Caillebotte à Yerres au temps de l’Impressionnisme

À 20 minutes de Paris, venez découvrir Yerres, l’autre capitale de l’impressionnisme. Pour la première fois, 42 chefs-d’œuvre de Gustave Caillebotte vont être présentés dans sa propriété yerroise, où ils ont été peints. Ce grand rendez-vous de l’impressionnisme est d’autant plus exceptionnel, que ces œuvres n’ont, pour la plupart, jamais ou très peu été exposées au public.

Les périssoires, 1878, huile sur toile, Gustave Caillebotte
Les plus grands musées du monde se sont associés à cet évènement culturel majeur de l’année 2014. Ainsi, 42 tableaux issus des collections de National Gallery of Art de Washington, de l’Art Museum de Milwaukee, de l’Indiana University Art Museum de Bloomington, du Musée des Beaux- Arts de Rennes et des Musées d’Orsay, d’Agen et de Marmottan Monet à Paris seront présentés aux côtés des œuvres prêtées par la famille même de l’artiste et par des collectionneurs privés.

La Propriété Caillebotte, foyer de l’impressionnisme
Gustave Caillebotte a 12 ans lorsque ses parents s’installent dans la propriété yerroise qui sera leur résidence d’été. De 1875 à 1879, il peindra quelques-uns de ses tableaux les plus importants dans cette propriété familiale où l’on trouve une maison de maître, de nombreuses dépendances, un grand parc longeant la rivière, des fabriques et un potager.
Ce lieu a été fondamental dans l’inspiration de l’artiste, lui offrant aussi bien des motifs à peindre avec le parc, la rivière, le potager que des sujets de composition avec l’activité des canotiers et les loisirs de la rivière. C’est à ce moment que se définit le style de Caillebotte, fait de sujets modernes représentés d’une façon nouvelle, qui le feront devenir l’un des peintres impressionnistes les plus originaux.
Les tableaux qu’il a réalisés dans la propriété familiale d’Yerres constituent une partie essentielle de la révolution artistique apportée par les impressionnistes. Ce sont ces œuvres qui seront montrées, à Yerres, sur les lieux mêmes qui les ont inspirées et où elles ont été peintes.
La propriété appartient depuis 1973 à la commune d’Yerres, qui l’a entièrement restaurée et lui a ainsi permis de retrouver son aspect du temps de Caillebotte avec sa grande maison blanche ornée de colonnades, appelée le Casin, sa ferme, dite « Ferme Ornée » transformée en centre d’art et d’expositions, son orangerie, sa glacière, son potager et le parc de 11 hectares bordé par la rivière. La Propriété est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et labellisée en 2012 « Maison des Illustres » par le Ministère de la Culture et de la Communication.

Introduction à l’exposition
L’œuvre de Gustave Caillebotte, qui participe au mouvement impressionniste, a été redécouverte au début des années 1970. Elle est aujourd’hui connue grâce à quelques tableaux appréciés comme étant des chefs-d’œuvre de la période : Les raboteurs de parquet, Les périssoires, Le pont de l’Europe. Ce sont en effet des images totalement nouvelles par les sujets traités. Bien davantage qu’une scène de genre, elles sont des pages de l’histoire contemporaine de l’artiste. Elles montrent la ville moderne, celle du Paris d’Haussmann, ses hommes au travail et l’homme moderne dans son nouveau rapport avec la nature.
La propriété yerroise où il vécut, dite Propriété Caillebotte doit son nom à Martial Caillebotte, son père, qui l’a acquise en 1860 pour en faire sa résidence d’été, non loin de Paris.
Gustave naît en 1848 à Paris. Il termine ses études de droit en 1870 et apprend la peinture dans l’atelier de Léon Bonnat à l’École des Beaux-Arts. Il va peindre dans la Propriété d’Yerres pendant la belle saison, de 1875 jusqu’à 1879. Entouré de sa famille et de ses frères, il se livre au jardinage, pratique la baignade et le canotage dans la rivière et reçoit ses amis, dont le peintre Claude Monet.
La Propriété d’Yerres a été décisive dans la définition de son art. C’est là qu’il a trouvé quelques-uns de ses motifs de prédilection et qu’il a élaboré son style.
L’exposition, « Caillebotte à Yerres, au temps de l’impressionnisme« , dans le nouvel espace réaménagé de la Ferme Ornée, retrace ses sujets d’inspiration : les loisirs à la campagne, le travail au potager, les joies du canotage, les plaisirs de l’eau… en montrant pour la première fois ses tableaux sur les lieux même qui les ont inspirés et où ils ont été peints, et qui n’ont pas changé depuis l’époque de l’artiste.
Au Casin, on retrouve un espace audiovisuel se rattachant à l’exposition, des textes et visuels sur la Ville, son histoire, ses bâtiments et la Propriété Caillebotte entre les 17e et 19e siècles.
Enfin, une promenade dans le parc de la propriété et dans le potager, accompagnée de tablettes numériques, permet d’appréhender in situ l’œuvre de Caillebotte.

