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4ème journées de Chèvreloup les 2 et 3 juin 2018

Affiche des Journées de Chèvreloup, MNHN, juin 2018Venez découvrir les richesses de l’arboretum de Versailles-Chèvreloup (les collections extérieures, celles des serres tropicales et des serres horticoles) lors du week-end des Rendez-vous aux jardins. Une vente de plantes est également organisée.

Ces deux journées sont l’occasion de percer le secret des collections botaniques cachées et de rencontrer les femmes et les hommes chargés de veiller sur ce patrimoine d’exception. Le temps d’un week-end, ces derniers mettent leurs savoir-faire et leurs connaissances à la disposition des curieux et des amateurs. Découvertes et animations sont au rendez-vous : conseils de culture, ateliers, chasse au trésor… Les exposants permettent aussi d’acquérir fuchsias, cactus ou d’autres plantes originales. L’ouverture exceptionnelle des serres permet aussi d’en découvrir les collections les plus mystérieuses. Elles abritent 5 000 plantes tropicales et méditerranéennes dont 3 000 sont protégées car menacées : cactus, orchidées, palmiers, fuchsias ou pélargoniums… Balade exotique et dépaysement végétal garanti ! (suite…)

Exposition « L’Europe des Herbiers, un patrimoine en partage » jusqu’au 15 juin 2018

Affiche des Rendez-vous aux Jardins 2018, création Chevalvert
La manifestation nationale Rendez-vous aux jardins prend pour sa 16e édition une nouvelle dimension. Elle s’inscrit dans le cadre de l’Année européenne du patrimoine culturel et associe pour la première fois 16 pays en Europe qui célèbreront les jardins aux mêmes dates. Pour illustrer ce caractère exceptionnel, le ministère de la Culture présente une exposition réalisée en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) : L’Europe des Herbiers, un patrimoine en partage, qui présentera des planches rares avec notamment des spécimens provenant de jardins botaniques européens.

Logo Muséum National d'Histoire NaturelleÀ l’occasion des « Rendez-vous aux jardins » qui célèbrent cette année l’Europe des jardins, le Muséum national d’Histoire naturelle donne à voir exceptionnellement quelques-uns des 8 millions de spécimens conservés à l’Herbier national.

Jusqu’au 15 juin, l’exposition inédite L’Europe des herbiers, un patrimoine en partage sera présentée dans le hall du site des Bons-enfants du ministère de la Culture, placée sous le commissariat de Marc Jeanson, botaniste et responsable de l’Herbier national. Cette sélection illustre l’importance des jardins botaniques, dans la description et la connaissance de la biodiversité végétale. Associée à ces herbiers, une sélection d’objets issus de la collection de fruits et de graines est également présentée. C’est en Europe et notamment en Italie, au début du XVIe siècle, que naquit la technique de mise en herbier des plantes. Une histoire débutée il y a près de 400 ans et qui se poursuit aujourd’hui.

Un diaporama présentera également un très bel herbier haut en couleur, celui de Léon Mercurin (1898-1994), amateur de botanique. Seul, entre 1925 et 1988, il accumule 2000 planches de plantes ; récoltées notamment dans le Var. Sur le plan artistique et didactique, les spécialistes considèrent qu’il a réalisé l’un des plus beaux herbiers du XXe siècle.

Cette exposition est complétée par des ateliers (6-10 ans) et des visites du jardin du ministère réalisé par le paysagiste Michel Desvigne, et du jardin du Palais Royal.

Informations pratiques
Ministère de la Culture, 182, rue Saint-Honoré, 75001 Paris (site des Bons-enfants).
L’exposition est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 18h. Entrée libre et gratuite. Exceptionnellement, l’exposition et les ateliers pour les enfants (sans réservation) sont accessibles durant tout le week-end des Rendez-vous aux jardins, les 2 et 3 juin de 10h30 à 17h.

Découverte de Plathelminthes invasifs géants en France et dans les territoires français d’outre-mer

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Le 22 mai dernier, le Muséum national d’Histoire naturelle a envoyé une alerte à l’attention de la presse concernant la découverte de Plathelminthes terrestres, des vers plats géants invasifs, sur le territoire français métropolitain et ultramarin. Une menace pour nos vers de terre et la vie des sols.

