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Plantes envahissantes, pionnières ou simplement expansives ?

Plantes envahissantes, pionnières ou simplement expansives ? Gilles Clément et Brigitte Lapouge, Terre VivanteRédigé à quatre mains par Gilles Clément et Brigitte Lapouge-Dejean, cet ouvrage est le premier en France à proposer des solutions écologiques pour maîtriser les plantes envahissantes au jardin.

Le jardinage face au brassage planétaire
Opportunistes, pionnières, conquérantes, envahissantes ? Nous assistons parfois à de virulentes expansions de plantes dans notre environnement qui peuvent être provoquées par de multiples causes : réchauffement climatique, pollution, brassage planétaire… Si, au niveau paysager, il est vain et insensé de vouloir agir contre ces évolutions naturelles ou anthropiques, il n’en est pas de même dans les jardins. À cette petite échelle, on peut éviter d’installer des plantes expansives ou, lorsqu’elles sont déjà en place, apprendre à les cantonner écologiquement.

44 plantes « envahissantes » au jardin écologique
Gilles Clément et Brigitte Lapouge ont entrepris de catégoriser les plantes que l’on qualifie, parfois à tort, d’envahissantes, de pionnières ou de mauvaises sur le territoire de France métropolitaine. Ambroisie, bambous, renouée du Japon mais aussi oxalys, chiendent, liseron… À travers des fiches très détaillées, ce livre présente 44 plantes, des plus « envahissantes » aux mauvaises herbes les plus tenaces. Pour chaque plante les auteurs apportent :

  • les informations botaniques
  • l’histoire
  • les qualités
  • les problèmes posés
  • les solutions écologiques pour les maîtriser, les supprimer ou les remplacer…

Des témoignages de lecteurs du magazine de Terre vivante, Les 4 Saisons du jardin bio, viennent compléter les observations et les conseils techniques des auteurs.

Je me suis plongé dans la lecture de cet ouvrage dès que je l’ai reçu. Passionnant ! Et très pratique, plein de bons conseils à mettre en oeuvre pour se débarrasser de certaines indésirables.

Plantes envahissantes, pionnières ou simplement expansives ? Comment vivre avec au jardin écologique
Gilles Clément et Brigitte Lapouge
Collection Conseils d’expert
Format 17 x 24,5 cm, 192 pages, 25€.
En vente en librairie, par correspondance ou sur www.terrevivante.org

Les statégies des plantes envahissantes varient, mais elles sont toutes efficaces !

J’ai profité d’une semaine de congés et du week-end de Pâques pour remettre un peu d’ordre dans les potées et les jardinières sur mon balcon. Une bonne occasion de faire le point sur les pertes de l’hiver et sur les quelques pestes imprudemment introduites qui ont plus que débordé de l’espace qui leur était imparti. Entres celles qui se ressèment à tout va, celles qui drageonnent ou qui lancent des stolons partout, la colonisation a été rapide, plus que je ne le pensais…

Persicaria virginiana 'Painter's Palette' sur mon balcon en été

Elles sèment à tout vent
La renouée ‘Painter’s Palette’ s’est ressemée comme une folle cette année. J’en ai partout ! Et pas un ou deux petits pieds, non, des dizaines de jeunes plants qui ne demandent qu’à pousser et étouffer leurs voisines. Qui penserait que les fleurs guère plus grosses qu’une tête d’épingle et portées par des fines tiges filiformes pouvaient libérer autant de semences ? Le froid ayant pas mal dégagé le sol des jardinières, les semis spontanés ont eu toute la place pour se développer. Heureusement les plantules s’arrachent facilement.
Parmi les semeuses redoutables, méfiez-vous de l’impatiens de Balfour (Impatiens balfouri), de l’impatience de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) et de leurs petites cousines européennes (Impatiens parviflora, I. noli-tangere notamment). À surveiller de près aussi : Le sedum acre (Sedum acris), les coquelourdes (Lychnis coronaria), les molènes (Verbascum), les vergerettes (Erigeron karvinskianus), les valérianes des jardins (Centranthus ruber et variétés), le fenouil bronze (Foeniculum vulgare ‘Purpureum’), les épervières (Hieracium aurantiacum), etc.

