Pour la Toussaint, les cimetières parisiens spécialement fleuris

Crématorium et parterres de chrysanthèmes dans le cimetière du Père Lachaise en automne, Paris 20e (75)
Comme chaque année, la Ville de Paris met en place un dispositif spécifique pour accueillir les Parisiennes et les Parisiens qui se rendent dans les cimetières pour les fêtes de la Toussaint. Moment de recueillement et de souvenir pour les uns, simple occasion de découvrir les nécropoles souvent prestigieuses pour d’autres. La fréquentation des cimetières durant ces quelques jours est exceptionnelle : plus de 210 000 visiteurs en 2012 en 5 jours, et plus de 400 000 visiteurs entre le 27 octobre et le 11 novembre.

Des cimetières spécialement fleuris…
L’ornementation florale fait l’objet d’un soin particulier. Les agents de maîtrise horticoles de la Ville de Paris rivalisent de professionnalisme et d’idées pour composer des décorations florales, fleurir les divisions militaires (12 000 chrysanthèmes), les monuments aux morts. De superbes jardinières, d’où les chrysanthèmes s’échappent en cascade, sont déposées aux entrées des nécropoles. Les caveaux individuels du cimetière parisien de Thiais, qui accueillent les défunts sans ressources ou non identifiés, bénéficient également d’une attention particulière puisque chaque caveau est fleuri par la municipalité (3 000 chrysanthèmes). Les plantes et les fleurs ont pour la plupart été produites dans le centre horticole municipal de Rungis.

Durant tout le mois d’octobre, au moment de la chute des feuilles, les moyens déployés pour l’entretien sont renforcés : moyens supplémentaires en hommes et en matériels, agents techniques venus des espaces verts et des bois de la capitale, nombreux passages d’engins de balayage, nettoyages répétés, évacuation de plus de cent tonnes de feuilles en quelques jours. Les fossoyeurs s’occupent, pour leur part, d’améliorer les cheminements des divisions en pleine terre.

L'automne dans le cimetière du Père Lachaise, Paris 20e (75)
Un accueil renforcé
Afin d’accueillir le plus grand nombre d’usagers et de visiteurs qui se rendent sur la sépulture d’un proche, l’ensemble des personnels municipaux des cimetières est mobilisé. Les bureaux des conservations sont exceptionnellement ouverts au public durant les trois week-ends (les samedi 26 et dimanche 27 octobre, du vendredi 1er au dimanche 3 novembre inclus, du samedi 9 au dimanche 10 novembre). Les agents de surveillance, présents aux entrées et dans les sites, renseignent, guident, accompagnent, réconfortent, aident et rassurent. Pour chacun des agents, la période de la Toussaint revêt une importance capitale.

Des déplacements facilités
Durant le week-end prolongé du 1er au 3 novembre, les personnes à mobilité réduite ne sont pas oubliées. Dans les 9 plus grands cimetières parisiens (Père-Lachaise, Pantin, Thiais, Saint Ouen, Montmartre, Batignolles, Montparnasse, Ivry et Bagneux parisiens), des minibus ou des véhicules légers sont mis gracieusement à disposition. Les cimetières du Père-Lachaise, du Montparnasse, de Thiais parisien et de Pantin parisien mettront à disposition des personnes à mobilité réduite, des véhicules spécifiquement équipés pour accueillir les fauteuils roulants.

Pour permettre le recueillement et assurer la sécurité des visiteurs en ces jours de très grande affluence, la circulation motorisée est totalement interdite dans les cimetières intra-muros le vendredi 1er novembre. Elle demeure libre mais réglementée à 20 km/heure, dans les cimetières extra-muros, sauf bien sûr pour les poids lourds qui sont interdits.

Les cimetières parisiens et l’Histoire
Il existe 20 cimetières parisiens en activité. Quatorze sites sont situés sur le territoire de la commune de Paris. Six sont implantés en proche banlieue (Bagneux, Ivry-sur-Seine, Pantin, Saint- Ouen, La Chapelle et Thiais). Certains s’étonnent de la présence de cimetières parisiens en banlieue, oubliant que les cimetières d’autres communes (Montrouge, Gentilly…) sont implantés sur le territoire parisien.

