Tadashi Kawamata, « Collective Folie », art contemporain, Parc de la Villette, Paris 19e (75)

L’artiste japonais Tadashi Kawamata installe Collective Folie dans le Parc de la Villette (Paris 19e). Cette oeuvre d’art sera construite lors de workshops avec des étudiants, des lycéens et des habitants du quartier. Cette installation est appelée à se métamorphoser sans cesse entre avril et août 2013.

Tadashi Kawamata, « Collective Folie », art contemporain, Parc de la Villette, Paris 19e (75)

Tous les jours, accès libre à la Prairie du Cercle Sud.
Visite de la tour : les samedis et dimanches (15h-19h) à partir du 1er juin 2013.
Accès : Parc de la Villette, métro ligne 5, station Porte de Pantin.
Informations au tél. : 01 40 03 75 75 et sur le site Internet www.villette.com

Tadashi Kawamata, « Collective Folie », art contemporain, Parc de la Villette, Paris 19e (75)

Du 17 avril au 21 août 2013, avec son projet participatif « Collective Folie », Tadashi Kawamata installe une tour de 21m de haut dans le Parc de la Villette.
Un jour quelqu’un dira : « Vous souvenez-vous de ce doux dingue qui montait des genres de Mikado géants et puis s’en allait ? »
Tadashi Kawamata
Collective Folie est une tour de bois gigantesque, imaginée pour le Parc de la Villette par l’artiste japonais Tadashi Kawamata. Première tour que l’artiste conçoit à Paris, mais c’est aussi la plus haute qu’il ait jamais créée avec ses 21 mètres, elle naîtra au printemps sur une prairie du parc et s’évanouira à la fin de l’été. Toujours « inachevée », l’œuvre connaîtra une perpétuelle évolution. Tadashi Kawamata a d’abord pensé cette tour en fabriquant des maquettes qui ont permis à des ingénieurs de calculer la fiabilité de sa structure de base, laquelle a été construite lors d’un chantier de quelques semaines en mars et avril derniers, par une entreprise professionnelle. Puis, du 17 avril jusqu’au 21 août, selon le processus de travail qu’il affectionne, Tadashi Kawamata conviera adultes et jeunes à participer à « l’habillage » puis à la « déconstruction » de la tour lors de workshops qu’il conduira avec des étudiants, familiers de ses méthodes de création. Dialogue entre art et architecture, la tour prendra forme au fil d’accumulations et arrangements impromptus, dans le partage d’idées et
d’efforts avec l’artiste, pour assembler les pièces de bois, matériau naturel, recyclable ou recyclé, que Tadashi Kawamata privilégie pour réaliser ses œuvres. Cette démarche participative est essentielle pour l’artiste afin que l’œuvre – en l’occurrence, le processus collectif de travail – se réalise pleinement. La pertinence d’une œuvre réside en effet pour lui dans l’expérience qu’elle génère. D’où son intérêt pour les compétences diverses des personnes qui contribuent à la création, et son désir que les publics soient invités, non à la seule contemplation, mais au ressenti d’un nouveau rapport à l’environnement. Ainsi, Collective Folie, écho singulier et éphémère aux folies rouges de Bernard Tschumi, est avant tout une œuvre à vivre : élaborée collectivement, elle s’ouvrira aux visiteurs le week-end dès le mois de juin, et leur offrira, depuis ses hauteurs, de nouvelles approches visuelles et sensibles des paysages du parc.
« La construction de la pièce à l’extérieur et la façon dont les gens réagissent devant elle,
sont des choses liées, qui ont autant d’importance l’une que l’autre à mes yeux. »
Tadashi Kawamata
« Collective Folie » en chiffres
Hauteur de la tour : 21 m (2 fois la hauteur des folies de Bernard Tschumi)
Volume de bois : 40 m3 au minimum
Poids total estimé : 2 à 3 tonnes
Deux balcons accessibles au public
  • à 4 m pour 70 personnes en simultané
  • à 12 m pour 19 personnes en simultané
Du 17 avril au 21 août, 58 workshops pour environ 870 participants attendus.
Tadashi Kawamata est né en 1953 au Japon, à Mikasa sur l’île de Hokkaido. Il vit actuellement à Paris et enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA). L’artiste s’est très vite imposé sur la scène artistique japonaise et internationale. Jeune diplômé de l’université des beaux-arts de Tokyo, il est invité au Pavillon du Japon à la Biennale de Venise en 1982. En 2005, il est directeur artistique de la 2e Triennale de Yokohama au Japon.
Depuis 1970, il intervient dans le monde entier pour des projets monumentaux, le plus souvent éphémères et construits collectivement, en lien avec les sites où ils se bâtissent. Tadashi Kawamata conçoit ses projets dans un rapport aux contextes des lieux investis, cherchant par la création d’architectures insolites – beaucoup de ponts, passerelles, passages qui appellent à être empruntés -, à en modifier la perception.

  • Travail sur un contexte historique par exemple avec Détours, des tours au creux de l’Enfer à Thiers et au château des Adhémar de Montélimar en 2005 : l’artiste met en œuvre
  • des circulations dans et autour de ces bâtiments, faisant dialoguer passé, présent et futur.
  • Interventions sur un contexte urbain dont Sur la voie à Evreux, où réalisant une passerelle circulaire reliant quatre monuments de la place principale, rescapés des bombardements de la 2e Guerre mondiale, il crée de nouveaux points de vue sur la ville qui connectent aussi le passé et le présent. Et encore à Bordeaux en 2009, où, dans le cadre d’Evento, avec les pins abattus par la tempête Klaus, il construit Foot Path : un pont reliant les rives de la Garonne à la place des Quinconces.
Plus généralement, Tadashi Kawamata témoigne d’une réflexion sur le contexte social et ses relations humaines. Installant des abris en bois, en carton en lisière de Montréal, New
York, Tokyo et dernièrement en 2012 à Gand, il fait référence aux favelas, aux sans-abris. À Alkmaar, avec Work in Progress, il avait associé des personnes en difficulté sociale à la
construction d’une passerelle reliant le centre de réinsertion à la ville.
Mais restreindre les installations de l’artiste à une détermination thématique reste artificiel. Ce qui réunit
l’ensemble des interventions de Tadashi Kawamata se fonde sur son souci des êtres et l’occasion qu’il offre d’une expérience vécue comme enrichissement personnel et commun.
Tadashi Kawamata est également régulièrement invité à présenter des expositions dans des musées, des galeries où ses créations s’accompagnent de maquettes, de dessins, témoignant de ses recherches et où, la plupart du temps, il « déborde » du cadre traditionnel du white cube notamment en jouant sur le dehors/dedans. En 2011, avec l’exposition Under the Water
à la galerie kamel mennour, c’est sous un plafond -amas de planches, de débris de meubles évoquant la surface des eaux après le Tsunami- que passait le visiteur dès la cour d’entrée, plafond qui continuait son impressionnant chaos à l’intérieur de la galerie, où l’artiste avait aussi installé diaporama, coupure de presse en référence directe à l’information diffusée sur la catastrophe.