oiseaux – Paris côté jardin

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Conférence sur les corneilles à Paris le 21 juin 2018

Affiche de la conférence sur les corneilles à Paris, ARB îdF, juin 2018Dans le cadre de son cycle de conférences pour le grand public, l’ARB Île-de-France vous propose de rencontrer Frédéric Jiguet, professeur en biologie de la conservation au Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), directeur du Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO), qui gère le baguage des oiseaux en France.

Les corneilles parisiennes sont sujettes à polémiques… Vandalisme des poubelles occasionnant des problèmes de propreté, arrachage des jeunes plants dans les espaces verts, voire intimidation des usagers des parcs et jardins, la cohabitation s’avère parfois difficile. Afin d’étudier leur dispersion et proposer aux gestionnaires d’espaces verts et aux parisiens des solutions efficaces pour atténuer les nuisances que cette espèces peut poser, le Muséum a lancé en 2015 un programme participatif de capture et de baguage des corneilles dans Paris.

En 3 ans, plus de 250 corneilles noires ont été capturées et baguées dans Paris, générant plus de 4500 observations par plus de 100 participants. Les résultats de cette étude montrent que ces oiseaux sont très mobiles et ne sont pas inféodés à un espace vert particulier. La majorité des corneilles parisiennes sont de jeunes oiseaux de moins d’un an, qui arrivent massivement dans la ville depuis les campagnes entre juillet et octobre, période de dispersion juvénile. Ils visitent les grands jardins où la nourriture est abondante, dans les poubelles ou devant les pique-niqueurs…

Frédéric Jiguet abordera quelques éléments sur la biologie et les comportements de cette espèce et reviendra sur son installation et son développement au cœur de la capitale parisienne. Il vous présentera ensuite les résultats de son étude et les mesures de gestion pour permettre une cohabitation sereine et pacifique entre la corneille et l’homme. Il vous montrera même que la corneille peut s’avérer être un moteur de reconnexion de l’habitant urbain avec la nature.

Informations pratiques
Jeudi 21 juin 2018 de 19h à 21h
Halle Pajol – Auberge de Jeunesse, 18/22 ter, rue Pajol, 75018 Paris.
Métro : ligne 12, station Marx Dormoy.
Entrée gratuite. Inscription conseillée

Week-end de comptage des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018

Logo LPO
Pour la 6e année consécutive, la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) invitent les citoyens à participer au comptage national des oiseaux des jardins les 26 et 27 mai 2018. Le but ? Établir un suivi des populations d’oiseaux de proximité afin d’évaluer leur état et préconiser ainsi des mesures de protection. Ce deuxième comptage annuel qui fait suite à celui de janvier constitue une manière simple pour chaque citoyen, adhérent ou non à la LPO, d’agir concrètement en faveur de la connaissance et de la protection de notre avifaune.

Logo Muséum National d'Histoire Naturelle

En pleine période de reproduction, les oiseaux sont moins abondants dans les jardins que durant l’hiver mais de nombreuses espèces sont tout de même observables. Parmi les plus communes : le Merle noir, le rouge-gorge et la Mésange charbonnière. Les plus chanceux pourront aussi observer la Huppe fasciée ou le Rougequeue à front blanc, des visiteurs saisonniers.

Merle sur mon balcon parisien en hiver, Paris 19e (75)À l’occasion de ce comptage du dernier weekend de mai, les citoyens pourront découvrir la grande diversité d’oiseaux qui visitent les jardins et qui, pour certains, sont menacés de disparition, comme le Verdier d’Europe ou le Bouvreuil pivoine (classés Vulnérables sur la Liste Rouge UICN). Chaque année depuis 2013, des milliers d’observateurs partagent leurs données et contribuent à faire avancer la connaissance des oiseaux de nos jardins.