Cette situation est le fruit de l’histoire. Durant douze siècles, les cimetières ont été aménagés autour des églises au cœur des villes. La proximité des cimetières et des habitations créant de nombreuses nuisances sanitaires (odeurs pestilentielles, pollution des nappes phréatiques, présence de rats…), le pouvoir royal tenta vainement de repousser ces nécropoles au-delà des murs de la ville, comme cela se faisait sous l’Antiquité.

En 1780, à la suite de l’affaissement d’une fosse du cimetière des Innocents dans les caves alentours, le pouvoir royal décide la fermeture définitive du cimetière en 1785 et le transfert des ossements vers d’anciennes carrières de Denfert (devenues les catacombes de Paris) à partir de 1786. Avant la Révolution, le pouvoir royal tentera vainement de transférer les cimetières hors de la ville.

Le 12 juin 1804 (23 prairial an XII), un décret décide la création de nouveaux cimetières en dehors des enceintes des villes. A Paris, trois grands cimetières sont créés au-delà de l’enceinte des fermiers généraux. Le premier, le « cimetière de l’Est », appelé communément « Père-Lachaise », ouvre en 1804. Deux autres ouvrent respectivement en 1824 pour le « cimetière du Sud » dit cimetière du Montparnasse, et en 1825 pour le « cimetière du Nord » dit cimetière de Montmartre.

1860 : Paris annexe tout ou partie des communes limitrophes et donc leurs cimetières (Belleville, Auteuil, Vaugirard, Charonne…). Certaines communes perdent une partie de leur territoire désormais rattaché à Paris mais sur lequel elles conservent néanmoins leur cimetière (Gentilly et Montrouge, par exemple). Désormais cernés par les habitations, les cimetières parisiens ne peuvent plus être agrandis.

Au fil des décennies, les cimetières intra muros étant saturés, le préfet de la Seine décide d’ouvrir de nouveaux cimetières sur des terrains situés en périphérie, acquis pour le compte de la Ville de Paris par achat ou expropriation. En 1858, le cimetière parisien de Saint-Ouen est ainsi ouvert. Il est agrandi en 1872. Suivront les cimetières d’Ivry parisien (1861, agrandi en 1874), et les deux grands cimetières parisiens de Pantin et Bagneux (1886). Le dernier cimetière parisien créé par la Préfecture de la Seine est celui de Thiais parisien en 1929, près d’Orly. L’ensemble des cimetières parisiens actuels représente une superficie de 422 hectares, dont 73 hectares occupés par des espaces verts.

L’organisation du secteur funéraire en France et à Paris
La loi du 28 décembre 1904 avait confié aux communes le monopole des pompes funèbres jusqu’alors exercé par l’Église catholique. Ainsi, les villes devaient disposer d’un service municipal chargé d’assurer, sur demande des familles, le « service extérieur des pompes funèbres » (mise en bière, fourniture du corbillard, des porteurs, des tentures…). Cette mission de service public venait s’ajouter au « service public du cimetière » confié aux communes depuis 1804 (décret prairial an XII). Les communes faisaient payer ces services, mais en contrepartie de ces deux monopoles, la loi leur imposait de prendre en charge gratuitement les obsèques des personnes sans ressource et de leur offrir une sépulture.

Pour diverses raisons, essentiellement économiques, de nombreuses communes ont progressivement cessé d’assurer le service public des pompes funèbres et parfois même le service public du cimetière, dont elles ont confié ou abandonné la gestion à des entreprises privées. Des mandataires, puis des sociétés privées de plus en plus nombreux sont alors apparus sur le marché funéraire. La Ville de Paris a continué, pour sa part, à assurer elle-même le service extérieur des pompes funèbres via son « Service Municipal des Pompes Funèbres », ainsi que la gestion directe des cimetières parisiens.

Prenant acte des dysfonctionnements existants et de la libéralisation européenne dans ce secteur d’activité économique, la loi du 8 janvier 1993 dite « loi Sueur » a mis fin au monopole communal du « service extérieur des pompes funèbres ». Depuis 1998, l’activité de pompes funèbres demeure un service public mais peut être assurée tant par des entreprises privées que par des services municipaux. Dans la mesure où le service extérieur des pompes funèbres ne fait plus partie du monopole communal, beaucoup de communes choisissent de ne plus exercer cette activité. À Paris, la mairie a maintenu son implication dans le secteur en créant deux entités juridiques distinctes : une société d’économie mixte proposant l’ensemble des prestations relevant des pompes funèbres. A l’exception des opérations de fossoyage qui sont exercées par une régie municipale confiée au service des cimetières. Ces deux entités exercent leur activité dans un contexte concurrentiel : les familles choisissent à qui elles confient leurs obsèques.

