Archive journalières: 1 juillet 2009

Paris s’engage pour la sauvegarde de la biodiversité

Anne Hidalgo, première adjointe chargée de l’urbanisme et de l’architecture et Fabienne Giboudeaux, adjointe chargée des espaces verts, ont signé le jeudi 25 juin à 12h30 dans le jardin éphémère du Parvis de l’Hôtel de Ville, la déclaration du « Compte à rebours 2010 » Countdown 2010) pour la sauvegarde de la biodiversité à l’horizon 2010 lancée par l’Union mondiale pour la nature (IUCN).

« Le Compte-à-rebours pour la biodiversité 2010 » est né en 2002, lorsque les États réunis au Sommet mondial de la Terre à Johannesburg, ont décidé d’enrayer la perte de biodiversité d’ici à 2010. Cette initiative vise à amener pays, régions et société civile à collaborer étroitement afin d’enrayer la perte de biodiversité d’ici 2010, déclarée année mondiale de la biodiversité par l’ONU.

En signant cette déclaration, la Ville de Paris entend faire connaître ses actions en matière de préservation et de développement de la biodiversité et signifier sa volonté d’accentuer ses efforts dans ce domaine : en travaillant sur la problématique des trames vertes et bleues, en poursuivant les travaux de connaissance de la biodiversité parisienne en collaboration avec les établissements de recherche scientifique et les collectivités limitrophes, en incitant les autres acteurs du territoire parisien à adopter des pratiques favorables à la biodiversité tout en renforçant la mobilisation des Parisiens sur le sujet.

La Ville de Paris mène d’ores et déjà un nombre important d’actions dans ce domaine, en particulier en matière de communication et de sensibilisation, de gestion écologique de ses espaces verts mais aussi d’achats responsables en faveur d’une agriculture et d’une sylviculture durables. La biodiversité est également prise en compte dans le cadre des études d’impact des opérations d’aménagement et plus largement dans le cadre de l’évaluation environnementale engagée pour la révision du PLU en cours.

La biodiversité à Paris

À Paris, vivent plus de 2 000 espèces de plantes sauvages et de champignons, autant d’espèces animales dont un millier d’insectes, 9 espèces d’amphibiens, 174 espèces d’oiseaux, 3 espèces de reptiles, 32 espèces de mammifères et plus d’une trentaine d’espèces de poissons.

Cette grande richesse s’explique par la présence d’une mosaïque de milieux de vie, l’abondance de nourriture, moins de prédateurs et des températures souvent clémentes.

La faune et la flore vivent dans les nombreux milieux de vie « naturels » présents à Paris : bois, parcs et jardins, friches (terrains vagues), bâti végétalisé, Seine et canaux, plans d’eau (lacs, étangs, mares, bassins), voies ferrées, vieux murs, toits, tunnels, cimetières, et aussi dans des micro-milieux : cavités dans le bâti, interstices entre les pavés, écorces, etc.

Qui se douterait qu’à Paris voisinent le renard et la fouine, le lucane cerf-volant et le papillon machaon, le martin-pêcheur et le faucon crécerelle, le lézard des murailles et le crapaud accoucheur, la libellule aeschne bleue, le bombyx de l’ailanthe et le pseudo-scorpion, la méduse Craspedacusta et la mulette des peintres, le silure glane et l’anguille… ?

Dans les deux bois et dans Paris intra-muros plusieurs stations d’orchidées sauvages ont été découvertes: ophrys abeille, orchis pyramidal, orchis bouc, épipactis à larges feuilles. Certaines ont même été observées sur les toitures végétalisées de logements sociaux : cette situation pour ces espèces emblématiques est insolite et exceptionnelle.

Sur la voie ferrée de la petite ceinture s’est constituée une originale jungle urbaine, avec orobanche du trèfle, morelle velue, tomate, vigne, rose trémière, figuier, pavot somnifère, maceron…

Les berges de la Seine voient se développer une flore typique : chanvre d’eau, carex et joncs, salicaire, hépatique des fontaines et diverses fougères, aristoloche. La cuscute d’Europe, espèce protégée, a été repérée sur les berges du bois de Boulogne.

Ainsi à Paris se côtoient l’arbre aux papillons, la capselle bourse à pasteur, le jonc des crapauds, l’érable champêtre, la circée de Paris ou encore la véronique de Perse. Une richesse inattendue en milieu urbain.