Forts des observations issues de ces comptages, des états des lieux des oiseaux présents dans nos jardins pourront être dressés. Et contre toute attente, les données collectées fin janvier 2018 présentent un grand nombre d’oiseaux à la mangeoire, à l’instar des Grosbecs casse-noyaux, Tarin des aulnes et Mésanges noires qui sont arrivés massivement dans nos jardins cet hiver ! (voir bilan)

Les prochaines observations collectées pour le comptage de mai permettront de mesurer l’abondance des espèces venues nicher dans les jardins. Les migrateurs comme les hirondelles et le Rougequeue à front blanc seront-ils présents en nombre ? Le Grosbec casse-noyaux et la Mésange noire dénombrés cet hiver seront-ils encore présents fin mai dans les jardins ?  À vous d’aider la LPO et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) à le savoir !

À vos agendas donc pour ce prochain weekend de comptage de mai. Il n’est pas nécessaire d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qui se passe dans son jardin et de savoir compter. Facile ! (suite…)

Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse

Les derniers résultats de deux études de suivi des oiseaux, l’une menée à une échelle nationale, l’autre plus localement, viennent d’être diffusés. Les chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à grande vitesse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans. Au vu de l’accélération des pertes ces deux dernières années, cette tendance est loin de s’infléchir…

Grâce à des ornithologues amateurs et professionnels qui identifient et comptent les oiseaux sur tout le territoire métropolitain, le STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs, un programme de sciences participatives porté par le Muséum national d’Histoire naturelle au sein du CESCO), produit des indicateurs annuels sur l’abondance des espèces dans différents habitats (forêt, ville, campagne etc.). Les relevés effectués en milieu rural mettent en évidence une diminution des populations d’oiseaux vivant en milieu agricole depuis les années 1990. Les espèces spécialistes de ces milieux, comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans. Et les chiffres montrent que ce déclin s’est encore intensifié en 2016 et 2017.

Alouette des champs, Alauda arvensis, photo Fotolia / mirkograul
Ces résultats nationaux sont confirmés par une seconde étude menée à une échelle locale sur la Zone atelier « Plaine & Val de Sèvre » portée par le CNRS. Depuis 1995, des chercheurs du CEBC suivent chaque année, dans les Deux-Sèvres, 160 zones de 10 hectares d’une plaine céréalière typique des territoires agricoles français. En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées. Ce déclin frappe toutes les espèces d’oiseaux en milieu agricole, aussi bien les espèces dites spécialistes – fréquentant prioritairement ce milieu -, que les espèces dites généralistes – retrouvées dans tous les types d’habitats, agricoles ou non. Or d’après le STOC, les espèces généralistes ne déclinent pas à l’échelle nationale ; la diminution constatée est donc propre au milieu agricole, sans doute en lien avec l’effondrement des insectes.

Cette disparition massive observée à différentes échelles est concomitante à l’intensification des pratiques agricoles ces 25 dernières années, plus particulièrement depuis 2008-2009. Une période qui correspond entre autres à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune, à la flambée des cours du blé, à la reprise du sur-amendement au nitrate permettant d’avoir du blé sur-protéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes, insecticides neurotoxiques très persistants.

Ces deux études, menées toutes deux sur une vingtaine d’années et à des échelles spatiales différentes, révèlent l’ampleur du phénomène : le déclin des oiseaux en milieu agricole s’accélère et atteint un niveau proche de la catastrophe écologique. En 2018, de nombreuses régions de plaines céréalières pourraient connaître un printemps silencieux (« Silent spring ») annoncé par l’écologue américaine Rachel Carson il y a 55 ans à propos du tristement célèbre DDT interdit en France depuis plus de 45 ans. Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance.

Comment aider les oiseaux victimes du froid

Le gel et la neige qui ont touché la France menacent de nombreux animaux. Avec l’arrivée du froid, l‘accès aux ressources devient difficile ou impossible pour les oiseaux qui s’épuisent rapidement, limitent leurs déplacements et sont, de fait, plus vulnérables, à l’instar des merles, perdrix, rouge-gorge… Voici quelques gestes simples préconisés par la LPO pour leur venir en aide.