Parmi les thèmes chers à Gustave Caillebotte, l’exposition aborde notamment les plaisirs de l’eau, le parc et le potager, autant de sujets inspirés par la propriété.

Les plaisirs de l’eau et la rivière
L’eau intéresse les artistes de la peinture impressionniste pour son extrême mobilité, le scintillement des surfaces, les reflets jouant à l’infini avec les nuances colorées des frondaisons. L’Yerres qui longe la propriété offre ainsi à Caillebotte l’un de ses décors favoris que l’on retrouve dans plus de 20 tableaux, comme dans l’une des œuvres majeures de l’artiste, le triptyque dont le sujet lui est tout entier consacré.
Pêche à la ligne, Baigneurs, bords de l’Yerres et Périssoires sur l’Yerres sont les trois tableaux qui le composent. Ils ont été peints en 1878 puis réunis en 1879 et présentés comme « panneaux décoratifs » à la 4ème exposition impressionniste à Paris. Par leur taille et leur sujet, les loisirs dans la propriété au bord de la rivière, ils témoignent de l’ambition de Gustave Caillebotte et de la « nouvelle peinture ». Ce qui frappe dans cet ensemble, outre l’intention décorative exprimée avec de tels sujets, ce sont les scènes choisies par l’artiste, la composition de chaque panneau, leur réunion et leur traitement de la lumière. Ce triptyque montre l’impressionnisme dans tous ses aspects.
Deux autres tableaux, évoquant également les périssoires, ont été prêtés par l’Art Museum de Milwaukee et la National Gallery of Art de Washington.

Le parc
Au cours de l’occupation de la guerre franco-prussienne de 1870, le domaine a été particulièrement endommagé mais très bien réhabilité, comme le démontre le peintre lui-même dans ses tableaux baignés de lumière du parc. Encore enfant – il n’a que 12 ans lorsque son père achète le domaine – il peut développer sa sensibilité aux beaux agencements végétaux, aux massifs de fleurs et aux variations lumineuses.
Dans le tableau Le parc d’Yerres, il prend pour sujet l’étendue du parc devant la colonnade du Casin. Son format vertical est en parfaite adéquation avec les nombreuses verticales des arbres et du bâtiment qui viennent fermer la composition. La lumière, qui vient de la droite et projette l’ombre des arbres, découpe des masses colorées bien distinctes telles le vert des pelouses qui vire au jaune et le mauve presqu’irréel du Casin. Il y a sans doute dans cette représentation une idéalisation de la demeure familiale.
Avec une vue plus lointaine, le parc se découvre à nouveau, avec le tableau Le parc de la propriété où deux personnages de dos s’invitent dans la composition : un homme en costume léger et un enfant. Il s’agit d’une œuvre à la conception novatrice révélatrice des capacités de l’artiste à imaginer des cadrages et des dispositions spatiales inattendues.

Le parcours dans la propriété montre à la fois la beauté et l’originalité du lieu. Il permet également de voir à quel point il a inspiré à Caillebotte quelques-uns de ses thèmes les plus audacieux et les plus réussis. C’est pourquoi la ville d’Yerres et la propriété sont aujourd’hui considérées comme un haut lieu de l’impressionnisme.
Composé à l’anglaise, le parc est l’écrin de la maison. Il déploie ses allées sinueuses offrant des points de vue sur des bouquets d’arbres indigènes et exotiques, des massifs fleuris, des étendues de pelouse, la rivière, des fabriques, qui sont autant d’endroits remarquables qui animent la promenade.
Les fabriques qui ponctuent le parc accordent architecture et nature, entre ordre volontaire et spontanéité végétale. Elles sont à mi-chemin entre l’agrément et l’utile, constituant un voyage pittoresque dans le monde et le temps avec le chalet suisse qui servait de laiterie et dont la mode s’était répandue en Europe depuis le milieu du XIXe siècle, la glacière et son entrée romantique faite de roches sauvages et déchiquetées, le kiosque, l’exèdre inspirée par l’antique avec ses bustes sculptés, la Ferme Ornée, la chapelle de style romano-gothique édifiée pour le demi-frère du peintre qui était prêtre, l’orangerie avec sa façade de style néoclassique et enfin la volière.

