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Épiscia de Noël

Il n’y a pas que mon mini saintpaulia à fleurs de violette qui pousse et fleurisse dans mes terrariums. Mon pied d’Episcia ‘Silver Skies’, une autre Gesnériacée miniature, a pris de l’ampleur au fil des mois au point d’occuper tout son terrarium. Il étale son beau feuillage blanc argenté sur lequel se détache de temps à autre des petites fleurs d’un rouge éclatant et vibrant. Un véritable épiscia de Noël !

Episcia 'Silver Skies', Gesnériacées

Tapis d'Episcia 'Silver Skies' dans un terrarium, novembre 2010, photo Alain Delavie

Le feuillage se suffit à lui-même et reste décoratif à longueur d’année. Les fleurs veloutées sont des petites touches de couleur qui apparaissent ici et là, jamais en très grand nombre.

Episcia 'Silver Skies', Gesnériacées

Tapis d'Episcia 'Silver Skies' dans un terrarium, novembre 2010, photo Alain Delavie

Une variété rare, mais qui pousse assez facilement quand on la cultive dans un terrarium sous éclairage artificiel. C’est d’ailleurs un mode de culture que l’on devrait toujours adopter pour les quelques rares potées d’épiscias proposées dans le commerce, car ces plantes ne supportent pas la sécheresse ambiante de nos intérieurs alors qu’elles sont d’une facilité déconcertante dès qu’on leur offre l’ambiance humide qu’elles aiment.

En terrarium, hormis quelques rares arrosages et nettoyages pour ôter les fleurs fanées, les soins sont très réduits. La croissance est assez rapide car en moins d’un an, le petit pied reçu des États-Unis s’est beaucoup étoffé et multiplié, déployant des stolons de tous les côtés.

Episcia 'Silver Skies', Gesnériacées

Tapis d'Episcia 'Silver Skies' dans un terrarium, photo Alain Delavie

Beaucoup de plaisir pour un minimum de soins, c’est pas mal, non ?

Streptocarpus caulescens (Streptocarpella)

Proposée de temps à autre dans les points de vente de jardinage, cette espèce de streptocarpus pousse aussi bien dehors en été à l’ombre claire qu’à l’intérieur dans une pièce très lumineuse.

Potée fleurie d'été

Suspension de Streptocarpus caulescens (Streptocarpella hybride), photo Alain Delavie

J’écris « espèce », mais il semblerait que toutes les plantes du commerce qui ressemblent à celle de la photo ci-dessus ne soient pas des vrais Streptocarpus caulescens, une espèce de la famille des Gesnériacées qui pousse en Afrique du Sud. Ce serait plutôt un hybride et le nom botanique plus exact serait Streptocarpella. Et peut-être Streptocarpella ‘Concord’.

Quelle que soit son identité véritable, c’est une plante facile, qui prend un port étalé à retombant, avec des fleurs bleu azur portées par de longs pétioles très fins. Un aspect très aérien et gracieux !

Potée fleurie d'été

Suspension fleurie de Streptocarpus caulescens (Streptocarpella), photo Alain Delavie

Le feuillage est succulent. Les tiges et les feuilles vert franc sont charnues et très finement duveteuses. Le port de la plante est assez lâche et devient retombant avec l’âge. La floraison se prolonge toute l’année si la plante reçoit suffisamment de lumière et est conservée dans une pièce chauffée sans excès.

La culture à l’extérieur ne pose aucun problème particulier. La plante se plaît à une exposition plutôt ombragée, mais quand même suffisamment lumineuse. Compte tenu de son port étalé à retombant, il est préférable de l’installer dans une suspension ou une potée accrochée à une rambarde ou un mur.

Des arrosages réguliers permettent de maintenir le substrat toujours frais, mais il n’est pas gênant de le laisser sécher un peu en surface. Il ne faut pas trop arroser car ce streptocarpus, comme tous les autres, est sensible à la pourriture des racines et du collet. C’est d’ailleurs une des raisons qui fait que la plante apprécie un pot pas trop volumineux, qu’il ne faut changer que lorsque les tiges sont démesurées par rapport aux dimensions du contenant. Pendant la belle saison, des apports d’engrais liquide pour géraniums soutiennent une floraison plus généreuse.

Ce streptocarpus se bouture très facilement dans l’eau. Du printemps au milieu de l’été, prélevez des extrémités de tiges feuillées, si possible sans fleur. L’enracinement est rapide. Il faut empoter la jeune bouture quand les racines mesurent deux ou trois centimètres au maximum. Le substrat doit être léger, humifère et bien drainant. Préférez un petit godet, quitte à repiquer quelques mois après.

