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L’aspérule de Turin (Asperula taurina)

Aussi dénommée « grande croisette », cette aspérule de Turin (Asperula taurina) est toute aussi couvrante que l’aspérule odorante (Galium odoratum) et forme un joli tapis vert surmonté de petites fleurs blanches au printemps.

Plante vivace couvre-sol

Tapis d'aspérule de Turin (Asperula taurina), pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

Cette petite plante vivace de la famille des Rubiacées forme très vite un tapis uniforme d’environ 20 à 30 centimètres de hauteur. Les feuilles vert vif sont réunies par quatre en verticille sur les tiges fines. Les petites fleurs blanches sont groupées en bouquet à l’extrémité des tiges. Elles apparaissent de mai à juillet et sont parfumées.

Plante vivace couvre-sol

Tapis d'aspérule de Turin (Asperula taurina), pépinières Syringa, mai 2010, photo Alain Delavie

« La solution ultime pour couvrir le sol en lisière des arbres, entre les arbustes et au pied des haies. » (Thierry Denis, Le Jardin du Morvan).
Cette plante vivace est donc une des très bonnes plantes pour les coins difficiles, ensoleillés ou ombragés, au sol le plus souvent sec.

Où la trouver ?
Cette petite espèce pousse à l’état sauvage en France, mais elle est rare et c’est une plante protégée qu’il est interdit de prélever dans la nature.
Le pied que j’ai acheté provient des pépinières Syringa, en Allemagne. Mais vous pouvez la trouver en France, chez certains pépiniéristes collectionneurs comme Le jardin du Morvan ou Le Jardin d’Adoué. Vous trouvez aussi  Asperula taurina ssp. caucasica au Clos du Coudray (76).

Strobilanthes : ces vivaces sont promises à un grand avenir !

Je ne vous ai pas encore parlé des Strobilanthes ! The most incredible perennials, comme disent nos voisins anglais. Des plantes incroyables, exceptionnelles !
Ce genre de plantes vivaces originaires essentiellement de l’Himalaya possède des espèces rustiques remarquables et très utiles pour les lieux ombragés. Leur floraison estivale tardive permet de fleurir le jardin à un moment où les fleurs annuelles marquent souvent un très net déclin. Robustes, parfaitement rustiques, aussi à l’aise en pleine terre que dans un gros pot ou une grande jardinière, ils se sont montrés chez moi parfaitement insensibles aux parasites les plus fréquents à Paris. Et pas de maladie non plus. Un beau palmarès, non ?
La première année qui a suivi la plantation, ils se sont vite développés, de plus en plus au fur et à mesure que l’été avançait, pour finir par fleurir très tard, en octobre et novembre seulement. Mais quel feu d’artifice.
Le premier que j’ai essayé et adopté était Strobilanthes rankingensis (mais ce nom est inconnu pour l’IPNI). Des feuilles aux pointes très effilées, un port d’abord érigé puis de plus en plus étalé et des fleurs d’un bleu ciel qui apparaissent en masse, un vrai nuage. Le voici en ce moment déjà couvert de boutons floraux.Et maintenant avec ses fleurs, photographié l’année dernière en fin d’été.L’année d’après mon premier achat j’achetais trois autres espèces, dont une de nom inconnu, mais qui forme un gros buisson dense bien dressé, avec une floraison bleu ciel en fin d’été et en automne tout simplement magnifique, surtout quand le feuillage se teinte d’or et de cuivre. La voici l’année dernière…

Cette année j’ai rabattu d’un tiers toutes ses tiges début juin car sa vigueur me laissait présager un encombrement trop important en fin de saison. Grand bien m’en a pris, car la touffe qui n’a pas encore produit ses boutons floraux est quand même arrivée au niveau supérieur de la rambarde du balcon.La troisième espèce est un Strobilanthes wallichii (mais qui serait peut être un Strobilanthes atropurpurea), déjà fleuri depuis le début du mois cette année. J’aime tout particulièrement ses grosses feuilles gaufrées qui lui donnent un aspect exotique unique. Les tiges sont robustes, mais le port est plutôt étalé au fur et à mesure que les pousses s’allongent. Quand aux fleurs, elles sont tubulaires et bleu violacé très foncé. Elles donnent l’impression de ne jamais pouvoir s’ouvrir totalement. Cela n’empêche pas les abeilles et les bourdons de s’y plonger jusqu’au fond pour aller y collecter le nectar.La quatrième espèce ressemble au Strobilanthes nutans vendu par la pépinière du Clos du Coudray : port traçant ou retombant quand il est en jardinière, très prostré, fleurs tubulaires blanches difficiles à voir car cachées par les grandes feuilles effilées et pointues.

Un dernier point qui rend difficile la diffusion de ces jolies plantes : l’identification. Les noms sont souvent très différents pour des plantes ayant le même aspect. Bref, les appelations ne sont pas toujours justes si vous surfez sur le net pour en découvrir plus sur ces belles méconnues. Sur le site de l’International Plant Name Index (IPNI), il y a 638 références pour le genre Strobilanthes.