Le jardin potager, le mur du jardin, Yerres, tableaux de Gustave CaillebotteLe potager
La propriété s’étend sur environ 11 hectares. Outre l’habitation et ses espaces d’agrément, elle compte à l’époque un potager d’un demi-hectare, des champs et des pâtures. Caillebotte prouvera tout au long de sa vie et de son art, sa passion pour le jardinage et les plantes rares.
Le potager était une enclave ceinte de murs au-delà de laquelle s’étendait la prairie. L’œuvre Le mur du jardin potager montre son mur extérieur depuis le jardin d’agrément, bordé par des petits arbustes en fleurs et envahi par une plante grimpante qui s’accroche à un espalier. Le pastel donne aux trois couleurs de ce paysage, le vert, le blanc, le bleu clair un éclat et une densité particulière.
Dans un autre tableau représentant une vue de l’espace fermé de murs du potager : Le jardin potager, Yerres, Caillebotte installa son chevalet dans l’axe de l’allée centrale du jardin avec en arrière plan la porte d’entrée de ce dernier.

Informations pratiques
Centre d’art et d’exposition La Ferme Ornée
Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi.
Nocturnes le vendredi et le samedi jusqu’à 20h30.

Propriété Caillebotte
8 rue de Concy, 91330 Yerres.
Tél. : 01 80 37 20 61 (Service des Affaires culturelles et du Patrimoine).
www.proprietecaillebotte.com
https://facebook.com/laproprietecaillebotte
https://twitter.com/caillebotte2014

Entrée de l’exposition

  • Tarif plein : 8 €
  • Tarif réduit : 6 € (5 € et 3 € pour les Val d’Yerrois).

Entrée exposition + tablette pour parcours numérique

  • Tarif-plein : 11 €
  • Tarif réduit : 9 €
  • Caution de 500 € et pièce d’identité.

Parcours numérique
Téléchargement gratuit de l’application pour les smartphones.
Location des tablettes : 5€ +caution de 500 € et pièce d’identité.

Le jardin potager (association « Potager Caillebotte »)
Ouvert au public le dimanche après-midi de 15h à 18h30, à partir du 4 avril.
http://potagercaillebotte.free.fr/

Promenades en barque ou canoë
Dès Avril : horaires à venir.
Mai : week-ends et jours fériés, de 15h à 19h.
Juin : mercredis, week-ends et jours fériés de 15h à 19h.
Juillet / août : tous les jours sauf lundi, de 15h à 19h.
Tarifs sur place.

Le parc de la propriété Caillebotte
Entrée libre de 9h à 20h30 du 1er avril au 30 mai, de 9h à 21h du 1er juin au 31 juillet.

Accès
En RER D, à 20 minutes depuis la Gare de Lyon (Direction Melun, arrêt Yerres).
Accès à pied : 15 minutes de la gare, ou en bus (ligne F).

En voiture, à 20 minutes à partir de Bercy.
Coordonnées GPS : 10 rue de Concy, 91330 Yerres.
À Bercy, prendre l’autoroute A4 direction Melun Sénart /Provins/Troyes – Puis l’A86, direction Créteil (ne prendre aucune sortie Créteil) – Pendre ensuite la direction du milieu Bonneuil/Valenton – Continuer sur plusieurs kilomètres sur cette bretelle jusqu’à un feu – Au feu, prendre la N19 sur la droite direction Boissy-Saint-Léger – Traverser et dépasser Boissy-Saint-Léger – Prendre direction Yerres sur la droite jusqu’au Château du Maréchal de Saxe – Suivre les indications Yerres centre, puis Propriété Caillebotte.

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