Aster à fleurs bleues sur mon balcon en été

Elles tracent, drageonnent, courent sous terre
Avec leurs racines démesurément longues, ces plantes colonisent la potée, la jardinière ou le massif où le jardinier a eu le malheur de les planter. Les premiers mois après la plantation, tout semble parfaitement bien se passer, la touffe grossit, mais reste sagement à sa place. L’année suivante, c’est la stupeur quand des pousses apparaissent loin du pied mère, parfois au milieu des plantes voisines.
Dans ma quête d’asters d’été à fleurs bleues, je suis tombé sur deux variétés particulièrement vigoureuses et téméraires (notamment celle en photo dont je ne possède pas le nom)… En défaisant complètement deux jardinières, j’ai enlevé des racines de plus de 50 cm de longueur et j’ai du aller creuser dans les plantes vivaces à côté pour arracher les rejets qui sortaient. Toujours bien se renseigner quand on achète un aster sur son comportement. Autant le superbe Aster x frikartii ‘Mönch’ reste sagement en touffe se contenant de s’étoffer, autant d’autres espèces ou variétés sont des véritables pestes : Aster oblongifolius ‘Oktober Skies’, A. pilosus ‘Schneegitter’, Ampelaster carolinianus et bien d’autres). Cette fois-ci, j’ai fait le tri pour ne conserver que ceux qui s’étoffent sagement (et qui poussent déjà beaucoup).
Parmi les plantes cavaleuses, évitez : La terrible renouée du Japon, qu’elle soit verte ou panachée (Fallopia japonica et F. japonica ‘Variegata’), certaines liriopes (notamment Liriope muscari ‘Big Blue’, chez moi elle a envoyé des drageons à plus de 50 cm du pied mère parmi les sceaux-de-Salomon géants pourtant envahissants), le blé d’azur (Leymus arenarius), le redoutable liseron du Japon (Calystegia hederacea ‘Flore Pleno’) aux fleurs doubles si séduisantes, l’increvable millepertuis (Hypericum calycinum), un certain nombre de bambous, les vinaigriers (Rhus typhina et R. glabra), le sorbaria à feuilles de sorbier (Sorbaria sorbifolia), le lilas commun (Syringa vulgaris), certaines ronces d’ornement…
Les sceaux-de-Salomon mettent du temps à s’installer, mais avec un godet comportant trois tiges, j’ai occupé une grande jardinière de 80 cm de longueur en trois années seulement…

Fragaria vesca 'Flore Plena', Le Jardin du Morvan, Journées des Plantes de Courson (91)

Elles envoient des stolons partout
Le stolon est une fine tige aérienne ou souterraine qui part du pied mère et donne à son extrémité une nouvelle plante qui s’enracine très vite quand elle touche le sol. Tout le monde connaît les fraisiers, particulièrement stolonifères. Mais je vous recommande la variété Fragaria vesca ‘Flore Plena’, envahissement garanti en quelques mois seulement ! Le petit pied acheté au printemps l’année dernière a donné des stolons de plus d’un mètre de longueur. Impressionnant ! Et tous ceux qui ont été se poser dans les potées ou jardinières voisines sont vite repartis et se sont aussi vite multipliés.
À éviter sous peine d’envahissement intensif : Le faux fraisier ou fraisier des Indes (Duchesnea indica et sa variété à feuillage panaché), la plupart des saxifrages stolonifères (Saxifraga stolonifera et variétés), les bugles (Ajuga reptans et variétés), certaines potentilles vivaces, etc.
Chysoplenium macrophyllum produit des stolons immenses, mais il faut vraiment que les conditions soit idéales (sol toujours frais, mi-ombre) pour que cette plante deviennent gênante. Chez moi, elle a vite périclité, ne supportant pas l’été parisien trop desséchant.

Méfiez-vous en parcourant les trocs aux plantes. On y trouve des petites merveilles, mais aussi beaucoup de belles encombrantes car elles sont trop faciles à multiplier.

