Archives de mots clés: peste végétale

La renouée persicaire, une peste qui ne manque pas de charme

Renouée persicaire ou pied-rouge (Polygonum persicaria), 3 juillet 2012, photo Alain Delavie

Fréquente dans les endroits dégagés et suffisamment humides des jardins, cette renouée annuelle (Persicaria maculosa) pousse vite et beaucoup, couvrant vite les plates-bandes où elle entre en compétition avec les fleurs et les légumes qu’elle arrive à étouffer sous son opulence.

Renouée persicaire ou pied-rouge (Persicaria maculosa)

Mais quand on regarde cette plante annuelle d’un peu plus près, son feuillage vert vif maculé de pourpre noir (d’où son nom commun de fer à cheval) et sa floraison en épis rose vif et blanc ne sont pas dénués d’intérêt. Installée dans un endroit où elle ne gêne pas, cela pourrait être une plante fort sympathique. (suite…)

Le galinsoga fleurit coûte que coûte

Toute peste végétale n’a qu’une obsession dans sa vie de mauvaise herbe, c’est d’assurer sa descendance, soit en envoyant partout des racines traçantes ou des gourmands, soit en fleurissant tant et plus et en expulsant un peu partout ses graines. C’est pourquoi le petit galinsoga cilié (Galinsoga ciliata) continue à fleurir et donner des semences qui viendront repeupler les coins de terre nue dès le retour de la belle saison.

Galinsoga velu (Galinsoga ciliata) dans le cimetière du Père Lachaise, Paris 20e (75)

Quand on le regarde d’un peu près, ce galinsoga velu est assez mignon… Les petites fleurs sont même charmantes je trouve. Elles ont un faux air de minuscules pâquerettes aux « pétales » (en fait des ligules) clairsemés.

Galinsoga velu (Galinsoga ciliata) dans le cimetière du Père Lachaise, Paris 20e (75)
Mais, parce qu’il y a un mais, un seul plant peut produire jusqu’à 7 500 graines, en commençant dès la huitième semaine. Les semences ne présentent aucune dormance, elles germent dès qu’elles sont tombées. Une grande partie peut aussi germer l’année suivante.
Cette capacité germinative lui permet d’avoir trois ou même quatre générations par an sous nos conditions. De plus, le galinsoga peut faire des racines à partir d’une section de tige coupée (à retenir pour ceux qui veulent tenter un bouture).
Le galinsoga préfère les sols riches et humides mais peut croître dans toutes sortes de conditions. Plus le sol est sableux, plus les graines germent facilement et plus la production de semences est importante.
Gare à celui qui laisse pousser ne serait-ce qu’un petit pied…

(suite…)

Chantiers d’arrachage du raisin d’Amérique en forêt de Fontainebleau

Des chantiers d’arrachage du raisin d’Amérique sont organisés en forêt de Fontainebleau les 13, 19 et 27 septembre et les 3, 11 et 17 octobre 2008.
Le raisin d’Amérique (Phytolacca decandra) est une plante d’Amérique du Nord envahissante. C’est une Hémicryptophyte très toxique pour tous les mammifères. Voici quelques informations :
1 – Très grande plante herbacée, vivace par sa racine pivotante. Les tiges tombent à la base
en hiver. Les feuilles sont grandes et ovales-allongées, vert-pale. Elle est très facile à identifier.
2 – Toutes ses parties sont toxiques parfois mortelles par ingestion (humains et tous les
autres mammifères omnivores ou herbivores).
3 – Son plus grave défaut est d’être très envahissante : elle provoque une perte de bio-
diversité.
4 – Parmi les composés toxiques : protéines hémagglutinantes, saponines, saponosides,
Béta-cyanines, Lectines, acides Jaligonique et Phytolaccagénique. D’autres recherches sont en cours.
5 – Effets sur des mammifères par ingestion : brûlures du tractus digestif, diarrhées
sanglantes, vomissements, modification de la formule sanguine (leucocytes), embolies, asphyxies. Les humains doivent être hospitalisés.
Le caractère envahissant est le plus grave car il provoque une perte de biodiversité envers
la flore indigène, souvent fourragère, ce qui a pour effet, par enchainement naturel, une dénutrition de la faune locale.
Des chantiers d’arrachage du raisin d’Amérique ont été initiés dès juin 2003 au sein de l’Association des J.B.P.P.F. lors d’un voyage d’étude en forêt de Fontainebleau et des Trois-pignons. Cette activité civique de protection de la Biodiversité a été appuyée et fréquentée par des membres d’associations diverses : MNHN, SNPN, ANVL, LPO, CAF, ADA-IF, IUFM de Bonneuil, etc. En tout premier lieu, l’ONF a autorisé ces chantiers et a proposé un protocole d’action rédigé en commun et suivi par le groupement des arracheurs. Il faut préciser que l’U.I.C.N. a enregistré le raisin d’Amérique dans la catégorie des pestes végétales avérées et ce, au niveau international ; c’est dire la réalité des dangers provoqués par cette plante.

Le groupement des arracheurs est informel : les volontaires viennent lorsqu’ils le peuvent. Rendez-vous à la gare de Fontainebleau sur le parking : arrivées à 09h00 puis co-voiturage par les véhicules autorisés.
Renseignements complémentaires auprès de :
C.L. ROTH, Conservateur du Parc et Jardin botanique,
Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort,
Parc et Jardin botaniques,
Graineterie de Plantes Entomophiles,
7, Avenue du général de Gaulle,
94704 Maisons Alfort Cedex.
Tél. : 01 43 96 73 33.
Fax : 01 43 96 73 33.