Paris côté jardin

L'actualité parisienne et francilienne vue par un jardinier urbain, un jardinier parisien, citadin dans l'âme, amoureux des plantes et des jardins, mais aussi journaliste et auteur spécialisé dans les jardins et le jardinage. Tout ce qui se passe dans Paris et en Ile-de-France en relation avec les jardins, les plantes, le jardinage et la nature.

Mes derniers articles

Exotisme et jeux d’eau à Paris plages

Les 33 palmiers apportent une touche d’exotisme aux bords de Seine, mais d’autres petits jardins éphémères, tous aussi exotiques, réservent des surprises quand on se ballade le long de Paris plage sur le quai de la Seine.Installées sous les brumisateurs qui rafraîchissent les passants (aujourd’hui c’était nécessaire pour supporter la lourdeur du temps), des plantations de papyrus (Cyperus papyrus) et d’autres plantes aquatiques (des houttuynias notamment) se trouvent enveloppées d’un fin brouillard qui vous trempe en un rien de temps. C’est tout juste s’il ne fallait pas faire la queue pour se faire mouiller. C’est qu’il y en avait du chat noyé !!! Mais heureux et rafraîchi. Vive l’été et Paris plage !

Paris plages et ses 33 palmiers

Lundi dernier je vous parlais de la nouvelle édition de Paris plages et de ses 33 palmiers. En vous demandant quelle espèce avait été choisie pour décorer la plage le long de la Seine ?Personne n’a répondu (snif !!!) et pourtant, c’est une des espèces de palmier les plus répandues dans les jardins en France, les plus rustiques et robustes, qui a même déjà été plantée dans quelques rues parisiennes, notamment la rue Curial, dans le 19ème arrondissement. Tout simplement le palmier chanvre ou palmier de Chine (Trachycarpus fortunei). Pour ceux qui aiment les palmiers, il y en avait aujourd’hui à vendre sur le marché aux fleurs de l’Île-de-la-Cité (Paris 1er), de très beaux sujets. Ceux qui ne sont pas pressés peuvent toujours tenter le semis, avec un choix de graines et d’espèces extraordinaires chez Rarepalmseeds, le n° 1 des graines de palmiers.
Petit jeu de l’été : cherchez le palmier près de chez vous et envoyez-moi une photo avec la rue et l’arrondissement. Pour avoir une petite idée du Paris exotique…

Strobilanthes : ces vivaces sont promises à un grand avenir !

Je ne vous ai pas encore parlé des Strobilanthes ! The most incredible perennials, comme disent nos voisins anglais. Des plantes incroyables, exceptionnelles !
Ce genre de plantes vivaces originaires essentiellement de l’Himalaya possède des espèces rustiques remarquables et très utiles pour les lieux ombragés. Leur floraison estivale tardive permet de fleurir le jardin à un moment où les fleurs annuelles marquent souvent un très net déclin. Robustes, parfaitement rustiques, aussi à l’aise en pleine terre que dans un gros pot ou une grande jardinière, ils se sont montrés chez moi parfaitement insensibles aux parasites les plus fréquents à Paris. Et pas de maladie non plus. Un beau palmarès, non ?
La première année qui a suivi la plantation, ils se sont vite développés, de plus en plus au fur et à mesure que l’été avançait, pour finir par fleurir très tard, en octobre et novembre seulement. Mais quel feu d’artifice.
Le premier que j’ai essayé et adopté était Strobilanthes rankingensis (mais ce nom est inconnu pour l’IPNI). Des feuilles aux pointes très effilées, un port d’abord érigé puis de plus en plus étalé et des fleurs d’un bleu ciel qui apparaissent en masse, un vrai nuage. Le voici en ce moment déjà couvert de boutons floraux.Et maintenant avec ses fleurs, photographié l’année dernière en fin d’été.L’année d’après mon premier achat j’achetais trois autres espèces, dont une de nom inconnu, mais qui forme un gros buisson dense bien dressé, avec une floraison bleu ciel en fin d’été et en automne tout simplement magnifique, surtout quand le feuillage se teinte d’or et de cuivre. La voici l’année dernière…

Cette année j’ai rabattu d’un tiers toutes ses tiges début juin car sa vigueur me laissait présager un encombrement trop important en fin de saison. Grand bien m’en a pris, car la touffe qui n’a pas encore produit ses boutons floraux est quand même arrivée au niveau supérieur de la rambarde du balcon.La troisième espèce est un Strobilanthes wallichii (mais qui serait peut être un Strobilanthes atropurpurea), déjà fleuri depuis le début du mois cette année. J’aime tout particulièrement ses grosses feuilles gaufrées qui lui donnent un aspect exotique unique. Les tiges sont robustes, mais le port est plutôt étalé au fur et à mesure que les pousses s’allongent. Quand aux fleurs, elles sont tubulaires et bleu violacé très foncé. Elles donnent l’impression de ne jamais pouvoir s’ouvrir totalement. Cela n’empêche pas les abeilles et les bourdons de s’y plonger jusqu’au fond pour aller y collecter le nectar.La quatrième espèce ressemble au Strobilanthes nutans vendu par la pépinière du Clos du Coudray : port traçant ou retombant quand il est en jardinière, très prostré, fleurs tubulaires blanches difficiles à voir car cachées par les grandes feuilles effilées et pointues.

