Livre blanc de la biodiversité à Paris

Paris s’est engagé à élaborer en 2010 un plan de préservation et de renforcement de la biodiversité. Particuliers, associations, professionnels… ont travaillé ensemble à ce projet au printemps dernier. Ce travail collectif a permis d’élaborer un livre blanc de la biodiversité à Paris, qui regroupe 95 propositions d’actions.

Ce document présente l’expression des citoyens, des associations, des conseils de quartiers et des professionnels.
Les propositions phares du livre blanc de la biodiversité :
– Travailler de façon coordonnée sur les emprises ferroviaires et routières,
– Développer la prise en compte de la biodiversité dans le PLU,
– Mettre en place des îlots d’évolution naturelle, des zones de refuges au sein des espaces verts parisiens et des futurs aménagements,
– Créer un observatoire de la biodiversité,
– Introduire le principe de compensation écologique lors des travaux d’aménagement,
– Prendre en compte la biodiversité dans les marchés publics de la Ville de Paris,
– Encourager les propriétaires privés et les gestionnaires publics à mettre en oeuvre une gestion écologique de leurs espaces verts, en cohérence avec les efforts de la Ville de Paris,
– Développer les jardins partagés, solidaires, d’insertion…
– Intégrer la biodiversité dans les cahiers des charges des opérations d’aménagement à partir d’un état des lieux précis,
– Multiplier les outils de médiation (ruches, mares, composteurs, nichoirs, observatoires…),
– Développer les sciences participatives autour de la biodiversité urbaine,
– Créer des Maisons de la biodiversité,
– Préserver la Seine, les canaux et la Petite Ceinture,
– Développer la végétalisation des bâtiments (toitures et façades),
– Concevoir une « ceinture verte » autour du périphérique,
– Mettre en place une signalétique biodiversité dans les lieux insolites.Les 95 propositions d’actions

I. Favoriser et approfondir la connaissance sur la biodiversité parisienne
A. Mieux utiliser et valoriser les études déjà menées
1. Faire un état des lieux des connaissances de la biodiversité à Paris
2. Réaliser une cartographie précise de la biodiversité à Paris et dans chaque arrondissement
3. Pérenniser les suivis d’études naturalistes

B. Orienter les nouvelles études sur les priorités du Plan Biodiversité
4. Étudier l’impact du bâti sur la biodiversité
5. Faire l’inventaire des gîtes et des refuges pour les espèces
6. Recenser les délaissés urbains
7. Étudier les impacts des entreprises sur la biodiversité
8. Déterminer quel modèle de plantation est le plus favorable à la biodiversité
9. Effectuer un état des lieux pour connaître les impacts et la dépendance de Paris vis-à-vis des services écologiques

C. Mutualiser, partager les connaissances scientifiques, coordonner les efforts de recherche
10. Créer un observatoire de la biodiversité à Paris
11. Créer une communauté éducative de la biodiversité
12. Créer un Conseil scientifique de la biodiversité à Paris
13. Créer un réseau biodiversité entre différentes villes
14. Mettre en place une cellule d’experts pour aider les entreprises parisiennes à réduire leurs impacts
15. Centraliser les informations scientifiques dans une base de données
16. Généraliser la publication en ligne des recherches scientifiques sur la biodiversité urbaine

II. Sensibiliser et mobiliser tous les acteurs concernés par la biodiversité
A. Former et sensibiliser les professionnels

17. Fournir aux élus des argumentaires sur le sujet
18. Mettre en place une campagne de sensibilisation à la biodiversité en interne à la Ville de Paris
19. Intégrer des critères liés à la biodiversité dans la politique de gestion des ressources humaines de la Ville de Paris
20. Prendre en compte la biodiversité dans les achats de la Ville de Paris
21. Intégrer la biodiversité dans les missions des coordinateurs d’espace public
22. Former l’ensemble des professionnels privés et de la Ville de Paris en charge des espaces verts et de l’espace public
23. Former les architectes, les urbanistes, les paysagistes
24. Sensibiliser les syndics et les copropriétaires
25. Sensibiliser les salariés des entreprises parisiennes aux enjeux de la biodiversité
26. Sensibiliser les PME

