Vegetal invader #1 à la Galerie Jeune Création du 7 décembre 2012 au 19 janvier 2013

Sculpture Big Bang, Aurélie Slonina

La galerie Jeune Création accueille une exposition personnelle inédite d’Aurélie Slonina, intitulée Vegetal invader #1. Cette exposition permet de découvrir une dizaine d’œuvres récentes de l’artiste, toutes réalisées au cours de l’année 2012 et présentées pour la première fois. Installations, sculptures et dessins investissent l’espace de la galerie, une première pour l’artiste particulièrement habituée à produire des œuvres destinées à l’espace urbain.

Aurélie Slonina travaille sur les relations ambivalentes que l’homme entretient avec son environnement. Dans ses œuvres, où se mêlent légèreté et gravité, elle met en tension la maîtrise et la perte de contrôle de l’homme sur la nature. Il semble qu’à trop vouloir la maîtriser à force de progrès scientifique et technologique, il en ait perdu son contrôle et fait engendré une nature d’une ère nouvelle. Aurélie Slonina crée des hybrides dans lesquels elle s’ingénie à mêler des éléments contraires. Ses interventions extérieures représentent des anomalies qui finissent par s’adapter et se confondre à leur environnement. La greffe fonctionne et décrit un paysage en pleine mutation, entre fiction et réalité. Quel est le degré d’hybridation des choses ou de la nature qui nous entoure ? En recherchant dans la nature contemporaine ses propres contradictions, l’artiste en dégage son aspect absurde, décalé, souvent ironique de la réalité. Ses installations usent d’une certaine permissivité, légèreté et indulgence face à la violence qu’elles mettent en scène. Les œuvres présentées dans l’exposition sont le reflet de ces interrogations, préoccupations et constats.

Vegetal invader, une série de stickers représentant des pots de fleurs appartenant au mobilier urbain contemporain et dont les tailles variables créent une profondeur de champs, sont collés sur la vitrine de la galerie. Ils apparaissent tels des objets volants non identifiés traversant la ville. Ces jardinières contiennent un échantillon de nature urbaine dans ce qu’elle a de plus artificiel. Modifiées, mutantes, celles-ci semblent venir d’un autre monde, occupant la ville comme des envahisseurs. Les stickers issus du street art redonnent à cette nature un aspect sauvage, moins embellissant.

Sculpture Treillages ondulatoires, Aurélie Slonina

La sculpture Treillages ondulatoires hypnotise par sa densité graphique. Des treillages de jardin aux formes géométriques ondulatoires, perturbatrices, évoquant la crainte et le danger (catastrophes écologiques, champs électromagnétiques émis par des appareils électroniques) servent de support à des plantes grimpantes. Le point de fuite de la perspective à la française ne constitue plus le motif essentiel. L’onde se matérialise. Le végétal grandit, prend appui et évolue sur un treillage aux formes résolument contemporaines.

Au sol, Big-bang, une boule à facettes sur laquelle a poussé un amadouvier, champignon de souche, intrigue. L’excroissance naturelle de l’objet artificiel semble provenir ou créer du chaos.

De différentes échelles et installées sur plusieurs niveaux, les Flying flowers, jardinières « diamants » dont le design appartient au mobilier urbain des années 60, constituent un curieux ensemble. En réalité en béton et imposantes, elles sont ici en céramique émaillée, réduites à la taille de pots de fleurs d’intérieur. Leurs formes géométriques contrastent avec les remous que forme la nature, et pourtant ils font corps.

Dans le dessin Herbal energy booster une jardinière est, quant à elle, en train d’exploser. La végétation urbaine contenue dans celle-ci semble survitaminée. La représentation de la nature prend dans cette pièce la forme d’un chaos organisé. L’explosion transfigure l’objet au point que la jardinière publique prend des allures mystiques. L’homme croit maîtriser la nature, mais celle-ci explose sous son nez. Le coloriage ajoute au caractère enfantin et naïf de l’intervention humaine.

Survient alors une nouvelle explosion, un crash entre deux avions que représente Small middle-class explosion. Cette œuvre provient d’une série de céramiques émaillées représentant une multitude d’explosions de petites tailles. Ces dernières, comme sorties d’un écran de télévision ou d’ordinateur, correspondent à des explosions d’appartement, apprivoisées, domestiquées. La violence prend alors une apparence classe moyenne.

Enfin, trônant sur un socle-piédestal dans l’espace de la galerie surgit E.T, figurine en céramique émaillée de couleur verte d’un jeune homme dont le look et l’attitude (jogging, baskets, cagoule, mains dans les poches) évoquent le garçon de banlieue et par conséquent des problèmes sociaux comme ceux des inégalités, de l’intégration des minorités, de la violence… En quoi le sort de ces garçons de banlieue soulève les questions écologiques et environnementales ? E.T représente un être hybride né d’une rencontre improbable entre un personnage vivant en milieu urbain et la nature.

Aurélie Slonina, née en 1970, vit et travaille à Bagnolet. Elle est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy et a obtenu un post-diplôme de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Son travail a notamment été présenté dans les expositions Nature et dérision au Centre d’Art du Luxembourg Belge (2012), Vélizy-discovery au centre d’art contemporain Micro Onde (2011), Fake ! au Stedelijk Museum à Aalst en Belgique et Panorama au Palais de Tokyo (2010), à la 3ème Biennale d’art contemporain d’Anglet (2009), dans l’exposition Less is less, more is more, that’s all au CAPC de Bordeaux (2008), ainsi que dans art4lux au Casino Luxembourg (2007).
Aurélie Slonina a reçu l’aide individuelle à la création 2011 de la DRAC Ile-de-France. Elle présentera prochainement l’exposition Vegetal invader #2 dans le cadre de Balades en Yvelines.

Aurélie Slonina, Vegetal invader #1
Commissaire : Lorraine Hussenot
Galerie Jeune Création
24 rue Berthe, 75018 Paris.
Métro : Ligne 12, station Abbesses.
Tél. : 01 42 54 76 36
.
Du 7 décembre 2012 au 19 janvier 2013
Du mardi au samedi de 11h à 18h
Fermé du 24 décembre 2012 au 7 janvier 2013
Vernissage le jeudi 6 décembre à 18h.

Commentaires (2)

  1. jpp

    Les artistes sont très présents dans le débat nature/culture et s’interrogent sur la mode actuelle du végétal. Ils auraient un peu tendance à monopoliser le débat , voire à tirer la couverture à eux. J’aimerais que l’on entende , de temps en temps, la parole jardinière.

  2. josette

    Voilà une artiste qui a beaucoup à dire. Très intéressant.
    J’aime beaucoup la représentation du champignon qui a poussé sur une boule en métal.

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