Nouvelle exposition : « Précieux vélins – trois siècles d’illustration naturaliste »

Amaryllis belladona et Hæmanthus coccineus, Nicolas Robert, ©M.N.H.N
Pour la première fois depuis sa création en 1793, le Muséum national d’Histoire naturelle présente au public près de 150 vélins sur trois mois, aquarelles naturalistes exceptionnelles, choisis parmi les 7000 vélins de la collection hors du commun de l’institution.

Présentés à l’occasion de la sortie du beau livre «Les Vélins du Muséum» (coédition Muséum – Citadelles & Mazenod), la sélection exposée en reprend le découpage chronologique du XVIIe siècle à nos jours. Chaque mois, les vélins seront renouvelés en raison de leur fragilité ne permettant pas une exposition trop longue… l’occasion de visiter non pas une, mais trois expositions inédites.

Une collection unique de vélins au Muséum
Sept mille illustrations représentant fleurs et animaux forment la collection des vélins du Muséum. Cet impressionnant ensemble est composé de dessins naturalistes, qui, certes diffèrent par leur sujet mais partagent tous une technique invariable : une représentation à l’aquarelle ou à la gouache sur une peau de veau mort-né. Ici, l’art et la science se partagent ce patrimoine exceptionnel traduisant l’importance de l’observation et de la description dans les sciences de la nature.

La genèse
Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, est à l’origine de cette collection. Grand collectionneur, passionné de plantes, il entretient avec l’aide des savants Abel Brunyer puis Robert Morison, un remarquable jardin botanique au château de Blois. Pour compléter le catalogue des plantes rares que ces derniers rédigent, Gaston d’Orléans engage vers 1630 environ le peintre et graveur Nicolas Robert pour les représenter d’après le naturel. À la mort de ce dernier en 1660, la collection compte déjà plusieurs grands portefeuilles in-folio remplis de peintures sur vélin, représentant fleurs, plantes rares et oiseaux. La série est léguée à Louis XIV et attire l’attention de Colbert qui convainc le roi de faire continuer la collection ; les sujets sont désormais pris au Jardin royal des plantes médicinales, ancêtre du Jardin des Plantes.

Les vélins au service de la science
A la création du Muséum nationale d’Histoire naturelle en 1793, la collection est transportée dans le nouvel établissement qui s’engage à la continuer moyennant quelques évolutions notables, notamment la spécialisation des peintres entre la botanique et la zoologie. La création de la Ménagerie un an plus tard, en 1794, va d’ailleurs renforcer la présence des sujets zoologiques variés et exotiques dans la collection. Les vélins sont plus que jamais de véritables outils au service de la science et la collection connaît une croissance importante : de 5321 pièces en 1809, elle passe à plus de 6000 en 1850.
Ce sont les scientifiques, réunis en Assemblée des professeurs, qui décident des sujets à traiter et de l’entrée ou non d’un vélin dans la collection. Mais en raison de l’évolution des méthodes et de la pensée scientifique, la production des vélins se ralentit à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, puis s’interrompt complètement au début du XXe siècle, malgré quelques tentatives de reprise dans le courant de ce siècle.

Une exposition unique au Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes
A travers cette exposition, c’est l’une des plus somptueuses facettes des collections documentaires du Muséum qui est dévoilée au public. Répartis au sein de deux salles, plus de 40 vélins originaux sont exposés, renouvelés chaque mois en raison de leur fragilité, soit près de 150 vélins durant les trois mois d’exposition.
La première salle fait la part belle aux œuvres du pionner de cette technique, Nicolas Robert, tandis que la deuxième salle met à l’honneur les œuvres produites après l’ancien régime, en particulier au sein du Muséum. Enfin, le corridor extérieur met en avant les techniques utilisées (aquarelles, pigments…) et présente les grands peintres associés aux vélins. Les commissaires se sont attachées à choisir des œuvres remarquables, représentatives des auteurs et des thèmes scientifiques de la collection.

Informations pratiques
Du 28 septembre 2016 au 2 janvier 2017
Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes
57, rue Cuvier, 75005 Paris.
Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h.
Tarif plein 3 euros; tarif réduit 1 euro.

Ouvrage Les Vélins du Muséum national d'Histoire naturelle, Citadelles et Mazenot, MNHN
Ouvrage : Les Vélins du Muséum national d’Histoire naturelle
Sous la direction scientifique de Pascale Heurtel et Michèle Lenoir
À travers 800 planches de la collection, cet ouvrage exceptionnel retrace l‘histoire des vélins. Découpés en quatre grandes parties richement illustrées, le livre présente les débuts de la collection (1630-1682), les vélins du roi (1682-1780), l’âge d’or des vélins et du Muséum (1780-1832) et enfin l’essor, la fin et la renaissance de la collection (1832-2000).
Une coédition Citadelles & Mazenod – Muséum national d’Histoire naturelle
Collection « Art et nature »
Format : 29,2 x 37,7 cm. 624 pages, 830 illustrations couleur dont 800 planches de la collection.
Relié sous jaquette et coffret illustré.
Prix : 430 euros.

Commentaires (2)

  1. catherine

    Ça paraît passionnant.
    Je vais y courir aussi!

  2. nanou

    j’y cours !

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