La biodiversité à Paris en chiffres :
La biodiversité à Paris, c’est d’abord un patrimoine historique constitué par la Seine, les bois de Boulogne et de Vincennes, mais aussi les grands parcs et près de 100 000 arbres d’alignement. Paris compte près de 2 000 plantes et champignons et 2 000 espèces animales parmi lesquels des renards, des fouines, des martins-pêcheurs, et, dans l’eau, des silures glane ainsi que des anguilles. De nombreuses actions sont entreprises par la Ville :

• les jardins labellisés. 63 espaces verts parisiens ont été labellisés par un organisme indépendant. L’obtention du label suppose de répondre à trois critères : la réduction des nuisances (atmosphériques, sonores…), des risques (pollution, sol, eau…), l’économie des ressources naturelles non renouvelables, le développement de la faune, de la flore et de la biodiversité.
• les murs végétalisés. Ces murs contribuent à l’embellissement de l’espace public et à l’amélioration de l’environnement. 82 murs sont habillés de volubiles plantées directement dans le sol, et trois murs accueillent des plantes vivaces cultivées hors sol.
• les corridors écologiques. Mise en place d’un réseau « mares », et de réserves ornithologiques dans les deux bois, ces « corridors écologiques » qu’empruntent les espèces végétales et animales (via la Seine, la Petite Ceinture, le réseau des parcs et jardins, les promenades plantées, les artères arborées, les toitures et murs végétalisés) garantissent une continuité entre les différents milieux naturels.
• les arbres. La capitale offre à sa faune et sa flore un patrimoine arboré de près de 500 000 arbres, dont 187 500 hors des bois.
• les ruches. L’installation de nouvelles ruches dans Paris, notamment dans les jardins publics (ex : au parc Monceau), et les jardins partagés (jardin de l’Aqueduc, 14e arr.).
• les mares présentent un intérêt écologique, pédagogique, paysager. Vingt mares et zones humides dans Paris et les bois forment réseau qui permet le retour en ville des crapauds communs, tritons palmés mais aussi des nénuphars.
• le Jardin des Papillons (au parc floral) propose une découverte du monde des insectes et plus particulièrement des papillons de jour d’Ile-de-France par l’observation des étapes de leur cycle de vie, leur vol, les parades ou encore l’émergence des chrysalides.

On trouve à Paris 2000 espèces animales parmi lesquelles :
• Plus d’un millier d’insectes (papillons, libellules, fourmis, abeilles, guêpes, bourdons, punaises, mouches, moustiques, …) ;
• 44 espèces de mollusques (planorbes, escargots, limaces, moules, …) ;
• 32 espèces de mammifères (hérissons, fouines, chauve-souris, renards, écureuils, …) ;
• 174 espèces d’oiseaux (faucons crécerelles, chardonnerets, chouettes hulotte…) ;
• 3 espèces de reptiles (lézards des murailles, tortues de Floride) ;
• 9 espèces d’amphibiens (crapauds accoucheurs, tritons palmés) ;
• 35 espèces de poissons (brochets, truites, anguilles, silures glanes, …).

Le jardin de l’Hôtel Salomon de Rothschild rouvre ses portes

Depuis le 25 juin, le public a retrouvé ce beau jardin composé d’une grande pelouse ponctuée de marronniers, de massifs de buis, de troènes, de forsythias et de seringats. Comme auparavant, les services de la Ville entretiendront et assureront la surveillance du jardin.

Ce jardin appartient à la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques. Depuis 1998, La Ville de Paris prenait en charge l’entretien du jardin en contrepartie de son ouverture au public comme cela se fait pour d’autres espaces verts privés parisiens : square Catherine-Labouré (7e), square Alexandre-Biscarre (9e)…. À l’expiration de cette convention, en septembre 2008, le jardin avait dû fermer ses portes.

Des travaux d’aménagement du jardin ont depuis été engagés par la Ville et aujourd’hui, une nouvelle convention vient d’être signée pour 10 ans entre la Fondation et la Ville pour permettre sa réouverture au public.

A l’occasion de cette réouverture, la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques a commandé à l’artiste Françoise Pétrovitch une œuvre monumentale intitulée Forget-me-not, nom anglais du myosotis. C’est un bouquet immense, une inflorescence en forme de feu d’artifice où l’on retrouve, au bout de longues tiges d’inox brossé de 3,50 mètres, 12 éléments de grès émaillé, de la fleur au coeur, en passant par les chaussures, les têtes de cerf, de lapin et de faon. Inspirée du monde de l’enfance qui constitue l’univers de l’artiste, cette création fait un lien avec l’histoire d’un site où ont vécu de grands collectionneurs de porcelaine de Sèvres, de Beaujon à la baronne Salomon en passant par Balzac. Cette pièce a fait l’objet d’une coproduction entre la Fondation, la Manufacture nationale de Sèvres et la galerie RX. À l’avenir, des présentations régulières d’œuvres d’artistes contemporains seront organisées dans le parc et la Fondation s’associera, dans la mesure du possible, à d’autres initiatives ou d’autres évènements dans le domaine de l’art contemporain.

Le jardin est ouvert de 10 h à 19 h l’été et de 10 h à 17 h l’hiver.

Infos pratiques :
Surface : 4000 m².
Accès : 12, avenue de Friedland (Paris 8e).
Métro : Lignes 1, 2 ou 6, station Charles-de-Gaulle-Etoile.