B. Informer et sensibiliser le grand public
27. Changer les regards vis-à-vis d’une biodiversité mal acceptée
28. Informer sur les démarches initiées en faveur de la biodiversité
29. Privilégier un discours positif sur les services rendus par la biodiversité, plutôt qu’un discours moraliste et catastrophiste
30. Diffuser des connaissances naturalistes auprès du grand public
31. Utiliser les médias existants pour communiquer sur le thème de la biodiversité, en favorisant une éco-communication
32. Créer un portail Internet de la biodiversité à Paris
33. Mettre au point une application pour téléphone portable
34. Dédier une station de métro à la biodiversité
35. Mettre en place une signalétique biodiversité dans les lieux insolites
36. Créer des maisons de la biodiversité
37. Créer des parcours biodiversité à Paris
38. Développer les ateliers thématiques de formation ouverts à tous
39. Sensibiliser les conseils de quartier
40. Sensibiliser les citoyens lors de grands événements
41. Continuer à proposer des animations sur la biodiversité à Paris
42. Intégrer la biodiversité à l’offre touristique de Paris

C. Valoriser et stimuler et le rôle des citoyens
43. Développer les sciences participatives autour de la biodiversité urbaine
44. Intégrer davantage la biodiversité dans les activités des établissements scolaires
45. Multiplier les outils de médiation (ruches, mares, composteurs, abris pour les insectes, nichoirs, observatoires…)
46. Associer les citoyens à la gestion des espaces publics
47. Confier à des jeunes la gestion d’un espace de nature dans leur quartier
48. Développer les jardins partagés, pédagogiques, solidaires, d’insertion
49. Créer des passerelles entre biodiversité et art

D. Inciter les différents acteurs à la préservation de la biodiversité
50. Prendre en compte la biodiversité dans les marchés publics de la Ville de Paris
51. Encourager certains professionnels à modifier leurs pratiques
52. Faire prendre conscience aux habitants du rôle qu’ils ont à jouer en plantant les espaces qui leur appartiennent et les encourager

E. Favoriser la coordination des acteurs
53. Créer un corridor économique de la biodiversité à Paris
54. Transposer le concept d’écologie industrielle à l’échelle de Paris
55. Favoriser la mise en réseau des acteurs pour soutenir l’agriculture biologique
56. Mettre en place un logo « Qualité Biodiversité »

III. Mettre en place et diffuser des pratiques de gestion favorables à la biodiversité
A. Préserver l’existant grâce à des modes de gestion plus écologiques

57. Approfondir la gestion écologique des espaces verts, en donnant la priorité à l’évolution naturelle
58. Généraliser les techniques de gestion écologique à l’ensemble des espaces entretenus par la Ville de Paris
59. Encourager les propriétaires privés et les gestionnaires publics à mettre en œuvre une gestion écologique de leurs espaces verts, en cohérence avec la démarche de la Ville de Paris
60. Poursuivre et développer la démarche « diagnostic – plan de gestion – évaluation» dans chaque espace vert de la Ville de Paris, en prenant en compte la biodiversité
61. Associer des compétences Biodiversité au processus « programmation – conception – gestion » des espaces verts
62. Mettre en place des temps de fermeture au sein des espaces verts pour la préservation de la biodiversité
63. Mettre en place des aménagements permettant de canaliser la densité de fréquentation des espaces verts
64. Limiter les pollutions lumineuses

B. Renforcer et valoriser le rôle des espaces relais et des délaissés urbains
65. Revaloriser les friches et délaissés urbains par la création d’un statut légal
66. Systématiser le fleurissement des pieds d’arbres grâce à la mise en place d’un comité de réflexion
67. Augmenter la végétalisation des immeubles et de la voirie
68. Encourager le verdissement provisoire sur les terrains des immeubles démolis