Si la loi Sueur a libéralisé le secteur des pompes funèbres, elle a en revanche réaffirmé clairement le caractère municipal des cimetières : seule une commune ou un groupement de communes peut créer et gérer un cimetière. Des villes espagnoles ont connu quelques expériences malheureuses de « cimetières privés », créés puis abandonnés par des sociétés commerciales en faillite, laissant au contribuable les frais de surveillance et d’entretien de ces anciens cimetières privés. Malgré le lobbying privé, la France (comme ses pays voisins) a maintenu son caractère de monopole municipal au service public du cimetière afin de ne pas connaître de mésaventures, mais aussi assurer à tout citoyen de bénéficier d’une sépulture et permettre à ses proches de s’y recueillir (certains cimetières privés ne donnant accès qu’à leurs « abonnés »).

Comme pour les cimetières, la création d’un crématorium est un monopole communal. En revanche, la loi permet aux communes ou groupements de communes de confier leur construction et/ou gestion à des sociétés privées par délégation de service public. Tel est le cas à Paris : la gestion de l’unique crématorium parisien – situé dans le cimetière du Père-Lachaise – a été confiée à la SAEMPF, société anonyme d’économie mixte parisienne.

Depuis 1998, les Français peuvent donc confier la réalisation de leurs obsèques ou celles de leurs proches à des services municipaux ou à des entreprises privées ou à une association cultuelle. Afin d’exercer leur activité, ces opérateurs funéraires doivent obligatoirement – quelle que soit leur forme juridique – obtenir une « habilitation » délivrée par les préfectures (à Paris, par la Préfecture de Police). Ces dernières vérifient la formation des agents, la probité des dirigeants…

La valorisation patrimoniale des sites
Outre leur vocation funéraire première, les cimetières parisiens sont également des lieux de visites et des lieux historiques (le seul cimetière du Père-Lachaise accueille plus de 3,5 millions de visiteurs par an). Ces nécropoles abritent les sépultures de nombreux défunts illustres et comptent de très nombreux monuments ou constructions remarquables. Si la plupart des sépultures présentes dans les cimetières parisiens sont la propriété de familles qui doivent assurer leur entretien, certaines de ces sépultures ou monuments appartiennent désormais à la ville de Paris (après reprise administrative en raison de leur état d’abandon ou après expiration de la durée pour laquelle elles étaient consenties). Les emplacements étant retournés dans le domaine de la ville sont généralement proposés à de nouveaux usagers, après que l’administration a fait procéder à l’enlèvement du monument funéraire et à l’exhumation des corps inhumés. Toutefois, lorsque le monument funéraire qui se trouve sur cet emplacement présente un intérêt architectural ou historique, ou lorsque la notoriété du défunt le justifie, la ville de Paris peut choisir de maintenir cette sépulture en l’état et d’assurer sa préservation.

Du fait de leur ancienneté, les cimetières parisiens possèdent également une dimension historique et culturelle. Sous la responsabilité d’un Conservateur du patrimoine, la « cellule Patrimoine » du service des cimetières recense et restaure quand elle le peut, les sépultures et monuments historiques dans les vingt cimetières parisiens. En 2010, la cellule Patrimoine a procédé à la restauration du monument aux morts de l’ossuaire du cimetière du Père-Lachaise. En 2012, elle a conduit les travaux de restauration de la porte principale du cimetière du Père-Lachaise. En outre, des études ont été lancées cette année même pour que le cimetière de Montmartre, à l’instar de celui du Père-Lachaise et du Montparnasse, puisse bénéficier de mesures de protection dès 2014.

Toujours pour valoriser le patrimoine funéraire parisien, la ville de Paris participe au projet de Route européenne des cimetières lancée par l’ASCE (Association of Significant Cemeteries in Europe), en partenariat avec les institutions européennes. Ce projet est en cours d’étude au sein de l’association et peut être découvert sur les sites Internet suivants :
www.significantcemeteries.org
www.cemeteriesroute.eu/en/

L'automne dans le cimetière du Père Lachaise, Paris 20e (75)
Les cimetières et le développement durable
Le service des Cimetières s’est intéressé ces dernières années à l’impact écologique de ses activités dans les cimetières qui sont des lieux favorables à la biodiversité. L’enjeu est d’importance car les cimetières parisiens couvrent 422 hectares et sont de véritables espaces verts (92 hectares intra muros, 330 hectares extra muros) et sont des éléments importants de la trame verte régionale.