Logo LPOQuand nourrir les oiseaux ?
La LPO préconise un nourrissage seulement durant la mauvaise saison, en période de froid prolongé. Le nourrissage peut globalement être pratiqué de la mi-novembre à fin mars. Il n’est pas conseillé de nourrir les oiseaux au printemps et en été car beaucoup d’entre eux deviennent insectivores à cette saison et cela peut créer une relation de dépendance vis-à-vis des jeunes oiseaux nés dans l’année qui doivent apprendre à se nourrir par eux-mêmes.

Où placer les mangeoires et les abreuvoirs ?
La LPO conseille de placer les équipements pour les oiseaux au centre du jardin, dans un endroit dégagé, éloigné des murs, buissons et branches latérales afin d’éviter l’accès aux prédateurs. Placer les mangeoires de manière à ce qu’elles soient visibles depuis une fenêtre permet de profiter du spectacle. Le nourrissage des oiseaux en hiver engendre des rassemblements d’oiseaux, parfois conséquents. Afin d’éviter la propagation de maladies, il est conseillé de disperser les mangeoires et abreuvoirs et de les nettoyer régulièrement. L’installation d’équipements différents (à poser, à suspendre, sur pieds avec système de plateau, de distributeur…), est souhaitable.

Quelle nourriture donner aux oiseaux ?
Les oiseaux étant des animaux à sang chaud, il n’est pas conseillé de leur donner trop de graisse animale (lard, suif, saindoux…). Éviter le pain. Les graisses d’origine végétale doivent être privilégiées, si possible à base d’huile de colza. Attention à ne jamais donner de lait aux oiseaux : ils ne peuvent pas le digérer et celui-ci peut être responsable de troubles digestifs mortels. Seuls les dérivés laitiers cuits, tels que le fromage, peuvent être donnés en très petite quantité. Les mélanges de graines très bon marché composés de pois, de lentilles et de riz doivent aussi être évités ainsi que les biscuits pour animaux domestiques.

Les meilleurs aliments
Le mélange optimal de graines est composé d’1/3 de tournesol noir, de cacahuètes et de maïs concassé ;
Pain de graisse végétale simple ;
Pain de graisse végétale mélangé avec des graines, fruits rouges ou insectes ;
Graines de tournesol (non grillées et non salées), si possible non striées, les graines noires sont meilleures et plus riches en lipides ;
Cacahuètes (non grillées et non salées) ;
Amandes, noix, noisettes et maïs concassés (non grillées et non salées) ;
Petites graines de millet ou d’avoine ;
Fruits décomposés (pomme, poire flétrie, raisin).

Comptage national des oiseaux des jardins les 26 et 27 janvier 2018

Logo LPO
Pour la 6ème année consécutive, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) invitent les citoyens à recenser les visiteurs ailés de leurs jardins durant une heure les 27 et 28 janvier 2018 pour le comptage national des oiseaux des jardins.

Logo Muséum National d'Histoire NaturelleCette initiative vise à établir un suivi des populations d’oiseaux de proximité afin d’évaluer leur état et préconiser des mesures de protection. Dans le cadre des sciences participatives, chacun peut s’investir dans ce projet : en ville ou à la campagne, sur un balcon ou dans un grand jardin, seul ou en famille. Ce comptage annuel constitue une manière concrète pour chaque citoyenne et chaque citoyen, adhérent ou non à la LPO, d’agir concrètement en faveur de la connaissance et de la protection de notre avifaune.

Quoi de neuf dans le jardin cet hiver ?
À l’inverse de la saison passée, les oiseaux semblent bien présents dans les jardins cet hiver. Certaines espèces présenteraient même un nombre inhabituel d’effectifs. C’est le cas du Grosbec casse-noyaux observé en nombre dans une très grande partie de la France du fait d’une arrivée massive d’oiseaux depuis le Nord de l’Europe. Déjà durant l’automne, 26% des jardins participants à l’Observatoire ont accueilli au moins 1 fois cette espèce, contre seulement 1 à 6% des jardins pendant les automnes 2014 à 2016. Les participants au comptage hivernal de cette année auront donc plus de chance d’observer des Grosbecs. D’autres espèces semblent également impactées, c’est le cas de la Mésange noire, qui a été vue dans 20% des jardins contre seulement 4 à 9% les années précédentes.

De fait, les experts pensent que d’autres espèces pourraient aussi être observées en plus grand nombre cet hiver : le Bec-croisé des sapins et les Sizerins cabarets et flammés.
Alors tous aux fenêtres pour participer au comptage des oiseaux des jardins les 27 et 28 janvier 2018. Il n’est pas nécessaire d’être un expert, il suffit d’avoir un peu de temps, d’aimer regarder ce qu’il se passe dans son jardin et de savoir compter.

Comment faire ?

  • Choisir un jour d’observation, samedi 27 ou dimanche 28 janvier 2018, et un créneau d’une heure, idéalement en fin de matinée ou début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes.
  • Trouver un lieu d’observation, un jardin ou un balcon, à la ville ou en campagne. Un parc public peut également servir de lieu d’observation.
  • Compter et noter durant une heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaitre plus facilement, une fiche d’aide est à la disposition des participants.
  • Transmettre les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins

Étude de l’impact de différentes pratiques agricoles sur les chauves-souris et les oiseaux

Champs de blé en hiver, photo Fotolia / DmytroLes chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO) viennent de montrer que des changements simples de pratiques peuvent réduire les impacts négatifs de l’agriculture sur la biodiversité.

La biodiversité dans les campagnes subit une sévère érosion dont l’intensification agricole est une des causes majeures. Pourtant, très peu d’études ont jusqu’ici comparé les effets de changements précis dans les pratiques agricoles sur les groupes d’animaux situés au sommet des réseaux trophiques, constituant de bons indicateurs biologiques et rendant des services écosystémiques considérables. Les chercheurs du Centre d’Écologie et des Sciences de la Conservation (CESCO : Muséum national d’Histoire naturelle / CNRS / UPMC – Sorbonne Universités) ont ainsi étudié l’impact sur les chauves-souris et les oiseaux de différentes pratiques agricoles.

En comparant l’activité des chauves-souris sur différents champs de blé conventionnels et un champ biologique en Ile de France, les résultats d’une première étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution, montrent que l’activité est plus importante dans le système biologique, ainsi que sur les exploitations conventionnelles où le travail du sol a été réduit. De plus, le bénéfice dû à la diminution du travail du sol s’avère nettement plus important lorsqu’on diminue les passages d’herbicides, sans que cela n’affecte les rendements. Dans une seconde étude, publiée dans Agriculture, Ecosystems and Environement et menée sur des exploitations conventionnelles, les résultats indiquent que l’effet de la réduction du travail au sol sur l’abondance des oiseaux agricoles dépend de la méthode de contrôle des adventices utilisée. En effet, lorsqu’un couvert herbacé est utilisé, l’abondance des oiseaux est nettement plus élevée ; tandis que l’usage uniquement d’herbicides lui est très néfaste.

Ces travaux mettent en évidence les impacts négatifs de l’utilisation d’herbicides et du travail du sol sur deux groupes d’animaux, qui témoignent aussi d’une plus large perte de biodiversité (insectes notamment). Or, des améliorations importantes peuvent être facilement réalisées en agriculture conventionnelle, passant par la diminution du travail du sol et les types de gestion des adventices qu’elle engendre. Des changements de pratiques qu’il devient urgent de promouvoir pour sauvegarder la biodiversité agricole.

Références
Kévin Barré, Isabelle Le Viol, Romain Julliard, François Chiron, Christian Kerbiriou. Tillage and herbicide reduction mitigate the gap between conventional and organic farming effects on foraging activity of insectivorous bats. Ecology and Evolution. 2017;00:1–11 : https://doi.org/10.1002/ece3.3688
Kévin Barré, Isabelle Le Viol, Romain Julliard, Christian Kerbiriou. Weed control method drives conservation tillage efficiency on farmland breeding birds. Agriculture, Ecosystems and Environment. 2018. 256: 74-81 : https://doi.org/10.1016/j.agee.2018.01.004