Rencontre de Natureparif : les plantes envahissantes en Île-de-France

Natureparif propose deux journées consacrées aux plantes envahissantes en île-de-France, les mardi 28 et mercredi 29 juin 2011.

Les espèces végétales et animales dites envahissantes – ou supposées l’être – font beaucoup parler d’elles. Elles suscitent de la part de gestionnaires d’espaces naturels d’Ile-de-France de nombreuses interrogations sur la manière dont ils doivent prendre en compte leur présence dans la gestion des milieux dont ils ont la responsabilité. Beaucoup s’interrogent d’abord sur la définition même des mots « invasives » et « envahissantes » : quels sont leurs points communs, en quoi expriment-t-ils des réalités différentes ?

Viennent ensuite des questions sur la réalité des enjeux posés :

  • Ces espèces sont-elles réellement envahissantes ?
  • La prolifération actuelle de telle ou telle espèce, lorsqu’elle est avérée, est-elle réellement inquiétante pour l’avenir de la biodiversité ou n’est-elle qu’un phénomène passager, le temps que de nouveaux équilibres écologiques se recréent ?
  • Pouvons-nous faire un distingo entre celles qu’il faudrait éventuellement éradiquer, celles qu’il faudrait apprendre à gérer et celles auxquelles nous pouvons laisser prendre leur place dans des écosystèmes en permanente évolution ? Sur quelles bases éthiques appuyer ces décisions ?
  • Existe-t-il un consensus scientifique sur ces sujets ?
  • Quelles sont les politiques qui émergent au niveau mondial, européen, national et local ?
    La rencontre entre gestionnaires, experts et scientifiques sur ces thèmes doit permettre d’échanger sur l’état des lieux, les expériences, afin d’éclairer autant que possible les pratiques et les décisions des intervenants publics comme privés, d’ouvrir des perspectives de coopération entre ces différents acteurs.

Informations pratiques :
Mardi 28 juin 2011 (9h à 17h) et mercredi 29 juin 2011 (9h à 12h30)
Amphithéâtre de la SNHF, 84 rue de Grenelle, Paris 7e.
Métro : ligne 12, station Rue du Bac.
Entrée libre dans la limite des places disponibles, mais inscription obligatoire auprès de Marjorie Millès, marjorie.milles@natureparif.fr

Les Rencontres de Natureparif ont pour objet d’identifier, valoriser et diffuser les bonnes pratiques en matière de préservation de la nature et de la biodiversité, par la présentation d’expériences ou d’actions exemplaires ou instructives, dans un temps d’échange à destination des acteurs franciliens
(suite…)

Les prêles repoussent, un peu trop peut-être…

De plus en plus utilisé dans les jardins citadins en raison de leur look très design, les grandes prêles (Equisetum americanum, Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum) dressent leurs grandes cannes à longueur d’année en pot ou en pleine terre. Avec le retour du printemps, de nouvelles pousses apparaissent… Mais pas toujours là où on les attend !

Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum

Prêle du Japon (Equisetum japonicum), Musée du quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

Comme les bambous, ces plantes préhistoriques émettent de nouvelles pousses parmi les plus vieilles tiges et tout autour du pied mère, ce qui permet de renouveler les pousses les plus âgées qui finissent par se dessécher.

Grande prêle envahissant les autres plantes vivaces

Jeunes pousses d'Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum, Musée du Quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

Mais quand les prêles se plaisent, elles ne se contentent pas d’occuper l’emplacement que le jardinier leur a attribué. Elles en débordent et vite ! Et c’est comme ça que l’on voit surgir des pousses n’importe où, à travers le feuillage des autres plantes vivaces qui sont au voisinage.

Plante envahissante

Jeune pousse d'Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum poussant dans une touffe d'anémone du Japon, Musée du Quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

L’invasion est commencée, plus rien ne l’arrêtera… Ou alors très difficilement. Vivent les grandes prêles en pot ou en jardinière. Comme les menthes d’ailleurs, les savonnières à fleurs doubles (Saponaria officinalis ‘Rosea Plena’ ou ‘Alba Plena’) ou le terrible liseron aux fleurs de roses (Calystegia hederacea ‘Flore Pleno’)… Des belles pestes à contenir par tous les moyens.