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Rien n’arrête le clérodendron !

Rejet d'un arbre du clergé (Clerodendron trichotomum) poussant dans le trottoir en ville, Cap 18, Paris 18e (75)

À plus d’un mètre du pied mère, un rejet de cet arbre du clergé (Clerodendron trichotomum) a réussi à sortir dans le trottoir, bien plus vigoureux que n’importe quelle mauvaise herbe.

Une belle vigueur, mais aussi une alerte pour les jardiniers qui voudraient installer ce bel arbuste d’ornement dans leurs jardins… Gare à l’invasion !

L’arbre aux papillons du Canal de l’Ourcq

Dans la série des plantes poussant dans les endroits les plus improbables, je n’ai pas résisté à photographier ce pied d’arbre aux papillons (Buddleia davidii) qui a été se nicher dans une anfractuosité sur une des berges du canal de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris.

 

Arbre aux papillons (Buddleia davidii) poussant au bord du canal de l'Ourcq, Paris 19e (75)

Arbre aux papillons (Buddleia davidii) poussant au bord du canal de l'Ourcq, Paris 19e (75), juin 2011, photo Alain Delavie

L’arbre aux papillons se ressème un peu partout dans Paris et pas seulement dans les friches. Des jeunes plants poussent dans la moindre fissure du bitume, sur les rails, sur les murs… Cette plante a une résistance assez incroyable qui fait qu’elle supporte le manque de terre et d’eau relativement bien.
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Iris graminea

De mon court périple en Allemagne dans la région du lac de Constance la semaine dernière, j’ai rapporté un bel iris, Iris graminea, découvert chez Syringa, une pépinière allemande qui propose une gamme phénoménale de pivoines et de plantes aromatiques ou condimentaires. Des plantes le plus souvent parfumées…

Plante vivace couvre-sol

Massif d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Vu de loin, cet iris a tout d’une grande touffe d’herbe vigoureuse, avec des feuilles effilées vert vif qui se dresse en gerbe. Un beau couvre-sol bien vert, qui cache ses fleurs délicates parmi les feuilles. Car il faut s’approcher pour découvrir les petites fleurs d’une beauté incroyable.

Plante vivace couvre-sol

Iris graminea en pleine floraison, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Une fleur très stylisée aux pétales fins, parés de couleurs bleues et violettes avec des touches de jaune et de blanc. Des fleurs gracieuses, qui sentent bon la prune.

Plante vivace couvre-sol

Fleur d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Nous avons été nombreux dans le groupe de journalistes qui découvrait cette plante à craquer pour la beauté de cet iris botanique. Les quelques pieds proposés à la vente se sont arrachés en quelques minutes, les premiers arrivés étant les premiers servis. Grosse ruée dans la jardinerie, chacun ayant fait sa liste en visitant le jardin d’essai exceptionnel !!!
Mais celles et ceux qui n’en ont pas eu devraient rapidement l’acquérir, car la plante est très… vigoureuse et traçante ! Il y aura vite des trocs aux plantes et des échanges.

Plante vivace couvre-sol

Rejets d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Quand les conditions lui conviennent, cet iris se montre prolifique. Il s’étoffe vite et occupe l’espace qui lui est imparti, en débordant aussi là où il n’est pas forcément attendu. Un bon couvre-sol, à ne pas planter n’importe où. Je vais l’installer dans une grosse potée, je n’aurai pas de problème de concurrence avec d’autres plantes. Et quand la potée sera trop grosse, je n’aurai plus qu’à diviser cette plante vivace drageonnante pour en distribuer.

Comment le cultiver ? En plein soleil ou à mi-ombre (soleil du matin), dans un sol très drainé et léger.

L’iris à feuilles de graminées (Iris graminea) pousse à l’état sauvage en France, mais il est rare.

La description de la flore de Coste (tome 3, taxon n°3520) :
Iris graminea
Linné
-Plante vivace de 20-50 cm., glabre, à rhizome moins gros que le petit doigt ; feuilles linéaires en glaive, dépassant longuement la tige simple comprimée à 2 tranchants ; fleurs géminées, bleu violet blanchâtre, odorantes, à pédoncules inclus 2-3 fois plus longs que l’ovaire ; spathe un peu renflée, à valves très inégales, l’inférieure longue, herbacée ; perianthe à tube très court, à divisions extérieures non barbues et à limbe plus court que l’onglet, les intérieures plus courtes que les extérieures et que les stigmates bilobés ; capsule ovoïde-hexagone, brièvement acuminée.
– Prairies et coteaux herbeux du Sud-Ouest ; Landes, Basses-Pyrénées, Haute-Garonne, Aude. Europe centrale et orientale.

