention d’occupation du domaine public pour l’exploitation du nouveau stade de Roland-Garros a été signée entre la Ville de Paris et la FFT. Ce projet prévoit d’empiéter gravement sur le jardin des Serres d’Auteuil. Or, l’ensemble constitué par les serres d’Auteuil, est triplement protégé et reconnu en raison de son intérêt exceptionnel. Les associations nationales de sauvegarde du patrimoine, la SPPEF et les VMF, Reconnues d’Utilité Publique et agrées se font les porte-parole de la contestation pour défendre ce précieux patrimoine en danger. Soucieuses de l’avenir du tournoi dans le respect de notre environnement, les associations présentent aujourd’hui un contre-projet pour l’extension de Roland Garros.

Le jardin des Serres d'Auteuil, Paris 16e (75)

À quelques jours du lancement de l’édition 2012 du tournoi de tennis de Roland-Garros et à la veille du dépôt de permis de démolition, deux associations nationales – Vieilles Maisons Françaises (VMF) et la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) – se sont positionnées en fer de lance de la contestation pour défendre ce patrimoine plus que jamais en danger. Elles ont organisé le jeudi 31 mai 2012, à 11h30, une conférence de presse à la Bibliothèque Marmottan de Boulogne pour exposer leurs positions. En effet, plus loin qu’une simple opposition, elles souhaitent exposer leurs propositions sous la forme d’un contre-projet.

Pourquoi un contre projet ?

  • Pour préserver l’intégrité des serres d’Auteuil
  • Pour proposer au tournoi de Roland Garros un espace nouveau équivalent et un meilleur confort pour les spectateurs
  • Pour améliorer l’environnement du quartier et du stade
  • Pour éviter la destruction d’équipements parfois récents
  • Pour mieux gérer les fonds publics
  • Pour rendre possible des extensions ultérieures
  • Pour apaiser les conflits
  • Pour éviter les contentieux et accélérer le processus de modernisation de Roland Garros.

Le projet de la FFT, c’est

  • La destruction :
    • de 2 300 m2 de serres chaudes abritant 5 collections végétales classées, 60 espèces disparues ou en voie de disparition, plus de 10000 plantes
    • de 1 000 m2 de serres techniques construites en 2003
    • d’une vingtaine d’arbres et arbustes, certains rares et quasi centenaires
    • du court n°1 et d’un stade moderne de 3 800 places dessiné en 1980 par l’architecte et tennisman Jean Lovera et Claude Girardet
  • La privatisation de l’avenue Gordon Bennett, desserte indispensable aux Boulonnais.
  • L’annexion des bâtiments de l’Orangerie et du Fleuriste en meulière classés, actuellement dévolus à l’entretien du Jardin, en espaces commerciaux.
  • L’occupation de 80% du Jardin selon la convention signée 2011 – y compris les serres dessinées par Jean-Camille Formigé – ouverts aux 35 000 spectateurs quotidiens pendant les internationaux de Roland Garros.
  • La densification et la construction d’un stade de 4 950 places (1 400 m2) à la place des serres chaudes
  • Le détournement de près d’un quart du Jardin en « zone de montage et démontage » pour l’organisation du Tournoi.

Un contre-projet qui respecte les Serres d’Auteuil et répond aux exigences de la FFT

  • Maintien du court n°1 de 3800 places
  • Couverture partielle de l’A13 pour installer des terrains d’entrainement
  • Réimplantation de la place des Mousquetaires
  • Construction d’un nouveau stade au Fonds des Princes (3000 places)

1. Maintien du court n°1 de 3800 places
Construit en 1980, ce court est particulièrement apprécié et, de surcroit, en excellent état.
Le détruire et le remplacer est une dépense aussi considérable qu’inutile.

2. Couverture partielle de l’autoroute A 13
La couverture de 4000 m2, en prolongation des 2400 m2 déjà couverts au nord du Fonds des Princes, permet de récupérer l’espace nécessaire à la réalisation de 5 courts d’entrainement. Une telle couverture, selon les chiffres fournis par la Ville de Paris pour la Porte de Vanves et la Porte des Lilas, représente un coût de l’ordre de 25 millions d’euros.

3. Réimplantation de la place des Mousquetaires
La suppression des courts d’entrainement situés entre les courts Suzanne Lenglen et Philippe Chatrier rend possible l’implantation au cœur du site de Roland-Garros d’une nouvelle place des Mousquetaires.

4.  Construction d’un nouveau stade de 3000 places
Un nouveau stade de 3000 places peut être implanté dans le Fonds des Princes à la place du « Show Court » prévu par la FFT.

Conclusion

  • Un meilleur confort pour les spectateurs (meilleure circulation au sein du site – réduction des distances entre les stades)
  • Respect de l’intégrité du jardin des Serres d’Auteuil, du Bois de Boulogne et des lois de protection du patrimoine et des sites
  • Maintien de la libre circulation de l’avenue Gordon Bennett
  • Amélioration significative de l’environnement par la suppression progressive de la saignée de l’A 13
  • Meilleure gestion des fonds publics et privés
  • Apaisement des conflits et respect du calendrier

Commentaire (1)

  1. jpp

    Je doute que cette solution de conciliation agréée à notre maire, dont le caractère conciliant n’est pas la principale qualité.
    Je reste partisan de la solution préconisée par Lilian Thuram sur le modèle de ce qui se fait aux Etats Unis : on a décentralisé polytechnique,pourquoi pas Rolland Garros ?

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