C. Conquérir de nouveaux espaces
69. Mettre en place des îlots d’évolution naturelle / zones de refuges au sein des espaces verts parisiens et des futurs aménagements
70. Aménager les berges de la Seine et des canaux en faveur de la biodiversité
71. Aménager des îlots naturels au milieu de la Seine pour favoriser la circulation des espèces
72. Mettre en place des abris pour les animaux

IV. Prendre en compte la biodiversité dans la politique urbaine de Paris
A. Imaginer de nouvelles formes urbaines

73. Développer la végétalisation des bâtiments (toitures et façades)
74. Faire év oluer la fréquence et la manière de nettoyer et de ravaler les murs

B. Mieux intégrer la biodiversité dans les opérations d’aménagement et les documents d’urbanisme
75. Mettre en place des comités scientifiques et techniques pour les projets d’aménagements
76. Augmenter et vérifier le respect de l’indice de végétalisation sur toutes les surfaces construites
77. Mettre en place la Taxe Départementale des Espaces Naturels Sensibles sur Paris dans le cadre de projets de construction
78. Introduire le principe de compensation écologique lors de travaux d’aménagement
79. Créer un schéma directeur dans les programmes d’aménagement des espaces verts pour définir des usages spécifiques
80. Prendre davantage en compte les contraintes des futurs gestionnaires dans la conception de ces espaces verts
81. Insérer un volet biodiversité dans les plans de construction de tous les logements sociaux à Paris
82. Encourager les constructeurs à prévoir des espaces verts dans le cadre de leurs projets
83. Intégrer la biodiversité dans les cahiers des charges des opérations d’aménagement à partir d’un état des lieux précis
84. Développer la prise en compte de la biodiversité dans le PLU
85. Utiliser la charte parisienne de la qualité de gestion du vivant dans le patrimoine bâti

C. Articuler le Plan Climat et le futur Plan Biodiversité

V. Renforcer les continuités écologiques à l’échelle de la métropole
A. Préserver les grandes continuités écologiques existantes à Paris
86. Préserver la Seine, les canaux et la Petite Ceinture

B. Créer de nouvelles continuités écologiques
87. Concevoir une vraie « ceinture verte » autour du boulevard périphérique
88. Favoriser les connexions entre différents espaces

C. Rapprocher les acteurs et coordonner l’action à l’échelle régionale
89. Poursuivre l’implication de la Ville de Paris dans les groupes de travail organisés dans le cadre du schéma régional des continuités écologiques
90. Réfléchir à un mode de gouvernance de la Seine
91. Coordonner les pratiques de gestion et d’entretien sur les canaux pour mieux prendre en compte la biodiversité
92. Organiser une coordination entre la gestion des espaces verts et celle des cours d’eau
93. Travailler de façon coordonnée sur les emprises ferroviaires et routières

D. Préserver la biodiversité dans les zones agricoles périurbaines
94. Encourager le développement de l’agriculture biologique sur les zones de protection de captage d’eau potable en partenariat avec les collectivités territoriales locales
95. Mettre en place des baux agricoles bio.

Télécharger le Livre blanc de la biodiversité à Paris.

Commentaires (4)