Bon à savoir : si vous souhaitez conserver votre belle potée fleurie pendant la mauvaise saison comme une plante d’intérieur, ne tardez pas trop pour la rentrer en fin d’été. Pas au-delà de la mi septembre, sinon la transition et l’adaptation seraient plus difficiles.

Mini terrarium pour Chirita tamiana

Il y a une semaine je vous montrais mon mini terrarium pour mes orchidées bijoux. J’en ai un deuxième, planté d’une petite Gesnériacée : Chirita tamiana.

Cette plante qui tient dans le creux de la main est donc de la famille des saintpaulias, des codonanthes, des épiscias, des columnéas et des aeschynanthus. Jamais proposée en France à ma connaissance, il est possible de l’acheter en Angleterre, chez Dibleys Nurseries. Mes pieds sont issus de graines que j’avais récolté il y a quelques années sur des pieds que je cultivais dans un grand terrarium, à partir de semences diffusées par la Gesneriad Society, société américaine consacrée aux Gesnériacées, dont je suis membre depuis… Je ne compte plus ! Bref, dès que cette espèce a été diffusée (la Gesneriad Société propose un service de vente de graines avec une liste incroyable d’espèces, régulièrement mise à jour), j’ai commandé des graines et j’ai obtenu facilement des plants, qui fleurissent en quelques mois à peine quand ils sont cultivés en terrarium sous éclairage artificiel.

La plante n’est peut être pas très spectaculaire, mais elle est résolument charmante, tout simplement ! Elle forme une rosette de feuilles ovales vert vif brillantes d’où sortent les hampes florales. Les fleurs sont tubulaires, blanches avec deux marques violettes au coeur. Elles donnent ensuite un fruit allongé, très effilé, rempli de graines très fines (photo ci-dessous). Dans un terrarium, les semences germent facilement, il faut même surveiller pour que les plantes ne soient pas trop serrées. Car cette espèce est vraiment facile à cultiver, même à l’air libre si j’en crois la réussite de Plantine. Pour ma part, je les ai toujours cultivées dans un terrarium éclairé.

Mes plants sont maintenant installés dans un aquarium Nano cube 30 litres Dennerle, le même que celui utilisé pour mes crevettes. J’ai simplement doublé l’éclairage, 2 x 11 watts. J’attends maintenant qu’elles reprennent et se remettent à pousser dans leur nouveau territoire qui leur est entièrement dédié. Jusqu’ici, je les cultivais dans un grand terrarium avec des bégonias, mais ces derniers sont décidément trop envahissants, je devais sans cesse surveiller pour que mes chiritas ne soient pas étouffés. En terrarium, tout va très vite… Des plantes trop serrées, une feuille qui pourrit et c’est toute une branche ou une touffe qui périt. Aussi, j’ai maintenant un grand terrarium à bégos, un petit à orchidées bijoux, un petit à chiritas. J’en ai d’autres en préparation, mais je dois d’abord trouver le meuble qui va les supporter.

Un peu d’histoire concernant cette espèce miniature, tiré de l’article de John Boggan, du département de botanique du Smithsonian Institute à Washington, publié fin 1999 dans le journal de la Gesneriad Society, qui s’appelait à l’époque The Gloxinian : il y a à peu près 20 espèces de chiritas au Vietnam, et, exception faites de deux espèces annuelles de la section Microchirita considérées comme des mauvaises herbes, les espèces sont très peu connues. Chirita tamiana a été récoltée par une expédition de botanistes russes et vietnamiens en 1986 sur le mont Tam Dao, au Nord Ouest d’Hanoi, la capitale du Vietnam. Les premières plantes ont fleuri au jardin botanique de Saint-Petersbourg en 1991. Elle a transité ensuite par les jardins botaniques de Liberec (République tchèque), l’Université de Vienne et le Royal Botanic Garden d’Edinburgh en Écosse. Elle a été importée aux Etats-Unis par Anna Weitzman, collègue de John Boggan lors d’un voyage effectué en mai 1998 au Royal Botanic Garden. À l’époque, la plante a été introduite sous le nom erroné de Chirita eberhardtii. Il s’agissait en fait d’une espèce encore non dénommée, ce qui fut fait en 1999 lors de la convention de l’American Gloxinia and Gesneriad Society (devenue depuis la Gesneriad Society) qui se déroulait à Nashville, Tennessee (USA) : Chirita tamiana B. L. Burtt.

Le type a été cultivé au Royal Botanic Garden d’Edingburgh sous le n° 199811743 (E). Origine : N. Vietnam, Prov. Vinh Phu, Tam Dao (NO de Hanoi), coll. Soviet-Vietnamese Expedition 1986, N° 114.