Label ÉcoJardin

Le 1er février 2019 à Paris s’est tenue la septième rencontre EcoJardin. Ce temps fort annuel valorise les nouveaux sites labellisés et les expériences exemplaires de la saison écoulée. 2018 a été une année particulièrement importante pour la dynamique du label.

EcoJardin a en effet franchi la barre des 400 sites labellisés et le label est reconnu dans le cadre du Plan Biodiversité comme un levier de valorisation pour les collectivités qui agissent en faveur de la biodiversité. 2018 conforte également l’attrait du label auprès d’autres gestionnaires avec la labellisation du premier siège social d’entreprise de paysage, du premier campus universitaire et du premier centre hospitalier. Animée par Plante & Cité et l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France depuis 2012, la démarche EcoJardin est à la fois un outil technique, un label et un réseau d’échanges.

Plus de 400 sites labellisés

En ouverture de la rencontre, les partenaires ont dressé un bilan positif de la labellisation en 2018 avec 114 espaces verts labellisés dont 33 nouveaux et 81 renouvellements, ce qui porte à 414 le nombre total de sites EcoJardin. Depuis son lancement en 2012, seuls 14 sites n’ont pas renouvelé le label, soit un taux de renouvellement de 96%. Ce fort taux de renouvellement conforte la démarche EcoJardin comme outil d’amélioration continue des pratiques. Les gestionnaires d’espaces verts labellisés apprécient en effet de pouvoir mesurer les résultats de leurs efforts en s’inscrivant dans un processus de renouvellement. Attribué pour une durée initiale de 3 ans, la durée du renouvellement a été étendue à 5 ans en 2018 (après un premier renouvellement), pour permettre aux gestionnaires de mieux mettre en œuvre les préconisations des auditeurs.

Pour entrainer encore plus loin les gestionnaires, le référentiel et les critères de labellisation sont régulièrement mis à jour. Cette année, le comité technique a choisi d’élever encore l’exigence du critère essentiel concernant les produits phytosanitaires en interdisant, en plus des exigences initiales, tout produit ayant un quelconque classement (classes de danger définies dans le règlement CLP 1972-2008). Au-delà du fait que l’immense majorité des sites labellisés n’utilise aucun produit phytosanitaire, aucun usage orphelin lié aux problématiques prioritaires en espaces verts n’a été répertorié.

Un levier important pour les collectivités et professionnels

La remise des certificats aux gestionnaires des 114 espaces verts labellisés en 2018 a été l’occasion pour Brice Huet, adjoint au directeur de l’Eau et de la Biodiversité du Ministère de la Transition écologique et solidaire de remercier et de féliciter l’ensemble des labellisés. Il a rappelé que le label EcoJardin est identifié comme un levier important de valorisation des pratiques des collectivités dans les Plans Biodiversité et Ecophyto II. Les exemples de pratiques écologiques issues du réseau EcoJardin sont de formidables outils de communication et de promotion des démarches de gestion durables et favorables à la biodiversité.

Les sites EcoJardin représentent notamment un vivier d’expériences pour les espaces les plus problématiques et sensibles tels que les cimetières. Pour ces espaces aux enjeux culturels forts, les freins à lever sont autant techniques que sociaux. Les villes de Dijon et de Besançon, gestionnaires de cimetières labellisés, ont pu témoigner des solutions et des difficultés rencontrées sur ces espaces. Le référentiel EcoJardin leur consacre une partie spécifique. Il est également rappelé l’existence de deux guides techniques « Paysages et entretien des cimetières » » édité par Plante & Cité et « Conception et gestion écologique des cimetières » édité par l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de- France.

De plus en plus d’entreprises se lancent dans la démarche

Sur l’ensemble des gestionnaires engagés dans le label, 54% sont des collectivités territoriales, 24% des entreprises et 22% des établissements d’enseignement. Depuis quelques années, des entreprises, bailleurs et gestionnaires de parcs d’activité font labelliser leurs sièges ou leurs espaces verts. Si elles sont majoritairement franciliennes, 2018 voit arriver des entreprises d’autres régions : la Soclova, bailleur angevin, et le centre hospitalier La Chartreuse à Dijon.

Par ailleurs, les entreprises de paysage sont des acteurs majeurs de la gestion écologique. Elles entretiennent des sites labellisés, comme l’entreprise Marcel Villette (92) qui entretient le cimetière des Fauvelles de la ville de Courbevoie (labellisé en 2016). Cette entreprise est la première à avoir choisi de faire labelliser son siège social, pour faire reconnaitre et montrer son savoir-faire auprès de ses clients. La démarche EcoJardin contribue aussi à intégrer la gestion écologique dans la culture de l’entreprise. C’est notamment le cas de l’entreprise Péra Paysages qui a été force de proposition pour accompagner la ville de Marseille dans l’obtention du label EcoJardin pour le Parc de la Colline Saint-Joseph. La démarche EcoJardin a été fédératrice pour l’ensemble de ses équipes, tant en termes de formations que de mise en place de nouvelles pratiques. En cela, le référentiel de gestion écologique apparait comme un support technique qui permet un langage commun entre donneurs d’ordre et entreprises.

EcoJardin : un outil éducatif

La labellisation des parcs et jardins peut également être un support d’enseignement sur la gestion écologique comme ont pu en témoigner l’Ecolothèque de Montpellier Méditerranée Métropole, la MFR de l’Ouest Lyonnais, le Lycée Le Mené ou encore le Campus universitaire de Paris-Nanterre, premier campus labellisé EcoJardin. Pour ce dernier, qui dispose d’une équipe de 7 jardiniers en régie, se lancer dans une labellisation EcoJardin a été l’occasion de bien connaître les usages des différents espaces et de travailler sur les pratiques et la biodiversité.

D’autres gestionnaires ont utilisé la démarche EcoJardin à ces fins. Ainsi, pour la SOCLOVA, la labellisation EcoJardin de la résidence « Les Pléiades » a été une occasion de recréer du lien entre ses équipes en régie et les résidents, qui sont devenus très engagés pour la qualité écologique de leurs espaces verts. Enfin, pour le centre hospitalier La Chartreuse (premier hôpital à recevoir le label), la gestion écologique et la présence de nature sont des enjeux forts pour leurs bénéfices sur la santé des patients.

Nouvelles actions pour valoriser la gestion écologique en 2019

Afin de valoriser les sites labellisés et les pratiques écologiques, EcoJardin se dotera d’un nouveau site Internet à la fin du printemps 2019. Une exposition photos sur les parcs et jardins en gestion écologique verra le jour et sera mise à disposition à compter du second semestre 2019. Les partenaires continueront à promouvoir la démarche EcoJardin lors des congrès et des salons professionnels de la filière.

Les gestionnaires qui souhaitent s’engager dans une labellisation EcoJardin en 2019 peuvent s’inscrire en ligne à tout moment de l’année. Pour les accompagner, un manuel du candidat a été publié et les grilles d’évaluation sont téléchargeables. Les sessions de labellisation ont lieu à la fin des mois de juin et novembre.

www.label-ecojardin.fr