Le zéro « phytosanitaire » et le recyclage
Des communes françaises ont décidé de lancer l’expérience « zéro phyto » dans leurs espaces verts. Elles suppriment le recours aux produits chimiques pour lutter contre la pousse des herbes indésirables. Cette démarche nécessite une campagne de communication car la présence d’herbes est facilement assimilée à un abandon ou un manque d’entretien. Pourtant, la faune naturelle y trouve souvent refuge et de la nourriture. Les communes, dont Paris, qui tendent à réduire le recours aux produits phytosanitaires dans leurs cimetières, se heurtent souvent à des remarques des usagers. Malgré tout, la ville de Paris poursuit l’expérience, en espérant qu’avec le temps, les mentalités changeront, que le public admettra que la diminution de l’usage des pesticides et des désherbants est dans l’intérêt de tous.

De 1998 à 2012, l’utilisation de produits phytosanitaires dans les cimetières parisiens a été réduite de 87% (désherbants, anti- germinatifs, engrais…). Cette nouvelle approche de l’entretien des cimetières a nécessité une phase de transition pour former les personnels aux nouvelles techniques (conformes à la nouvelle règlementation nationale sur l’emploi des produits phytosanitaires – arrêté du 12 septembre 2006 du Ministère de l’agriculture et de la pêche). À partir de 2016, l’emploi des produits désherbants sera définitivement interdit par la législation. Il est devenu urgent d’expérimenter de nouvelles techniques.

La Ville de Paris a aussi décidé de recycler les déchets minéraux, issus des reprises de concessions funéraires (anciennes pierres tombales, ciment et béton des anciens caveaux). Ils sont transformés en « grave » (gravillons) et utilisés lors des travaux de voirie (remblais), évitant ainsi de faire partir 4 000 tonnes de déchets minéraux à la décharge chaque année. L’exploitation des cimetières parisiens est résolument tournée vers le développement durable. Les méthodes de travail prennent donc en compte le respect de l’environnement et le recyclage des matériaux.

Des lieux propices à la biodiversité
Les cimetières sont également des lieux importants pour la biodiversité en ville. Ces lieux calmes permettent l’installation durable et la préservation de plantes et d’animaux variés. La plupart des cimetières parisiens ont une flore et une faune d’une richesse inhabituelle dans un environnement urbain. Tel est le cas du cimetière du Père-Lachaise, qui avec ses 43 hectares, constitue le plus grand espace vert parisien intra-muros. On dénombre ainsi 135 essences d’arbre différentes en cimetières intra-muros et 159 essences différentes en cimetières extra-muros. On a découvert récemment plus de cinq variétés d’orchidées sauvages françaises dans les cimetières parisiens. Les champignons y sont également nombreux et variés : bolets divers, rosés, coulemelles… jusqu’aux morilles.

La diversité avicole amène régulièrement le Centre Ornithologique d’Ile-de-France (CORIF) à organiser des visites ornithologiques dans les cimetières parisiens du Père-Lachaise, de Pantin, Thiais et Bagneux parisiens. Lors de ces visites, les promeneurs peuvent ainsi découvrir près d’une centaine d’espèces d’oiseaux (dont des hiboux moyens ducs, des chouettes effraies, des pics de toutes sortes, des éperviers, des faucons hobereaux, des hérons de passage…). Les cimetières comptent aussi des mammifères (écureuils, fouines, hérissons, chats semi sauvages, rongeurs…), des batraciens (crapauds et lézards), de nombreux insectes et une flore d’autant plus variée que de nombreuses plantes et arbustes sont introduits par les propriétaires de tombes. Ce nouvel intérêt pour la nature aura sans doute dans quelques temps des conséquences sur l’évolution des concessions funéraires. Très courante au 19e siècle, la jardinière avait quasiment disparu de l’art funéraire au 20e siècle, mais la végétalisation des sépultures fait un retour en force dans les cimetières parisiens en ce début de 21e siècle. À l’instar des cimetières viennois où la végétalisation des sépultures est le modèle majoritaire, cette tendance serait particulièrement bénéfique non seulement pour la biodiversité mais également pour le renouveau de l’art funéraire, particulièrement pauvre actuellement.

