Un paysage à goûter (Domaine de Chaumont-sur-Loire)

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)
Pour sa 22ème édition, le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire a invité concepteurs et paysagistes du monde entier à évoquer et magnifier les innombrables et subtiles « sensations » dont regorgent les jardins. Parmi les trente nouveaux jardins ou oeuvres végétales présentés en 2013, « Un paysage à goûter » met en scène un jardin cultivé sur des bottes de paille, une méthode employée aux États-Unis et au Canada et qui permet d’obtenir de belles récoltes dans les sols les plus ingrats.

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)
Ce « paysage à goûter », tel un tableau, montre une succession de collines, cultivées et couronnées de boisements. La superposition des couches de bottes de paille, suivant la technique culturale du “Straw Bale Gardening” (jardinage sur bottes de paille) rappelle celle des strates sédimentaires et leur tranche nette donne à lire le substrat comme une coupe géologique surmontée d’un sol qui évolue à mesure que la paille se décompose par le haut. Ainsi, comme un sol, la paille porte et nourrit des plantes nourricières, dont le blé qui produit aussi, à son tour, de la paille.

Le parcours du jardin fait déambuler entre ces structures, au rythme du repas et des saisons – entrée, plat, dessert, pain et vin, et couloir des récoltes –, pour un voyage au cœur d’un paysage à goûter.

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)

Le jardinage sur bottes de paille permet d’obtenir la plupart des légumes hormis les carottes dans n’importe quel terrain, même le plus inculte.
La technique est assez simple :

  • Placez les bottes de paille sur le sol, sans les enterrer, à l’emplacement que vous avez choisi, bien ensoleillé si vous souhaitez cultiver des légumes.
  • Il faut les arroser pendant trois jours pour maintenir la paille bien humide et initier sa décomposition (qui se traduit par une élévation de température). Les 4ème, 5ème et 6ème jour, il faut apporter un engrais azoté sur les bottes de paille humidifiées.
  • Les 7ème, 8ème et 9ème jour, apportez toujours de l’engrais azoté, mais à la moitié de la dose initiale employée.
  • Le 10ème jour, contentez vous d’humidifier les bottes de paille.
  • Attendez ensuite quelques jours, le temps que les bottes de paille ne chauffent plus. Vous pouvez alors commencer vos plantations (environ 3 ou 4 semaines après la mise en place et le début de la décomposition).
  • Pour installer des jeunes plants de légumes, creusez des trous sur le haut de la botte de paille et remplissez les avec un bon terreau, puis placez y les plants comme vous le feriez en pleine terre ou en pot. Arrosez ensuite copieusement. Procédez de la même façon pour semer.
  • Veillez à maintenir les bottes de paille et vos cultures toujours humides par des arrosages quotidiens. La pose d’un tuyau microporeux ou d’un goutte-à-goutte évite la corvée d’arrosage.
  • Une fois par semaine, donnez un engrais organique liquide adapté aux légumes que vous cultivez.

 

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)
La culture sur bottes de paille permet d’avoir les fruits et légumes à portée de main. Il faut moins se baisser !

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)
Tomates, physalis, potimarron, melon, petits fruits… Tout ou presque pousse sur les bottes de paille.

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)
Même la vigne pousse sur une botte de paille !

Un paysage à goûter, Pascale Marcq, Pierre-Martin Tricaud, Emmanuel Taillard, Laurence du Plessix, Le Potager Extraordinaire, Festival des jardins 2013, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41)

Ce jardin a été conçu par Pascale Marq, paysagiste, Pierre-Marie Tricaud, agronome, paysagiste DPLG et urbaniste, Laurence du Plessix, décoratrice, Emmanuel Taillard, étudiant ESAJ, et l’association ‘Le potager extraordinaire’ (Baptiste Pierre et Yann Le Yondre, jardiniers botanistes).

Informations pratiques
Le Festival International des Jardins se visite tous les jours jusqu’au 20 octobre 2013.
Jusqu’au 31 août, ouverture de 10h à 19h.
Du 1er au 30 septembre, ouverture de 10h à 18h30.
Du 1er au 20 octobre, ouverture de 10h à 18h.

Tarifs

  • Billet Festival International des Jardins : vous permet de visiter le Festival International des Jardins et le Parc. Ne donne pas accès au Château et ses Écuries.
    Plein tarif : 11,00 €
    Jeunes de 12 à 18 ans : 7,50 €
    Enfants de 6 à 11 ans : 5,00 €
    Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans
  • Billet « Domaine » : vous permet de visiter la totalité du Domaine : Festival International des Jardins, Château, Écuries et Parc.
    Plein tarif : 16,00 €
    Jeunes de 12 à 18 ans : 11,00 €
    Enfants de 6 à 11 ans : 5,50 €
    Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.

Commentaires (5)

  1. Alain Delavie (Auteur de l'article)

    Bonsoir, j’ai vu le site que vous citez, mais pas la traduction en français que je ne connais pas et qui n’est pas indiquée dans la présentation de Chaumont sur Loire concernant votre jardin. Je parle et lis l’anglais suffisamment couramment pour ne pas avoir besoin d’une traduction. Désolé de vous contredire, mais pour la technique, j’ai suivi celle préconisée par le Washington State Institute sur le Straw Ball Gardening. Et les 8 points que je présente ne sont pas « détaillés », juste un résumé. Mais si vous souhaitez vous faire plus de pub que je n’en ai fait (tous les concepteurs sont cités à la fin de l’article), je laisse vos liens dans votre commentaire, le but de mon article étant surtout d’inciter les internautes à aller visiter le Festival de Chaumont-sur-Loire. Bien cordialement.

  2. Pierre-Marie Tricaud

    Les informations détaillées que vous publiez sur la technique de jardinage sur bottes de paille proviennent de l’ouvrage « Straw Bale Gardening » de Joel Karsten, traduit en français par notre équipe qui a conçu le jardin « Un Paysage à goûter ».
    Il aurait été bien de le signaler, et il n’est pas trop tard.
    Voir
    http://www.un-paysage-a-gouter.weonea.com/page/63244
    Commande sur
    http://strawbalegardens.com/store/straw-bale-gardening-e-file-french-translation

    Pierre-Marie Tricaud
    pour l’équipe de « Un Paysage à goûter »

  3. nicole

    des engrais bio, bien sûr ! on recommande même aux messieurs d’arroser directement la botte de paille de temps en temps …. comme pour le compost d’ailleurs … LOL
    c’est surtout la quantité d’eau nécessaire qui m’a un peu « titillée » ! apparament pas mal plus que pour un potager traditionnel .

  4. Alain Delavie (Auteur de l'article)

    Avec des engrais bio, la culture peut être plus écologique, mais elle nécessite des soins réguliers en effet. Arrosages et apports d’engrais réguliers.

  5. nicole

    comme je me suis intéressée à la culture en lasagnes, la culture sur paille m’intéressait aussi, je viens d’aller faire un tour sur quelques sites pour en apprendre plus, et ….. ce n’est pas aussi écolo qu’on voudrait nous le dire ! entre autres, d’après plusieurs utilisateurs, inutile d’envisager ce genre de culture si on n’a pas de l’eau de récupération en grande quantité, car les arrosages fréquents sont absolument indispensables, et si on place la balle avec les morceaux de paille verticaux, l’eau traverse la balle et se perd …..; il faut également prévoir des fertilisants de complément, pour équilibrer les apports de la paille se compostant ; enfin, et par dessus tout, il faut être sûr de l’origine de sa paille ….. mais c’est joli et amusant !

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