Les statégies des plantes envahissantes varient, mais elles sont toutes efficaces !

//Les statégies des plantes envahissantes varient, mais elles sont toutes efficaces !

Les statégies des plantes envahissantes varient, mais elles sont toutes efficaces !

J’ai profité d’une semaine de congés et du week-end de Pâques pour remettre un peu d’ordre dans les potées et les jardinières sur mon balcon. Une bonne occasion de faire le point sur les pertes de l’hiver et sur les quelques pestes imprudemment introduites qui ont plus que débordé de l’espace qui leur était imparti. Entres celles qui se ressèment à tout va, celles qui drageonnent ou qui lancent des stolons partout, la colonisation a été rapide, plus que je ne le pensais…

Persicaria virginiana 'Painter's Palette' sur mon balcon en été

Elles sèment à tout vent
La renouée ‘Painter’s Palette’ s’est ressemée comme une folle cette année. J’en ai partout ! Et pas un ou deux petits pieds, non, des dizaines de jeunes plants qui ne demandent qu’à pousser et étouffer leurs voisines. Qui penserait que les fleurs guère plus grosses qu’une tête d’épingle et portées par des fines tiges filiformes pouvaient libérer autant de semences ? Le froid ayant pas mal dégagé le sol des jardinières, les semis spontanés ont eu toute la place pour se développer. Heureusement les plantules s’arrachent facilement.
Parmi les semeuses redoutables, méfiez-vous de l’impatiens de Balfour (Impatiens balfouri), de l’impatience de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) et de leurs petites cousines européennes (Impatiens parviflora, I. noli-tangere notamment). À surveiller de près aussi : Le sedum acre (Sedum acris), les coquelourdes (Lychnis coronaria), les molènes (Verbascum), les vergerettes (Erigeron karvinskianus), les valérianes des jardins (Centranthus ruber et variétés), le fenouil bronze (Foeniculum vulgare ‘Purpureum’), les épervières (Hieracium aurantiacum), etc.

Aster à fleurs bleues sur mon balcon en été

Elles tracent, drageonnent, courent sous terre
Avec leurs racines démesurément longues, ces plantes colonisent la potée, la jardinière ou le massif où le jardinier a eu le malheur de les planter. Les premiers mois après la plantation, tout semble parfaitement bien se passer, la touffe grossit, mais reste sagement à sa place. L’année suivante, c’est la stupeur quand des pousses apparaissent loin du pied mère, parfois au milieu des plantes voisines.
Dans ma quête d’asters d’été à fleurs bleues, je suis tombé sur deux variétés particulièrement vigoureuses et téméraires (notamment celle en photo dont je ne possède pas le nom)… En défaisant complètement deux jardinières, j’ai enlevé des racines de plus de 50 cm de longueur et j’ai du aller creuser dans les plantes vivaces à côté pour arracher les rejets qui sortaient. Toujours bien se renseigner quand on achète un aster sur son comportement. Autant le superbe Aster x frikartii ‘Mönch’ reste sagement en touffe se contenant de s’étoffer, autant d’autres espèces ou variétés sont des véritables pestes : Aster oblongifolius ‘Oktober Skies’, A. pilosus ‘Schneegitter’, Ampelaster carolinianus et bien d’autres). Cette fois-ci, j’ai fait le tri pour ne conserver que ceux qui s’étoffent sagement (et qui poussent déjà beaucoup).
Parmi les plantes cavaleuses, évitez : La terrible renouée du Japon, qu’elle soit verte ou panachée (Fallopia japonica et F. japonica ‘Variegata’), certaines liriopes (notamment Liriope muscari ‘Big Blue’, chez moi elle a envoyé des drageons à plus de 50 cm du pied mère parmi les sceaux-de-Salomon géants pourtant envahissants), le blé d’azur (Leymus arenarius), le redoutable liseron du Japon (Calystegia hederacea ‘Flore Pleno’) aux fleurs doubles si séduisantes, l’increvable millepertuis (Hypericum calycinum), un certain nombre de bambous, les vinaigriers (Rhus typhina et R. glabra), le sorbaria à feuilles de sorbier (Sorbaria sorbifolia), le lilas commun (Syringa vulgaris), certaines ronces d’ornement…
Les sceaux-de-Salomon mettent du temps à s’installer, mais avec un godet comportant trois tiges, j’ai occupé une grande jardinière de 80 cm de longueur en trois années seulement…

Fragaria vesca 'Flore Plena', Le Jardin du Morvan, Journées des Plantes de Courson (91)

Elles envoient des stolons partout
Le stolon est une fine tige aérienne ou souterraine qui part du pied mère et donne à son extrémité une nouvelle plante qui s’enracine très vite quand elle touche le sol. Tout le monde connaît les fraisiers, particulièrement stolonifères. Mais je vous recommande la variété Fragaria vesca ‘Flore Plena’, envahissement garanti en quelques mois seulement ! Le petit pied acheté au printemps l’année dernière a donné des stolons de plus d’un mètre de longueur. Impressionnant ! Et tous ceux qui ont été se poser dans les potées ou jardinières voisines sont vite repartis et se sont aussi vite multipliés.
À éviter sous peine d’envahissement intensif : Le faux fraisier ou fraisier des Indes (Duchesnea indica et sa variété à feuillage panaché), la plupart des saxifrages stolonifères (Saxifraga stolonifera et variétés), les bugles (Ajuga reptans et variétés), certaines potentilles vivaces, etc.
Chysoplenium macrophyllum produit des stolons immenses, mais il faut vraiment que les conditions soit idéales (sol toujours frais, mi-ombre) pour que cette plante deviennent gênante. Chez moi, elle a vite périclité, ne supportant pas l’été parisien trop desséchant.

Méfiez-vous en parcourant les trocs aux plantes. On y trouve des petites merveilles, mais aussi beaucoup de belles encombrantes car elles sont trop faciles à multiplier.

By |2012-04-09T22:49:02+00:00avril 10th, 2012|plante vivace|1 Comment

About the Author:

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste, spécialisé dans le jardinage et la météorologie. Il est aujourd'hui rédacteur en chef du magazine Rustica Hebdo et conseiller éditorial du site www.rustica.fr

One Comment

  1. jpp 10 avril 2012 at 12 h 09 min

    Finalement, tout est question de situation. Beaucoup de ces envahissantes en balconières sont celles qui, grâce à leur vigueur, nous aident à fleurir un peu la terre aride de Saint-Serge. Là, même certaines d’entre elles ont du mal…Mais les balflourii,par exemple, nous procurent une floraison de fin Mai à Octobre. On les laisse se ressemer, on les enlève (c’est très facile) là où on veut mettre autre chose…

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