Archive journalières: 28 juin 2018

Floraisons d’été dans le Domaine de Courson (Essonne)

Chateau de Courson, photo JONATHAN / Fotolia.comLe moment est bien choisi pour découvrir le parc du Domaine de Courson, à 35 kilomètres au sud de Paris. Dans ce lieu hors du temps, imaginé par Louis-Martin Berthault, le paysagiste attitré des impératrices Joséphine, à La Malmaison, et Marie-Louise, à Compiègne, l’avant-saison d’été se vit comme un rêve.

L’été à peine installé, le Domaine de Courson se pare de nouvelles floraisons et vibre au rythme d’une harmonieuse mélodie qu’on pourrait baptiser « La vie en fleurs ». Ainsi, les merveilleux rosiers tirent doucement leur révérence, leurs fleurs aux couleurs délicates continuant de teinter les perspectives du parc jusqu’au dernier instant, avant de tomber dans un souffle sur les contours des allées.

Logo Jardin Remarquable

À cette période de l’année, dans le parc labellisé « Jardin Remarquable » et « Parc Botanique », les rosiers cèdent le premier rôle aux hortensias et aux nombreux autres hydrangéas qui s’épanouissent dans les grandes plates-bandes dévolues aux rhododendrons et aux azalées, au début du printemps.

Hydrangea arborescens 'Annabelle', arbuste à fleurs, été, juin 2018Chacune de ces plantes fait ce qui lui plaît et s’épanouit au mieux à proximité de ses plus proches voisins. Ainsi, non loin du cèdre de l’Atlas pleureur, planté au bord de l’étang de Bülher depuis 1920, les bonnets de dentelle des hydrangéas serrata ’Blue Deckle’, et les têtes rondes des hortensias ‘Mme Mouillère’ et des hydrangéas arborescens ’Annabelle’ fleurissent en toute quiétude près du Cornus controversa ‘Variegata ». Ce remarquable compagnon des floraisons au feuillage panaché fait la gloire de cette partie du parc.

Cette plate-bande, ourlée d’astilbes aux épis en camaïeux de rose pâle et de vieux rose, abrite un jeune Stewartia pseudocamellia ‘Koreana’, offert à Patrice Fustier, le créateur des fameuses Journées des plantes de Courson qui vient de nous quitter. De taille encore modeste, cet arbre rare semble dialoguer avec un jeune Magnolia grandiflora, offert à Hélène Fustier, son épouse, qui contribua à ses côtés à la renommée des Journées des plantes, désormais installées à Chantilly.

À la fin du printemps et au début de l’été, le parc du Domaine de Courson offre ses frondaisons rafraîchissantes à des pique-niques entre amis ou en famille. Tandis que les simples promeneurs apprécient tout particulièrement l’ombre de ses immenses chênes centenaires et de ses 300 espèces différentes d’arbres et arbustes. Quant aux romantiques et aux rêveurs, ils privilégient les abords de l’étang, véritable chef-d’œuvre des plus célèbres paysagistes sous le second Empire, Eugène et Denis Bühler.

La mélodie de « La vie en fleurs » au Domaine de Courson se décline aussi auprès des enfants auxquels est dédié le désormais fameux « Parcours d’Hippolyte » qui s’adresse aux 7-12 ans. Leur quête de « l’arbre aux merveilles » est l’occasion de découvrir les plus beaux arbres et floraisons du parc, à l’aide d’un livret-jeu divertissant.
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Des jardins qui font du bien

Logo de la Fondation Cognacq-JayLes établissements de la Fondation Cognacq-Jay misent sur leurs jardins pour accompagner les personnes fragilisées vers un mieux-être.

En 1906, Marie-Louise Jay, créatrice de La Samaritaine avec son mari Ernest Cognacq, offre un jardin botanique adjoint d’une « maison du médecin » à son village natal de Samoëns. Un siècle plus tard, les jardins des établissements de la Fondation Cognacq-Jay continuent à accompagner les personnes fragilisées vers un mieux-être, à Paris, en région parisienne et dans le département qui a vu naître Marie-Louise : la Haute-Savoie.

Un jardin d’inspiration japonaise au cœur de Paris
La conviction que les jardins ont un rôle à jouer dans l’accompagnement des personnes fragilisées a servi de précepte à Toyo Ito, l’architecte japonais qui a signé la nouvelle architecture de l’hôpital Cognacq-Jay, à Paris, en 2006. Rue Eugène Millon, dans le XVe arrondissement, chaque chambre donne sur ce jardin. Un jardin qui n’est pas qu’une présence mais un acteur du mieux-être des personnes.

Les patients de cet hôpital de soins de suite où les séjours durent entre 15 jours et 3 semaines et les jeunes autistes de l’institut médico-éducatif adjacent, sont invités à participer à des ateliers de jardinage. Les plantations, les semis de plantes potagères, la réalisation de compositions orales ou de tableaux végétaux sont autant de prétextes à organiser « des ateliers qui font appel à des capacités fonctionnelles, sensorielles, cognitives et motrices », explique Anne Surdon, jardin-thérapeute.

Dans ce cadre de verdure, la professionnelle observe que les activités liées au jardin génèrent du mieux-être et de la confiance en soi, favorisent l’échange entre participants, provoquent des situations d’entraide au sein du groupe. « Prendre soin du végétal, c’est prendre soin de soi », résume Anne Surdon.

Un jardin au carré pour les adultes handicapés psychiques
« Le jardinage s’inscrit dans un temps long comme les maladies chroniques. La maladie chronique psychique, c’est justement ce qu’ont en commun les 64 résidents du Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) de Monnetier-Mornex, en Haute-Savoie. Là encore, cet établissement de la Fondation Cognacq-Jay mise sur le jardinage pour améliorer le bien-être d’adultes handicapés psychiques, tous reconnus dans l’incapacité de travailler.

Sur une grande terrasse, des jardins au carré dont certains à hauteur (où l’on peut travailler debout) ont été imaginés il y a quatre ans pour développer les capacités de chacun et l’estime de soi. « Ce jardin permet notamment d’être ensemble, de faire du lien, de se retrouver, tout en devenant à son tour soignant », commente Sébastien Bonnet, moniteur d’atelier.

Ouvert aux participations actives ou aux participations plus contemplatives, cet espace vert produit des fruits, au sens propre comme au sens figuré. « Notre marché interne destiné aux professionnels crée une dynamique intéressante. Il permet aux résidents d’acquérir un autre statut », explique Sébastien Bonnet.

Du miel et des abeilles
Autre jardin, autre public. À Rueil-Malmaison, l’EHPAD Cognacq-Jay accueille 121 femmes et hommes d’une moyenne d’âge de 88 ans au sein d’un grand parc paysager, comportant aussi un potager et un verger. « Ce jardin est thérapeutique dans la mesure où il prête à voir, à sentir, à se rappeler des souvenirs. On peut y goûter une fraise ou une tomate quand c’est la saison, en étant accompagné ou non d’une animatrice », explique Jacques Alonso, directeur de l’établissement.

Dans la même volonté d’accompagner les résidents et les familles vers un mieux- être, des panneaux signalent les oraisons. À côté des iris et des nénuphars, le parc de l’EHPAD dispose d’une autre source naturelle de bien-être. Des ruches, mises en place dans le parc en 2016, année du centenaire de la Fondation, ont produit 82 kg de miel en 2017. Il a été distribué aux résidents et aux salariés dans des pots agrémentés d’étiquettes réalisées par les personnes âgées. Une source inestimable de vie et de douceur, où la nature permet à chacun de reprendre sa place au centre de sa vie.
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