Une conséquence de la mondialisation et de l’accroissement des échanges internationaux de marchandises est l’introduction d’espèces exotiques envahissantes. En France, on a ainsi vu arriver récemment le frelon asiatique, l’écureuil de Corée et le Plathelminthe de Nouvelle-Guinée. La découverte de ce dernier a donné lieu au lancement en 2013 par le Muséum national d’Histoire naturelle d’un appel à témoins sur les Plathelminthes terrestres (vers plats). Une équipe de chercheurs dirigée par Jean-Lou Justine de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité (ISYEB – Muséum / CNRS / Sorbonne Université / EPHE), a ainsi étudié pendant 5 ans quelque 700 contributions de citoyens. Il s’agit de la première enquête d’envergure sur le sujet en France métropolitaine et territoires français d’outre-mer, basée sur les sciences participatives, dont les résultats sont publiés dans PeerJ.

Bipalium kewense, prédation en France, photo Pierre Gros - CCBY4-0
Cinq espèces de Plathelminthes bipaliinés (des genres Bipalium et Diversibipalium), originaires d’Asie, ont été rapportées sur le territoire français métropolitain et ultramarin : Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barthélemy, Guyane Française, Réunion, Mayotte mais aussi en Suisse, à Monaco et au Portugal. La moitié des observations en France métropolitaine est localisée dans le seul département des Pyrénées-Atlantiques. Deux de ces cinq espèces sont des géantes parmi les Plathelminthes terrestres, atteignant jusqu’à 40 cm de long. Les bipaliinés sont des prédateurs de la faune du sol, notamment des vers de terre, et représentent donc une menace pour la biodiversité des sols et leur équilibre écologique – ils sont capables de tuer des proies jusqu’à 50 fois plus lourdes qu’eux ! De plus, ces espèces se reproduisent par scissiparité (reproduction asexuée), moyen efficace pour une espèce invasive d’envahir rapidement un territoire. Même si une évaluation de leur impact écologique sur la biodiversité locale est nécessaire, les bipaliinés correspondent bien à la définition des espèces exotiques envahissantes.

Bien que l’invasion ait commencé il y a 20 ans – certains témoignages remontent jusqu’en 1999 -, les chercheurs n’ont trouvé aucune publication scientifique sur la présence de bipaliinés en France. Il est paradoxal que l’invasion d’un pays développé, en Europe, par des animaux aussi spectaculaires, n’ait attiré l’attention d’aucun scientifique ni d’aucune institution. Cela montre bien la méconnaissance de tous les acteurs dans ce domaine ; il va falloir pallier ce manque d’information sur les Plathelminthes terrestres qui seront de plus en plus souvent rencontrés en Europe par les citoyens et les professionnels de l’agriculture, de l’aménagement paysager, des sciences vétérinaires et de la médecine.

Référence
Jean-Lou Justine, Leigh Winsor, Delphine Gey, Pierre Gros, Jessica Thévenot. Giant worms chez moi! Hammerhead flatworms (Platyhelminthes, Geoplanidae, Bipalium spp., Diversibipalium spp.) in metropolitan France and overseas French territories.
PeerJ. 22 mai 2018 – DOI : 10.7717/peerj.4672

Article (en anglais) en accès libre: https://peerj.com/articles/4672

Week-end de comptage des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018

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Pour la 6e année consécutive, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) invitent les citoyens à participer au comptage national des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018. Le but ? Établir un suivi des populations d’oiseaux de proximité afin d’évaluer leur état et préconiser ainsi des mesures de protection. Ce deuxième comptage annuel qui fait suite à celui de janvier constitue une manière simple pour chaque citoyen, adhérent ou non à la LPO, d’agir concrètement en faveur de la connaissance et de la protection de notre avifaune.

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En pleine période de reproduction, les oiseaux sont moins abondants dans les jardins que durant l’hiver mais de nombreuses espèces sont tout de même observables. Parmi les plus communes : le Merle noir, le rouge-gorge et la Mésange charbonnière. Les plus chanceux pourront aussi observer la Huppe fasciée ou le Rougequeue à front blanc, des visiteurs saisonniers.

Merle sur mon balcon parisien en hiver, Paris 19e (75)À l’occasion de ce comptage du dernier weekend de mai, les citoyens pourront découvrir la grande diversité d’oiseaux qui visitent les jardins et qui, pour certains, sont menacés de disparition, comme le Verdier d’Europe ou le Bouvreuil pivoine (classés Vulnérables sur la Liste Rouge UICN). Chaque année depuis 2013, des milliers d’observateurs partagent leurs données et contribuent à faire avancer la connaissance des oiseaux de nos jardins.