  1. jpp

    Tout à fait d’accord sur les jardins éphémères.
    Ce concept a eu le mérite de permettre des expériences qui ont mis en évidence la possibilité et la nécessité de faire des jardins partagés.
    Mais,au fur et à mesure que les habitants apprennent à jardiner , ils se rendent compte qu’un jardin ne peut exister que dans la durée.
    Un des premiers jardins éphémères, le Jardin Nomade, rue Trousseau …est bien parti pour être pérenne. Les architectes de l’AAA, eux, ont bien vu qu’un jardin éphémère ne peut être que hors sol.Le jardin Ecobox (18ème) , qu’ils ont lancé, en est à son deuxième déménagement.
    Ce qu’on peut reprocher aux services de la Ville en matière de jardin partagé est d’ensevelir les contraintes du vivant sous les contraintes administratives. Annoncer la fermeture de Crimée Thionville en plein été , puis avancer la date du 8 Septembre au 30 Aout ne pouvait qu’aboutir à un fiasco. De même à Charmante petite campagne urbaine, le butoir de Février a d’abord été annoncé en réunion de concertation puis abruptement avancé à Octobre.Et que dire de ces clés remises le 1er Juillet aux nouveaux jardins : vous commencez à jardiner en Juillet vous ?
    NB : je viens de recevoir, la liste du recensement des plantes du jardin Charmante petite campagne urbaine : c’est d’une richesse stupéfiante : que va-t-il en rester ?

  2. alain of paris (Auteur de l'article)

    « Charmante petite campagne urbaine », « Un petit bol d’air », ces deux jardins partagés voisins, situés de part et d’autre du canal et de la rue de l’Ourcq sont condamnés en effet après de belles années d’épanouissement et d’échanges. Un petit square est prévu près de l’emplacement du premier, le second sera remplacé par un autre jardin partagé plus loin le long de la Petite Ceinture, avec encore beaucoup de flou.
    L’ambiguïté des jardins partagés est que beaucoup sont établis sur des friches urbaines, en attente d’un futur aménagement qui attend souvent des financements pour naître. Donc provisoires. Le terme de jardins éphémères serait plus approprié et moins décevant (sic !). Même si pour moi un jardin n’est pas éphémère, n’a jamais rien d’éphémère car perpétuel renouveau. Même si le concept de plantes kleenex est de plus en plus fort dans notre société moderne, il me reste en travers, car une plante pour moi ce n’est pas du jetable. Sans parler de tout le temps et les efforts consacrés par les jardiniers bénévoles, qui sont balayés en quelques coups de pelleteuse comme si de rien n’était…

  3. jpp

    Le point de vue du vilain petit canard: ça serait bien…si la ville de Paris faisait ce qui est souhaité dans ce livre blanc.

    Je lis, par exemple :
    « – Introduire le principe de compensation écologique lors de travaux d’aménagement;
    – Développer la prise en compte de la biodiversité dans le PLU
    – développer les jardins partagés… »,
    tout ceci aurait pu conduire à ce que le jardin partagé « Charmante petite campagne urbaine » ne soit pas fermé pour cause de rénovation urbaine dans la zone Rue de l’Ourcq / Rue de la Marne(19ème) , en bordure de petite ceinture…dans un coin qu’Alain Delavie connait bien…
    En effet,ce jardin créé en 2003 à l’emplacement du parking de l’ancienne usine de chauffage dont la cheminée domine tout le quartier, offre une réserve de biodiversité qu’un recensement permet d’évaluer à au moins aussi important que celui des Jardins passagers de la Vilette, dans une zone dite « pôle de biodiversité » (canal de l’Ourq). On aurait donc pu imaginer que ce jardin soit non pas sacrifié au profit d’un projet d’urbanisation mais que le projet soit construit autour du jardin…
    En attendant, on peut se consoler et amorcer la nostalgie :
    « Le 19 octobre, le Festival Les Uns Chez Les Autres vous invite à dire au revoir à l’usine CPCu. Au programme: vivre la tour de Babel en chanson, exposition photo-corridor de Patricia Quentin et Marie Desmarquest, déambulation guidée dans le ventre de l’usine… De l8h à 20h au 34 Quai de la Marne. Coktail sur le thème des
    « Temps modernes » .• Renseignements :www.cpcu.fr-cafezoïde@aol.com  » (bulletin de la Mairie du XIXème).

    Les plantes de la mare , elles, cherchent une mare d’accueil…J’espère qu’elles les auront trouvé sur ce blog…

  4. ellada

    Ce serait bien si toute les villes faisaient la même chose, il est vrai que ca manque de verdure.

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