La description de Thierry Denis, Pépinière Le Jardin du Morvan :
L’iris qui sent si bon la prune !
Petites fleurs bleu à peine pourpre, d’une rare délicatesse en mai et juin, parfum de prune sucrée.
Hauteur 35cm, distance de plantation 45cm (aime la concurrence des racines).
Culture : terre ordinaire. Soleil non brûlant ou ombre. Ultra rustique.

Petit iris intrépide qui ne fait rien comme les autres :
Il pousse en touffe ultra fine, comme une graminée.
Il sent super bon la prune.
Il adore pousser au pied des arbustes et des haies et se fiche du sec en été il fleurit plus longtemps et sent meilleur encore quand il est à l’ombre l’après-midi.
PS : en été, il dort à moitié, inutile de l’arroser (les jeunes pieds perdent même leurs feuilles !).

Les prêles repoussent, un peu trop peut-être…

De plus en plus utilisé dans les jardins citadins en raison de leur look très design, les grandes prêles (Equisetum americanum, Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum) dressent leurs grandes cannes à longueur d’année en pot ou en pleine terre. Avec le retour du printemps, de nouvelles pousses apparaissent… Mais pas toujours là où on les attend !

Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum

Prêle du Japon (Equisetum japonicum), Musée du quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

Comme les bambous, ces plantes préhistoriques émettent de nouvelles pousses parmi les plus vieilles tiges et tout autour du pied mère, ce qui permet de renouveler les pousses les plus âgées qui finissent par se dessécher.

Grande prêle envahissant les autres plantes vivaces

Jeunes pousses d'Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum, Musée du Quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

Mais quand les prêles se plaisent, elles ne se contentent pas d’occuper l’emplacement que le jardinier leur a attribué. Elles en débordent et vite ! Et c’est comme ça que l’on voit surgir des pousses n’importe où, à travers le feuillage des autres plantes vivaces qui sont au voisinage.

Plante envahissante

Jeune pousse d'Equisetum japonicum ou Equisetum hiemale var. japonicum poussant dans une touffe d'anémone du Japon, Musée du Quai Branly, Paris 7e, mai 2010, photo Alain Delavie

L’invasion est commencée, plus rien ne l’arrêtera… Ou alors très difficilement. Vivent les grandes prêles en pot ou en jardinière. Comme les menthes d’ailleurs, les savonnières à fleurs doubles (Saponaria officinalis ‘Rosea Plena’ ou ‘Alba Plena’) ou le terrible liseron aux fleurs de roses (Calystegia hederacea ‘Flore Pleno’)… Des belles pestes à contenir par tous les moyens.

Faux acacia, rien ne l’arrête !

Le buddléia se ressème allègrement même sur les murs comme le paulownia ou le catalpa, mais ils ne sont pas les seuls parmi les arbres ou arbustes. Le robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) est aussi très envahissant et en plus, il pique !

Cet exemplaire très élégant au demeurant s’est accroché sur un grand mur de pierres, dans une anfractuosité. Issu d’une graine ou d’un rejet d’un arbre situé dans le jardin au-dessus, sa situation escarpée ne l’empêche pas de pousser. Cet arbre pionnier prouve ici sa résistance. Et son pouvoir envahissant ! Joli, surtout quand il se pare de grandes grappes de fleurs blanches, mais à surveiller et à éviter dans un petit jardin.

Les ailanthes sont en fleurs, gare aux semis spontanés !

Lundi dernier je vous parlais des buddléias qui s’apprêtent à disséminer leur multitude de graines un peu partout dans Paris et l’Île-de-France et je faisais une allusion à l’ailanthe, autre plante exotique envahissante.

Voici quelques photos prises aujourd’hui dans le XVIIIème arrondissement près de la porte d’Aubervilliers où se trouve un magnifique ailanthe (Ailanthus altissima), majestueux et couronné d’énormes grappes de fleurs cuivrées.Très joli à voir, mais dans quelques semaines, ce seront des centaines voire des milliers de graines qui vont s’éparpiller et se ressemer dans les moindres interstices. Et ce n’est pas le seul ailanthe de Paris et des alentours… Cette peste venue d’Asie se ressème non seulement très facilement mais drageonne aussi avec abondance. Parmi les plantes envahissantes recensées par l’INPN, c’est une des championnes de la multiplication. Jusque dans les jardinières ou les potées des balcons on en voit germer ! Et quand on arrache les jeunes arbres, le feuillage froissé dégage une odeur pas très agréable. Joli à voir, mais de loin.