Archive journalières: 1 juin 2010

Iris graminea

De mon court périple en Allemagne dans la région du lac de Constance la semaine dernière, j’ai rapporté un bel iris, Iris graminea, découvert chez Syringa, une pépinière allemande qui propose une gamme phénoménale de pivoines et de plantes aromatiques ou condimentaires. Des plantes le plus souvent parfumées…

Plante vivace couvre-sol

Massif d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Vu de loin, cet iris a tout d’une grande touffe d’herbe vigoureuse, avec des feuilles effilées vert vif qui se dresse en gerbe. Un beau couvre-sol bien vert, qui cache ses fleurs délicates parmi les feuilles. Car il faut s’approcher pour découvrir les petites fleurs d’une beauté incroyable.

Plante vivace couvre-sol

Iris graminea en pleine floraison, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Une fleur très stylisée aux pétales fins, parés de couleurs bleues et violettes avec des touches de jaune et de blanc. Des fleurs gracieuses, qui sentent bon la prune.

Plante vivace couvre-sol

Fleur d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Nous avons été nombreux dans le groupe de journalistes qui découvrait cette plante à craquer pour la beauté de cet iris botanique. Les quelques pieds proposés à la vente se sont arrachés en quelques minutes, les premiers arrivés étant les premiers servis. Grosse ruée dans la jardinerie, chacun ayant fait sa liste en visitant le jardin d’essai exceptionnel !!!
Mais celles et ceux qui n’en ont pas eu devraient rapidement l’acquérir, car la plante est très… vigoureuse et traçante ! Il y aura vite des trocs aux plantes et des échanges.

Plante vivace couvre-sol

Rejets d'Iris graminea, pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Quand les conditions lui conviennent, cet iris se montre prolifique. Il s’étoffe vite et occupe l’espace qui lui est imparti, en débordant aussi là où il n’est pas forcément attendu. Un bon couvre-sol, à ne pas planter n’importe où. Je vais l’installer dans une grosse potée, je n’aurai pas de problème de concurrence avec d’autres plantes. Et quand la potée sera trop grosse, je n’aurai plus qu’à diviser cette plante vivace drageonnante pour en distribuer.

Comment le cultiver ? En plein soleil ou à mi-ombre (soleil du matin), dans un sol très drainé et léger.

L’iris à feuilles de graminées (Iris graminea) pousse à l’état sauvage en France, mais il est rare.

La description de la flore de Coste (tome 3, taxon n°3520) :
Iris graminea
Linné
-Plante vivace de 20-50 cm., glabre, à rhizome moins gros que le petit doigt ; feuilles linéaires en glaive, dépassant longuement la tige simple comprimée à 2 tranchants ; fleurs géminées, bleu violet blanchâtre, odorantes, à pédoncules inclus 2-3 fois plus longs que l’ovaire ; spathe un peu renflée, à valves très inégales, l’inférieure longue, herbacée ; perianthe à tube très court, à divisions extérieures non barbues et à limbe plus court que l’onglet, les intérieures plus courtes que les extérieures et que les stigmates bilobés ; capsule ovoïde-hexagone, brièvement acuminée.
– Prairies et coteaux herbeux du Sud-Ouest ; Landes, Basses-Pyrénées, Haute-Garonne, Aude. Europe centrale et orientale.

La description de Thierry Denis, Pépinière Le Jardin du Morvan :
L’iris qui sent si bon la prune !
Petites fleurs bleu à peine pourpre, d’une rare délicatesse en mai et juin, parfum de prune sucrée.
Hauteur 35cm, distance de plantation 45cm (aime la concurrence des racines).
Culture : terre ordinaire. Soleil non brûlant ou ombre. Ultra rustique.

Petit iris intrépide qui ne fait rien comme les autres :
Il pousse en touffe ultra fine, comme une graminée.
Il sent super bon la prune.
Il adore pousser au pied des arbustes et des haies et se fiche du sec en été il fleurit plus longtemps et sent meilleur encore quand il est à l’ombre l’après-midi.
PS : en été, il dort à moitié, inutile de l’arroser (les jeunes pieds perdent même leurs feuilles !).

L’histoire du haricot sans perdre le fil

De juin à octobre 2010, l’extraordinaire diversité du haricot s’expose au Potager du Roi à Versailles (78) et au Domaine de la Grange – la Prévôté à Savigny-le-Temple (77).

Nain, grimpant, extra-fin, vert, beurre, magique, mogette, fayot ou mangetout, pas si banal le haricot ! Légume parmi les plus apprécié des Français, qui en consomment 4 kg par personne et par an, le haricot de notre quotidien, peuplant souvenirs d’enfance et petits plats cuisinés, a bien une histoire à raconter. Une histoire de l’évolution, de la domestication, une histoire de la biodiversité.

À l’occasion de l’Année Internationale de la Biodiversité, le haricot se fera l’ambassadeur de la diversité génétique, un aspect encore mal connu de la richesse du vivant. Avec ses représentants sauvages et toutes ses variétés adaptées et améliorées par l’homme, le haricot montre comment une plante se diversifie au fil du temps et des cultures.

L’exposition « Du fayot au mangetout : l’histoire du haricot sans perdre le fil », guidera le public dans le formidable voyage du haricot. Les plantes racontent, et leurs anecdotes mènent les visiteurs dans des lieux prestigieux : le Potager du Roi à Versailles et le Domaine de la Grange – la Prévôté – à Savigny-le-Temple, futur Centre Régional des Ressources Génétiques d’Ile-de-France. Grâce à une exposition vivante, autour des végétaux bien sûr, mais aussi des graines, des outils, des dessins d’époque, des jeux et expressions populaires, petits et grands découvriront comment une liane sauvage des forêts sud-américaines a pu devenir un véritable symbole de nos régions françaises : le lingot du Nord, le haricot de Soisson, le Coco de Paimpol ou le haricot tarbais à la base du cassoulet.

Arrivé en France au début du XVIème siècle, le haricot en provenance de Méso-Amérique ou d’Amérique du Sud, le fameux « haricot magique » qui peut s’élever à plus de 15 mètres de haut, fait parti désormais de notre patrimoine. Mais ce patrimoine est aujourd’hui menacé. La richesse biologique du haricot, comme celle des autres espèces cultivées, mérite toute notre attention. Comment imaginer maintenir les spécialités culinaires françaises et les traditions horticoles sans préserver l’exceptionnelle diversité génétique qui en est le socle ?

Infos pratiques :
Du 10 juin au 10 octobre : deux expositions vivantes « au jardin » et expositions en salle à partir du 10 septembre tous les jours sauf le lundi, de 10h à 18h.
– Domaine de la Grange-la-Prévôté,
Potager du CERES,
Avenue du 8 mai 1945,
77176 Savigny-le-Temple.
Tél. : 01 60 63 29 40.

Potager du Roi,
École Nationale Supérieure du Paysage,
10, rue du Maréchal Joffre,
78000 Versailles.
Tél. : 01 39 24 62 62.

Le catalogue de l’exposition « Du fayot au mangetout : l’histoire du haricot sans perdre le fil », à paraître en septembre 2010.

L’exposition a été réalisée grâce au partenariat avec la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) et avec la collaboration du Groupement National Interprofessionnel des Semences et des plants (GNIS). Elle bénéficie également de l’appui de l’Union Nationale des Industriels des Légumes Transformés (UNILET), de la Région Ile-de-France et des sociétés Oxadis et Clause-Tézier.