Un dernier point qui rend difficile la diffusion de ces jolies plantes : l’identification. Les noms sont souvent très différents pour des plantes ayant le même aspect. Bref, les appelations ne sont pas toujours justes si vous surfez sur le net pour en découvrir plus sur ces belles méconnues. Sur le site de l’International Plant Name Index (IPNI), il y a 638 références pour le genre Strobilanthes.

Mes bonnes adresses pour trouver ces plantes vivaces encore rares

Le Clos du Coudray à Étaimpuis (76) :
Strobilanthes atropurpurea : originaire de l’Himalaya. Cette espèce forme une touffe de tiges érigées à feuilles ovales et dentées, vert mat. Les fleurs ont une curieuse forme de tube évasé et coudé, et sont d’un joli pourpre lumineux. Elles sont regroupées au sommet des ramifications et s’apanouissent d’août à novembre. Poussant spontanément en sous-bois frais à humide, dans le nord de la France c’est plutôt au soleil qu’elle prend toute sa valeur, dans un sol frais et humifère. Dans les régions chaudes, elle doit être plantée à l’ombre. Hauteur de 1 m à 2 m.
Strobilanthes nutans : originaire d’Extrême-Orient. Cette espèce a des rameaux flexibles et velus qui s’étalent sur le sol puis se redressent. Ils portent de jolies feuilles, grandes pour le genre, d’un beau vert foncé. Les grandes fleurs tubulaires blanc pur sont disposées en courts épis serrés. Elles apparaissent de juillet à septembre. À cultiver dans un sol riche en humus, frais, même argileux, sans calcaire, de préférence à la mi-ombre. Hauteur de 50 à 70 cm.
Strobilanthes species : cette nouvelle introduction du Népal est arrivée en Europe il y a 6 à 7 ans. Très proche de l’espèce précédente, elle en diffère principalement par sa propension à coloniser le terrain. Les tiges rampantes s’enracinent aux entre-noeuds ce qui lui confère un véritable effet couvre-sol et c’est ainsi qu’en moins de 2 ans, un jeune plant a colonisé environ 2 m² dans le jardin du Clos du Coudray. Il a été installé près de S. violacea, dans les mêmes conditions de sol et de culture. Il fleurit aussi moins longtemps que son congénère, d’août à octobre. Exposition à l’ombre ou la mi-ombre. Hauteur de 30cm à 40cm.
Stobilanthes violacea : originaire de l’Himalaya. Forme un buisson plus large que haut, s’étalant lentement. Les feuilles ovales, pointues, sont dentées sur les bords. Les fleurs violet clair, ressemblent à celles de l’acanthe. Elles sont le plus souvent portées par deux à l’extrémité de fines hampes. Elles n’apparaissent jamais très nombreuses, mais elles se succèdent pratiquement d’août jusqu’aux gelées. Au Clos du Coudray, cette plante est installée au nord d’une haie où elle ne voit jamais le soleil, en compagnie d’épimediums et de fougères, dans un sol argileux et lourd qui semble parfaitement lui convenir. Ses origines montagnardes lui confèrent une très bonne résistance au froid. Exposition à l’ombre ou à la mi-ombre. Hauteur de 30cm à 40cm.

Vous pouvez trouver quelques espèces aussi chez :
Pépinières Delabroye à Hantay (59).
Pépinières Lepage aux Ponts-de-Cé (49).
Lumen Plantes vivaces à Bergerac (24).

L’été des plantes en pots : le bacopa

Après l’impatiens, une autre petite plante d’ombre ou de coins peu ensoleillés : le bacopa.Cette espèce vivace mais gélive a un port très étalé ou retombant, avec des tiges assez souples qui portent des petites feuilles en forme de coeur duveteuses. Les petites fleurs étoilées blanches, bleues ou roses, apparaissent le long des tiges et se renouvellent pendant toute la belle saison. Discrètes, charmantes.
Très utilisé en suspension, notamment dans les paniers fleuris si chers aux jardiniers anglais, le bacopa (Sutera cordata) pousse en compagnie des bégonias, des impatiens, des petits lierres, de la lysimaque retombante dorée (Lysimachia nummularia ‘Aurea’ ou ‘Goldilocks’).
Peu frileux, il ne supporte pas les étés caniculaires, trop chauds et secs. Son feuillage prend alors un vilain aspect et se dessèche, se crispe, la floraison se ralentit et devient sporadique. Les étés plus humides et frais lui conviennent davantage, sa croissance étant alors plus généreuse. En 2003, mes bacopas ont rendu l’âme en juillet. L’an dernier, ils sont restés superbes tout l’été… Et moi je me suis étiolé comme une endive, le soleil ayant fuit Paris.Sinon, il leur faut un bon terreau pour géranium, maintenu toujours frais (pas de coup de sécheresse, le bacopa déteste, comme l’humidité stagnante !). Des apports réguliers d’engrais fleuris pour géraniums ou tomates stimulent la floraison, qui a tendance à se faire de plus en plus aux extrémités des rameaux qui n’en finissent pas de s’allonger. Quelques pincements de temps à autre permettent d’obtenir des cascades plus ramifiées et davantage fleuries.
Dernier point important : le bacopa est vite étouffé par des plantes vigoureuses. Si c’était le cas, pensez à le dégager et lui donner suffisamment de lumière.