La pression urbanistique et démographique augmentant sur le territoire parisien (par exemple, la densité parisienne est de 21 000 habitants/km2 contre 4 200 à Vienne), faune et flore peinent à trouver les espaces nécessaires à leur épanouissement, voire à leur survie. Dans ce contexte, les 422 hectares de parcs funéraires que sont les cimetières parisiens sont particulièrement importants pour la biodiversité. Outre les espèces citées, notons depuis 2011, l’implantation de renards aux cimetières parisiens de Thiais, Pantin, Bagneux et Ivry parisiens.

La création de zones naturelles
En 2013, pour favoriser la biodiversité, le service des Cimetières a délimité des zones dites « naturelles ». Dans ces zones, l’intervention humaine est réduite au minimum pour laisser la nature se développer.
Pour sensibiliser toutes les personnes, agents et usagers, aux enjeux environnementaux, des panneaux d’information ont été posés tout autour.
Des recensements y sont menés avec la participation de spécialistes de l’agence de l’Écologie Urbaine (AEU). Bien que cette démarche soit encore trop récente pour en tirer des conclusions, les usagers et le personnel des cimetières ont pu constater des changements : apparition d’orchidées sauvages, ou, preuve de la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, de coquelicots, de chardons.

L'automne dans le Cimetière de Montmartre, Paris 18e (75)
Une première étape vers le classement du cimetière de Montmartre
Depuis quelques années, la Ville de Paris a engagé une démarche de renforcement de la protection du cimetière de Montmartre afin de mieux préserver la richesse patrimoniale et paysagère de ce site historique de la capitale. Ce cimetière, vallonné et planté d’arbres, abrite un nombre important de monuments intéressants. Il accueille les sépultures de nombreuses personnalités internationales et locales. Un travail d’inventaire a été effectué. Il a conduit le Maire de Paris à proposer au Préfet de la Région Ile-de-France, dans un premier temps en attendant un classement de l’ensemble du site, la protection individuelle de deux monuments funéraires remarquables :

  • la chapelle FOURNIER (vers 1830), œuvre de l’architecte LAURECISQUE (1797-1860);
  • la chapelle POTOCKA (1845), œuvre de l’architecte HITTORFF (1792-1867).

Cette réflexion menée conjointement avec les services de l’Etat a permis à la Commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS) d’émettre un avis favorable en avril 2013 à l’inscription au titre des Monuments Historiques des deux chapelles et à la demande de classement MH pour la chapelle POTOCKA. L’inscription au titre des Monuments Historiques des deux chapelles créera ainsi une zone de protection de 500 mètres autour d’elles, et le classement à l’inventaire des Monuments Historiques pour la chapelle POTOCKA. L’arrêté du Préfet de Région, très attendu, entérinera ces protections.

L’étape suivante sera le classement de l’ensemble du cimetière lui-même. Cela nécessite un travail en amont très important pour acquérir une parfaite connaissance de toutes les composantes du cimetière, pas seulement de son patrimoine : végétation, sols, escaliers, passerelle ou portail sont aussi à prendre en compte. L’Agence Parisienne d’Urbanisme (APUR) mène une étude patrimoniale d’ensemble, qui viendra compléter le dossier d’enquête publique, préalable au classement du site, qui pourrait aboutir en 2015.

Commentaires (3)

  1. zansu

    Habitant « prés » des cimetières parisiens de Montrouge et de Bagneux, et traversant souvent le cimetière de Montparnasse, j’ai trouvé très intéressant cet historique des cimetières.
    En ce moment je lis un livre où, entre autre, il est question du cimetière des Innocents qui commence à s’effondrer dans les caves avoisinantes et j’apprécie de savoir comment se termine l’histoire de ce cimetière.
    Je vous remercie pour vos articles et j’espère en lire encore beaucoup.

  2. jpp

    Le père Lachaise (en fait Alix de la Chaise) était le confesseur de Louis XIV.

  3. nicole

    très intéressant ! des tas de choses que je ne savais pas, c’es vrai qu’on entre dans un cimetière sans réfléchir à sa gestion, son statut, etc
    moi j’aimerais bien qu’on transforme ces tas de pierres quelquefois vaniteuses (ah les chapelles, les monuments gigantesques, sur lesquels les édiles faisaient graver leurs mérites -agricoles ou autres LOL- il y a encore quelques années….) en jardins et parcs, comme en Angleterre ….

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