Le pin wollemi du Jardin des Plantes

Véritable joyau du patrimoine végétal mondial et parisien, le pin wollemi (Wollemia nobilis) planté dans le Jardin des Plantes le 19 septembre 2006, mérite une petite visite.

Le sujet installé dans le Jardin des Plantes (MNHN) est superbe pour son troisième anniversaire d’existence dans la capitale (et oui, c’est aujourd’hui l’anniversaire de sa plantation, une coïncidence que j’ai découverte en me promenant dans le Jardin des Plantes). Pendant l’été, des énormes cycas (Cycas revoluta), autres plantes rescapées des temps préhistoriques, sont plantés à ses côtés. Ambiance Jurassique Parc…

Un peu d’histoire :
En 1994, David Noble, un garde forestier du parc national Wollemi en Australie, pénètre dans une gorge profonde et s’approche d’un groupe d’arbres matures de grandes dimensions aux allures étranges. Ses feuilles sont vert foncé et ressemblent à de la fougère. En partant, David Noble emporte l’un des rejetons et décide de l’identifier à Sydney. De retour dans la métropole australienne, il cherche de l’assistance auprès des services de la flore et des parcs nationaux de Nouvelle-Galles du Sud, et auprès des Jardins Botaniques Royaux de Sydney. On prend d’abord la branche pour une fougère, et on s’étonne d’entendre David évoquer un arbre de 40 mètres de hauteur. Après des visites sur place et d’autres recherches, on conclut qu’il s’agit d’une espèce tout à fait nouvelle, voire d’un genre nouveau. D’abord appelé pin Wollemi en raison du site de sa découverte, il est officiellement baptisé Wollemia nobilis, d’après le nom de l’auteur et du lieu
où on l’a trouvé. Il est classé dans la famille des Araucariacées. Comme il n’était alors connu
que d’après des découvertes fossiles, le pin wollemi est également souvent appelé  » fossile
vivant « . D’après ces découvertes fossiles, on sait que le Wollemia nobilis est apparu depuis, au moins, 90 millions d’années, et a disparu depuis 2 millions d’années environ. Par conséquent, depuis sa redécouverte il y a plus de 10 ans, il fait l’objet d’intensives recherches. Le pin Wollemi aurait atteint son seuil de propagation maximale entre le Jurassique et le Crétacé, soit de -200 à -65 millions d’années. On suppose qu’il était présent sur tout le territoire du Gondwana, l’ancien continent de l’hémisphère Sud. Aujourd’hui, moins de 100 exemplaires ont été recensés dans la nature.
Suite à cette exceptionnelle découverte, outre les dispositions légales visant à protéger le pin Wollemi, un programme pour la sauvegarde de ce genre menacé a été mis au point. Venant s’ajouter à la plus grande discrétion sur le lieu et aux mesures protectrices légales, ce programme prévoit d’en commencer la culture, comme élément clé de sauvegarde de l’espèce. Un pin wollemi dans chaque jardin et parc du monde entier réduira le risque pour la population naturelle, en évitant la visite illégale du lieu de sa découverte. Le 23 octobre 2005, à l’occasion d’une vente aux enchères, les premiers exemplaires de pin wollemi ont été proposés à des particuliers amateurs de plantes. La société anglaise de vente aux enchères Sotheby’s a organisé la vente d’environ 300 plantes. Depuis sa multiplication et la vente de jeunes arbres aux parcs et jardins botaniques du monde contribuent à sa sauvegarde.

Parmi les premières plantations officielles effectuées en France, il y a eu :
– 6 septembre 2006, aux jardins de la principauté de Monaco,
– 7 septembre 2006, au conservatoire biologique tropical de La Londe (83), en partenariat avec la jardinerie Tirand, à Aubagne (13),
– 14 septembre 2006, au parc national de la Tête d’or à Lyon (69), en partenariat avec la jardinerie Botanic de Villeurbanne (69),
– 19 septembre 2006, au Muséum National d’Histoire naturelle de Paris (75), en partenariat avec les jardineries Truffaut,
– 20 septembre 2006, au jardin botanique de la ville de Bordeaux (33), en partenariat avec la jardinerie Truffaut de Merignac (33),
– 27 septembre 2006, au jardin des plantes de Lille (59), en partenariat avec les jardineries Les compagnons des Saisons (59),
– 3 octobre au conservatoire national de Brest (29), en partenariat avec les jardineries Les compagnons des Saisons (29),
– 5 octobre au jardin botanique de Nancy (54), en partenariat avec la jardinerie Décors Jardin (54).

Le site officiel du pin wollemi : www.wollemipine.com

Commentaire (1)

  1. Plantine

    Le botaniste Francis Hallé disait dans une émission d'Ushuya, perché sur le radeau des cimes, que le seul espoir qu'il voyait pour sauver les grandes forêts tropicales, après avoir tout tenté et échoué, était que les hommes y trouve un intérêt pécuniaire.
    L'histoire du Pin Wollemi en est une illustration parfaite. On va le "sauver" parce que ça peut rapporter gros et non pas seulement parce que tout -absolument tout- a une importance capitale dans l'équilibre de la Nature.
    Si seulement on pouvait faire pareil avec les grenouilles, les abeilles et toutes les espèces qui disparaissent sur notre planète.
    Bon week-end Alain.

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