Dorstenia contrajerva : une surprenante curiosité végétale

Connaissez-vous les dorsténias ? Non presque certainement. Encore moins le Dorstenia contrajerva, petite plante vivace gélive à cultiver à l’intérieur.
Il faut dire que les espèces du genre Dorstenia sont encore très confidentielles. Seuls quelques pépiniéristes collectionneurs en proposent et toujours en petit nombre. Les plus communes ont un caudex (tige renflée) et une culture qui les rapprochent beaucoup des plantes grasses. L’IPNI en recence plusieurs centaines, mais quand on arrive à en trouver une dizaine, c’est le grand bonheur pour le collectionneur.
Parmi les plus faciles à cultiver, Dorstenia contrajerva pousse très bien et fleurit sans cesse dans un intérieur pas trop ensoleillé. Il forme des tiges succulentes assez courtes qui portent les feuilles lobées très découpées avec de longs pétioles. La curiosité réside principalement dans la floraison . Cette plante appartient à la famille du figuier et des ficus, les Moracées. Et il donne des fleurs qui ont l’apparence de coupes vertes composées de quatre lobes irrégulièrement découpés. Très curieuses, un rien animal (on s’attend presque à les voir se refermer sur le doigt qui les frôle), presque dérangeantes, j’adore ! Au coeur de ces réceptacles biscornus apparaissent des petites graines, qui sont expulsées loin de la plante mère. Chez moi, elles tombent sur la moquette, elles n’ont donc jamais donné d’autres plantes. Dommage !
Les clés de la réussite :
La culture est vraiment simple et sans problème (ce qui n’est pas le cas pour tous les dorsténias) comme une banale plante d’intérieur presque. Un terreau riche et bien drainé est nécessaire, avec des arrosages suivis pour maintenir le sol toujours frais. Peu exigeante en lumière, cette espèce se contente du soleil du matin ou d’une pièce claire, sans soleil. Le pied peut rester dans un petit pot plusieurs années de suite, ce qui limite juste le nombre et la grandeur des feuilles. Pas de sensibilité particulière aux maladies ou parasites.
Je vous ai fait envie ? Et ç’est là que les choses vont devenir difficiles, car pour trouver ce dorsténia, c’est le parcours du combattant…
Mon pied provient des Établissements horticoles « Le Prieuré », Claude de Lacheisserie, Le Prieuré, 26120 Ourches. Tél.: 04 75 60 31 26. Je vous recommande la visite de la serre de ce pépiniériste collectionneur… Le pays des merveilles, le paradis pour le collectionneur de plantes exotiques.
Si par hasard quelqu’un trouve des graines ou des plants de Dorstenia bahiensis, je suis preneur !!! J’en rêve…

L’été des plantes en pots : l’impatiens

Comment les fleurs d’été cultivées en pots, jardinières ou suspensions passent elles l’été ?
Une question à laquelle je vais tenter d’apporter quelques réponses tout au long des semaines à venir, en commençant aujourd’hui par l’impatiens (Impatiens Walleriana-hybrides).Une des valeurs sûres pour les coins ombragés, ne recevant tout au plus que quelques heures de soleil le matin, l’impatiens n’a que deux ennemis pendant la belle saison : la chaleur excessive qui s’accompagne d’attaques d’araignées rouges et un sol trop détrempé ou trop sec.
C’est en effet la fleur du ni trop, ni pas assez… Trop d’eau au niveau des racines et ces dernières pourrissent entraînant le flétrissement du pied comme si justement il avait manqué d’eau. Un oubli d’arrosage et c’est en effet toute la plante qui se fane très vite, pour reprendre un bel aspect si l’oubli ne s’est pas trop prolongé.
Quand à la chaleur sèche, ce n’est vraiment pas le temps de ces fleurettes généreuses. Très sensibles aux attaques d’araignées rouges, elles sont vite envahies par ces parasites piqueurs-suceurs. Quand cela se produit, il est préférable de rabattre une bonne partie du feuillage et de le doucher plusieurs jours de suite. Inutile de traiter avec des produits chimiques, en général ils ont pour effet de griller le feuillage tout autant que les acariens tenaces.
L’an dernier, avec l’été frais et souvent arrosé, les impatiens ont été superbes. Il y a deux et trois ans, la chaleur extrême de l’été les a malmenées, sur mon balcon je les ai même arraché fin juillet, car je ne pouvais venir à bout des araignées rouges.
Cette année la chaleur n’a pas encore été excessive tout du moins dans la moitié Nord de la France. Seulement quelques chaudes journées, des nuits souvent fraîches, il en faut plus pour gêner ces « dames », surtout si elles sont installées dans une cour ou sur un balcon ombragés. À suivre…