Mes bonnes adresses pour trouver ces plantes vivaces encore rares

Le Clos du Coudray à Étaimpuis (76) :
Strobilanthes atropurpurea : originaire de l’Himalaya. Cette espèce forme une touffe de tiges érigées à feuilles ovales et dentées, vert mat. Les fleurs ont une curieuse forme de tube évasé et coudé, et sont d’un joli pourpre lumineux. Elles sont regroupées au sommet des ramifications et s’apanouissent d’août à novembre. Poussant spontanément en sous-bois frais à humide, dans le nord de la France c’est plutôt au soleil qu’elle prend toute sa valeur, dans un sol frais et humifère. Dans les régions chaudes, elle doit être plantée à l’ombre. Hauteur de 1 m à 2 m.
Strobilanthes nutans : originaire d’Extrême-Orient. Cette espèce a des rameaux flexibles et velus qui s’étalent sur le sol puis se redressent. Ils portent de jolies feuilles, grandes pour le genre, d’un beau vert foncé. Les grandes fleurs tubulaires blanc pur sont disposées en courts épis serrés. Elles apparaissent de juillet à septembre. À cultiver dans un sol riche en humus, frais, même argileux, sans calcaire, de préférence à la mi-ombre. Hauteur de 50 à 70 cm.
Strobilanthes species : cette nouvelle introduction du Népal est arrivée en Europe il y a 6 à 7 ans. Très proche de l’espèce précédente, elle en diffère principalement par sa propension à coloniser le terrain. Les tiges rampantes s’enracinent aux entre-noeuds ce qui lui confère un véritable effet couvre-sol et c’est ainsi qu’en moins de 2 ans, un jeune plant a colonisé environ 2 m² dans le jardin du Clos du Coudray. Il a été installé près de S. violacea, dans les mêmes conditions de sol et de culture. Il fleurit aussi moins longtemps que son congénère, d’août à octobre. Exposition à l’ombre ou la mi-ombre. Hauteur de 30cm à 40cm.
Stobilanthes violacea : originaire de l’Himalaya. Forme un buisson plus large que haut, s’étalant lentement. Les feuilles ovales, pointues, sont dentées sur les bords. Les fleurs violet clair, ressemblent à celles de l’acanthe. Elles sont le plus souvent portées par deux à l’extrémité de fines hampes. Elles n’apparaissent jamais très nombreuses, mais elles se succèdent pratiquement d’août jusqu’aux gelées. Au Clos du Coudray, cette plante est installée au nord d’une haie où elle ne voit jamais le soleil, en compagnie d’épimediums et de fougères, dans un sol argileux et lourd qui semble parfaitement lui convenir. Ses origines montagnardes lui confèrent une très bonne résistance au froid. Exposition à l’ombre ou à la mi-ombre. Hauteur de 30cm à 40cm.

Vous pouvez trouver quelques espèces aussi chez :
Pépinières Delabroye à Hantay (59).
Pépinières Lepage aux Ponts-de-Cé (49).
Lumen Plantes vivaces à Bergerac (24).

Connaissez-vous le pinellia ?

Pinellia, mais qu’est ce donc que cet animal là ? Un animal non, une plante oui…
Oui un Pinellia pedatisecta, une jolie plante bulbeuse de la grande famille des Aracées, c’est à dire une cousine des arums des jardins, des philodendrons, des anthuriums, des spatiphyllums, des Typhoniums dont je vous ai montré la curieuse fleur il y a déjà quelques temps maintenant et les feuilles gigantesques il y a peu. Bref, une plante exotique, qui semble fragile et qui en fait est robuste comme tout. Une bonne nature, plutôt réservée aux cours ou aux balcons ombragés à l’abri du soleil brulant. Les fleurs sont vert amande, avec une spathe très effilée et un spadice très fin qui sort de la spathe. Le feuillage est très découpé, d’un joli vert franc plutôt satiné. La plante ne dépasse pas 40 à 50 cm de hauteur. Quand elle se plaît, elle se ressème partout et je peux vous assurer que les graines germent facilement. Cette année ma grande jardinière en est envahie. Heureusement, le coeur-de-Marie a poussé plus vite, il garde la primauté pour le moment. Par contre si vous voulez acheter ce beau Pinellia, ça va être plus dur, car rares sont les pépiniéristes qui le proposent. En Normandie, la pépinière du Clos du Coudray le multiplie et le vend (il faut en profiter pour visiter le très beau jardin), plus au Sud la pépinière Issa en propose une espèce voisine.

Contre la grisaille, faites un jardin de lumière !

Vous en avez assez du temps gris, des gros nuages et de l’absence de soleil ?Apportez une touche de lumière vive sur votre rebord de fenêtre, votre balcon, votre terrasse, votre cour ou votre jardin en plantant quelques végétaux à feuillage jaune ou doré.
Démonstration en images, avec des idées piquées dans les parcs et jardins de Paris et d’ailleurs…
Le 1er exemple provient du jardin jaune du Parc André Citroën, composé de spirées, de sureau, de seringats tous aux feuillages dorés sur tapis d’herbe-aux-écus (Lysimachia nummularia ‘Aurea’) et de lamier à fleurs jaunes (Lamium galeobdon).
Sous un arbre ou un grand arbuste, essayez le tapis de fusain doré, comme ici dans le parc André Citroën. Cette idée marche très bien dans un grand bac ou une jardinière.
Pour une bordure, osez quelques touffes de carex et de lamiers (ici au Clos du Coudray, à Etaimpuis, 76).Pour habiller une rambarde un peu triste ou trop sombre, pour réveiller un balcon ombragé, rien de tel que le houblon doré (Humulus lupulus Diva, ici photographié sur mon balcon en 2006).
Ce ne sont que quelques idées parmi tant d’autres, mais au moins, vous serez sûr d’avoir du soleil dans votre coin de jardin toute l’année, quelle que soit cette satanée météo !