Forts des observations issues de ces comptages, des états des lieux des oiseaux présents dans nos jardins pourront être dressés. Et contre toute attente, les données collectées fin janvier 2018 présentent un grand nombre d’oiseaux à la mangeoire, à l’instar des Grosbecs casse-noyaux, Tarin des aulnes et Mésanges noires qui sont arrivés massivement dans nos jardins cet hiver ! (voir bilan)

Les prochaines observations collectées pour le comptage de mai permettront de mesurer l’abondance des espèces venues nicher dans les jardins. Les migrateurs comme les hirondelles et le Rougequeue à front blanc seront-ils présents en nombre ? Le Grosbec casse-noyaux et la Mésange noire dénombrés cet hiver seront-ils encore présents fin mai dans les jardins ?  À vous d’aider la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à le savoir !

À vos agendas donc pour ce prochain weekend de comptage de mai. Il n’est pas nécessaire d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qui se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile ! (suite…)

Ouverture des 200 hectares de l’Arboretum de Versailles-Chèvreloup

Arboretum de Versailles-Chèvreloup, photo MNHN Snezana Gerbault
Depuis 1979, ce sont 17 000 visiteurs annuels qui parcourent les 50 ha de plantations spectaculaires de l’Arboretum de Chèvreloup, nouvellement renommé Arboretum de Versailles-Chèvreloup. 39 ans après son inauguration, une ouverture sur 130 ha supplémentaires vient d’être actée par le Muséum national d’Histoire naturelle. Ce sont désormais 200 ha d’espace naturel paysagé que les visiteurs peuvent découvrir.

Site géré par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’Arboretum de Versailles-Chèvreloup, est un lieu exceptionnel de plus de 2 500 espèces et variétés d’arbres qui abrite une des plus riches collections d’arbres en Europe. Mitoyen du Parc de Versailles, il offre au public un excellent support de sensibilisation à la nature.

Les visiteurs pourront se familiariser en visite libre à trois secteurs supplémentaires : les zones biogéographiques d’Asie et d’Amérique, ainsi que, autour d’un étang de 1,5 ha, la zone horticole (27 ha) présentant près de 500 variétés d’arbres sélectionnées par l’homme. Cette diversité géologique et morphologique anime l’arboretum d’ambiances bucoliques fortement appréciées par tous les amateurs de botanique.

Parmi les lieux emblématiques, les visiteurs pourront flâner dans la prairie des cerisiers japonais, admirer la plantation de conifères nains, ou encore se perdre dans le dédale des Lawsons (déambulation parmi des conifères aux feuillages colorés). Ils auront également l’occasion de se promener autour des vestiges du système hydraulique qui alimentait les fontaines de Versailles, comme le Réservoir de Chèvreloup, et suivre les 900 mètres du nouveau parcours des arbres d’Ile-de-France présentant les essences de cette région.

Quelques nouveautés champêtres s’offrent au public en 2018 : un troupeau de moutons vient de rejoindre l’arboretum pour assurer l’entretien écologique des prairies au printemps et en automne, deux lundis par mois, les visiteurs pourront découvrir les serres lors de visites guidées thématiques (à 13 h, voir programmation détaillée sur le site internet du Muséum national d’Histoire naturelle).

Informations pratiques
Ouvert tous les jours (sauf le mardi 1er mai) de 10h à 18h, fermeture des caisses à 17h.
Tarifs : 7 € (tarif réduit 5 €). Billet tribu : 20 € (2 adultes et deux jeunes entre 3 et 25 ans). Carte d’abonnement : 15 € (tarif réduit 10 €)

30, route de Versailles, 78150 Rocquencourt.
Tél. : 01 39 55 53 80.
chevreloup.mnhn.fr

Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse

Les derniers résultats de deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à une échelle nationale, l’autre plus localement, viennent d’être diffusés. Les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à grande vitesse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans. Au vu de l’accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir…

Grâce à des ornithologues amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire métropolitain, le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle au sein du CESCO), produit des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats (forêt, ville, campagne etc.). Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

Alouette des champs, Alauda arvensis, photo Fotolia / mirkograul
Ces résultats nationaux sont confirmés par une seconde étude menée à une échelle locale sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre » portée par le CNRS. Depuis 1995, des chercheurs du CEBC suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français. En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées. Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes – fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes – retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non. Or d’après le STOC, les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole, sans doute en lien avec l’effondrement des insectes.

Cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants.

Ces deux études, menées toutes deux sur une vingtaine d’années et à des échelles spatiales différentes, révèlent l’ampleur du phénomène : le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique. En 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières pourraient connaître un printemps silencieux (« Silent spring ») annoncé par l’écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du tristement célèbre DDT interdit en France depuis plus de 45 ans. Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance.