Exposition « Salons » dans le Domaine de Chamarande (Essonne)

Exposition "Salons" dans le Domaine de Chamarande (Essonne)

Le Domaine de Chamarande est un site un paysager et culturel de 98 hectares unique en son genre. Propriété du Conseil général de l’Essonne, il est labellisé « Jardin remarquable », réunit un patrimoine bâti et naturel d’exception, et fait une large place aux arts visuels et au spectacle vivant, en s’offrant gratuitement à tous les publics. Pour la saison 2012, le Domaine fait le choix audacieux de s’affirmer en tant que lieu de partage d’expériences dans un esprit de culture durable en faisant la synthèse entre la valorisation du patrimoine, la mise en place d’un projet artistique innovant et ouvert à tous, et la préservation de l’environnement.

Pour cela, le Domaine s’est entouré de COAL – coalition pour l’art et le développement durable -, association créée en 2008 et notamment composée d’un curator, Lauranne Germond, d’un paysagiste, Clément Willemin, et d’un directeur du développement durable, Loïc Fel. Cette collaboration a donné lieu à la programmation « Salons », laboratoire artistique et éco-responsable, dont l’artiste et la société sont partie prenante et agissent en co-création.

Pour affirmer cette nouvelle orientation, « Salons » propose des installations, des performances, des rencontres, des ateliers, des débats, des projections, des résidences et… la collaboration de nombreux artistes et architectes familiarisés ou non aux questions écologiques et sociales, dont Michel de Broin, Thierry Boutonnier, Pauline Bastard, Julien Prévieux, Nicolas Floc’h… le duo londonien Ackroyd & Harvey, Brandon Ballengée, Freaks architectes…

Un lieu d’expérimentation artistique pour une culture durable
Situé au cœur géographique de l’Essonne, dans sa frange rurbaine, le Domaine de Chamarande se présente comme un lieu d’expériences idéal pour interroger les savoir-faire et les savoir-vivre en lien avec notre environnement naturel. Le projet se conçoit comme un laboratoire pour tous, dont l’artiste et la société sont partie prenante et agissent en co-création, dans un esprit de « culture durable ».
Au moment où il devient nécessaire d’interroger nos comportements et de changer notre rapport à la consommation, il est important de s’ouvrir aux productions de plus en plus nombreuses d’artistes qui cherchent à se réapproprier la connaissance du vivant, à repenser le rapport de l’homme à la nature.

Un lieu d’expériences, idéal pour interroger les savoir-faire et les savoir-vivre en lien avec notre environnement naturel
À Chamarande, seront ainsi présentés des projets qui s’appuient non seulement sur l’art des jardins et le patrimoine historique mais aussi sur l’écosystème du parc, la spécificité écologique et sociale de l’Essonne, et plus largement de l’Île-de-France. Ils sont menés par des artistes en collaboration avec des professionnels, des scientifiques, des acteurs de l’écologie, des institutions et associations locales, des riverains et des particuliers. Un programme transdisciplinaire de rencontres, d’ateliers, de débats, de projections et de partage d’expériences traduit cette volonté.

Un projet global, co-porté par des collectifs
Les réflexions qui émergent aujourd’hui autour des nouveaux enjeux culturels – au point de présenter la culture comme le 4e pilier du développement durable, aux côtés des piliers économique, social et environnemental -, se traduisent par un renouvellement des modalités d’action publique.

Afin de favoriser des démarches plus ascendantes et des approches plus transversales, et de valoriser le partage d’expériences dans le domaine artistique ou intellectuel, il convient de renouer avec des projets collectifs que Chamarande a connus par le passé, introduisant la nécessité de travailler à une autre échelle que celle du seul Domaine, en intégrant un nombre toujours croissant de partenaires.

Le Fonds départemental d’art contemporain de l’Essonne
Outre sa programmation artistique et culturelle, le Domaine de Chamarande a pour mission de constituer et de diffuser la collection du Fonds départemental d’art contemporain (FDAC) de l’Essonne. Depuis plus de dix ans, le Domaine commande et acquiert des œuvres d’art contemporain afin de constituer un patrimoine vivant.

Le FDAC de l’Essonne regroupe d’une part des œuvres préexistantes aux contenus et aux expressions artistiques, esthétiques ou philosophiques extrêmement diverses, sans exclusive de média (peintures, sculptures, vidéos, installations, dessins, photographies). D’autre part, la collection

Un atelier de restauration,
des moyens de rationalisation de gestion de la collection,
ainsi que l’ouverture au public des espaces de conservation
font en effet de ce pôle
un enjeu majeur du développement du projet artistique et culturel.

est composée d’œuvres créées pour le lieu, en dialogue avec lui, regroupées sous le titre L’esprit des lieux, dans des modalités qui évoquent celles des commanditaires d’antan ou encore l’esprit des cabinets de curiosité.

Constituée aujourd’hui de près de 300 œuvres, la collection du FDAC de l’Essonne est largement diffusée par le biais d’expositions et de dépôts d’œuvres, accompagnée d’une importante dynamique de médiation pédagogique qui facilite la relation des publics aux œuvres. Les expositions du FDAC « hors les murs », aux modules légers, font l’objet d’une médiation spécifique.

« La Fabrique » : Les nouvelles réserves de la collection
L’achèvement de « La Fabrique », qui comprend des réserves spécialement dévolues à la conservation et à l’étude des œuvres de la collection du FDAC, est un nouvel atout pour le Domaine. Des espaces d’étude, un atelier de restauration, des moyens de rationalisation de gestion de la collection, ainsi que l’ouverture au public des espaces de conservation, font en effet de ce pôle un enjeu majeur du développement du projet artistique et culturel.

Les réserves permettront de développer une présentation didactique dans une approche « métier », à même de répondre aux questionnements du public sur la démarche artistique (de la création à la conception) et la pratique scientifique (autour de la conservation et de l’environnement).

« La Fabrique », Chamarande au XXIe siècle
Afin d’accueillir les nouvelles réserves du Fonds départemental d’art contemporain, Hervé Levaseux, architecte adepte des formes épurées, a proposé d’implanter sur le Domaine de Chamarande un bâtiment linéaire en fond de perspective. Ancré dans la topographie de façon à créer un point fort à la limite Nord-Est du parc, il évoque l’architecture moderniste du XXe siècle qui parsème déjà le site, héritage d’Auguste Mione, dernier propriétaire privé du Domaine.

Le projet architectural de 20 m de longueur, qui abrite à la fois ateliers techniques et réserves de la collection du Fonds départemental d’art contemporain, se caractérise par des façades plates sans ornementation qui permettent de mettre en évidence les matériaux, la lumière et la pureté des lignes en dialogue avec le paysage.

Surface totale du bâtiment : 2 198 m2.
Surface FDAC : 702 m2.
Surface réserves : 538 m2 pour un volume de 2 000 m3.

Le parti pris architectural est porté par quelques idées maîtresses qui ont fondé le projet :

  • Le bâtiment belvédère sur sa façade Ouest est conçu comme un mur d’enceinte, à l’échelle du paysage. Le site est ainsi marqué par le grand mur maçonné, réalisé en pierre de taille de teinte claire dans une recherche de matérialité en dialogue avec la minéralité du site ;
  • La toiture donne sa silhouette au bâtiment et fait apparaître un volume « en creux » au-dessus du mur. Tel un promontoire, un balcon à l’échelle du paysage est créé ;
  • Une structure, faite de portiques bois rythme la façade Est sur une trame de 5.20 mètres, libère les espaces de murs structurels et s’accorde avec la faible portance du sol.

L’ensemble du bâtiment et les baies vitrées sont soigneusement enveloppés par un claustra bois, éclairant naturellement les locaux. Cette vue vers l’Ouest est complètement intégrée dans la nature par ce jeu de lamelles de bois qui recouvrent la façade et finissent par rendre le bâtiment à la nature.

Cela a conduit à tisser des liens de connivence avec des collectifs de programmation :

  • Un collectif de programmation « création contemporaine » : COAL coalition pour l’art et le développement durable. Avec le principe de l’ »artiste comme partie prenante », le collectif renonce à penser la place de l’artiste à la marge ou au centre de la société ; il l’envisage plutôt en immersion dans le monde. Le collectif collabore avec l’équipe de Chamarande à la programmation des expositions, aux résidences et aux orientations concernant l’animation de la vie locale. Il conseille sur les choix relatifs à la politique de développement durable du Domaine, et assure l’interface avec les artistes et les acteurs culturels.
  • Un comité de programmation « spectacle vivant », composé d’agents du Conseil général et de personnalités qualifiées : Pedro Garcia, directeur de « Chalon dans la rue » (Chalon- sur-Saône), Véronique Lécluse, programmatrice danse et jeunes publics (Noisy-le-Grand), Pascal Lebrun-Cordier, directeur des Zones artistiques temporaires de Montpellier, et Dominique Goudal, ancienne directrice de l’Espace Jules Verne (Brétigny-sur-Orge) et du festival Dedans-Dehors.

Salons, convivialité, écologie et vie pratique
Cet été, le Domaine de Chamarande fait « Salons » autour de nouveaux dispositifs de convivialité, imaginés par des artistes et des architectes. À partir d’œuvres et de lieux à penser, à pratiquer soi-même, d’actions artistiques, de rencontres et de réjouissances, le Domaine de Chamarande vous propose de vivre une nouvelle expérience à la fois consciente et hédoniste mêlant l’intime et le collectif.

« Les Salons » furent des assemblées enthousiastes, nées des Lumières, qui favorisèrent l’émancipation de la bourgeoisie et des femmes. Lieux de culture, d’échange, de débat, « Les Salons » – en défendant une certaine idée de la socialité – permirent l’émergence d’une nouvelle pensée politique. Aujourd’hui, ils désignent plus sûrement les vitrines, technologiques et commerciales, mais rarement artistiques, des différents secteurs de l’économie. Revisité, le salon devient une notion dynamique, questionnant des problématiques globales en les reconnectant à la sphère intime et familière.

Dans une société de 7 milliards d’individus, il apparaît comme un modèle politique plausible pour une génération « affalée », renouvelant une idée du bien commun qui pourrait succéder à celle du bonheur individuel. Le lien entre le salon individualiste et le salon idéaliste est plus que jamais nécessaire. C’est dans cette optique que les artistes invités au Domaine de Chamarande vous proposent une vision décalée, prospective et contemporaine du Salon.

Outre une réflexion sur les enjeux sociaux et globaux, ce nouveau salon se rapproprie une intelligence et une curiosité de son milieu. Il redevient un lieu d’échange d’acteurs désireux de bâtir ensemble une nouvelle culture du « local ». Plus que jamais, faire salon est une méthode. Inspirée de la culture du développement durable et de son approche co-créative, la consultation des parties en amont des décisions mise sur la complémentarité des acteurs au sein des projets. L’écosystème complet du Domaine devient ainsi l’enjeu même de l’exposition.

Revisité, le Salon devient une notion dynamique,
questionnant des problématiques globales
en les reconnectant à la sphère intime et familière.

Des artistes en résidence collaborent directement à l’élaboration d’une gestion écologique et différenciée du Domaine de Chamarande, et plus largement du territoire essonnien : observation des espèces menacées, régulation de celles dites « invasives » ou « nuisibles », introduction de moutons pour l’entretien des espaces verts, questionnements sur la ville en transformation et l’agriculture contemporaine… Le public, les professionnels et les acteurs locaux prennent part à ces expérimentations de terrain sur un mode contributif et participatif.

Dans le parc, des projets constructifs, pérennes ou éphémères, sont réalisés sur le modèle de la coproduction entre artistes, jardiniers, techniciens, médiateurs, institutions et fabricants. Une attention toute particulière est portée au contexte, au cycle de vie des matériaux, à la gestion des ressources : de l’énergie et des déchets.

Domaine départemental de Chamarande
38, rue du Commandant Arnoux,
91730 Chamarande.
Tél. : 01 60 82 52 01 ou 01 60 82 26 57.
E-mail : chamarande@essonne.fr

Ouverture du parc :

  • Avril-mai de 9h à 19h;
  • Juin-septembre de 9h à 20h;
  • Octobre de 9h à 18h;
  • Novembre-janvier de 9h à 17h;
  • Février-mars de 9h à 18h.

Ouverture du château et des fabriques :
Pendant les périodes d’exposition à partir de 12h.

Situé à 30 km d’Évry et à 35 km au sud de Paris, le site est accessible par :

  • RER C : Gare de Chamarande, à 200 m du Domaine.
  • N20 : Entre Arpajon et Étampes, sortie Étréchy-Chamarande.

Toutes les manifestations et activités sont gratuites.
Retrouvez toute l’offre culturelle sur www.chamarande.essonne.fr

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