Visite du chantier de restauration des parterres de broderies et de gazon du Domaine de Sceaux (92)

Photomontage du projet de réintroduction des parterres de broderie et de gazon de la Grande perspective ©Pierre-André Lablaude, architecte en chef des monuments historiques

Patrick Devedjian, Député et Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, et Yves Révillon, Vice-président du Conseil général en charge du Patrimoine non scolaire et de la Promenade bleue et des Promenades vertes, ont effectué une visite du chantier de réintroduction des parterres de broderies et de gazon du Domaine de Sceaux, à l’origine conçus par André Le Nôtre.

Cette visite était commentée par Pierre-André Lablaude, Architecte en chef des Monuments historiques et Maître d’œuvre du projet.
Le Conseil général des Hauts-de- Seine s’est fixé pour objectif de valoriser l’histoire des lieux en soulignant cette perspective paysagère majeure et en jouant sur la hiérarchie des parterres, fidèle en cela aux jardins réguliers des XVIIème et XVIIIème siècles.

En 2013, le Conseil général des Hauts-de-Seine célébrera le 400ème anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre (1613-1700) avec la restauration des parterres de broderies et de gazon, des conférences, des visites guidées, des spectacles, des expositions.

Le chantier de restauration du parterre de borderies et de gazon en quelques chiffres:

  • 4 hectares réaménagés,
  • 8 mois de travaux,
  • 176 nouveaux ifs de 1,50 m taillés en topiaire,
  • 125 000 buis, soit 6 km de linéaire végétal,
  • 9 600 m2 d’engazonnement.

La restauration des parterres de broderies et de gazon du Domaine de Sceaux
Depuis 2008, le Conseil des Hauts-de-Seine met en place une politique culturelle autour du projet de la Vallée de la culture, qui vise à développer tout au long de la vallée de la Seine les grands lieux culturels gérés par le Département. Le Domaine de Sceaux, bien qu’éloigné géographiquement de la vallée de la Seine, est pleinement inscrit dans le patrimoine historique, culturel et naturel du département et profite de cette volonté. Ce site de 180 hectares est un savant mélange de passé et de présent, de tradition et de modernité, de nature et de culture.

  • Un domaine historique prestigieux
    Le Domaine de Sceaux, créé par Jean-Baptiste Colbert, grand ministre de Louis XIV, est composé de bâtiments pour la plupart classés monuments historiques, de jardins réguliers et d’un grand parc. Le musée de l’Île-de- France se déploie dans les différents bâtiments et raconte les richesses de ce vaste domaine au sein de l’histoire de la région parisienne.
    Le Conseil général des Hauts-de-Seine a entrepris depuis plusieurs années la restauration des bâtiments et des jardins ; le château, le Pavillon de l’Aurore, les Écuries, bientôt l’Orangerie, et certaines parties du parc et de ses alignements ont fait l’objet de travaux. De la grande perspective du château, qui s’ouvre sur l’axe historique reliant le parc de Sceaux au parc de la Vallée-aux-loups, seul le tracé demeure.
    La réintroduction des parterres de broderies et de gazon dans le parc a pour objectif de renforcer la dimension historique du Domaine en soulignant cette perspective paysagère majeure, à travers le retour d’une hiérarchie des parterres, fidèle aux jardins réguliers des XVIIème et XVIIIème siècles.
  • L’illustration du génie d’André Le Nôtre
    Lorsque Colbert achète le Domaine en 1670, il y fait construire un château et ses dépendances, en lieu et place d’un ancien manoir, et fait aménager un parc. Il sollicite pour cela les meilleurs artistes de son temps : André Le Nôtre, Charles Le Brun, Jules-Hardouin Mansart…
    Le Pavillon de l’Aurore, les Écuries, l’Orangerie (construite par Jules-Hardouin Mansart pour le fils de Colbert) sont encore là pour en témoigner, de même que la grande perspective Ouest qui se développe sur plus d’un kilomètre, depuis la façade occidentale du Château jusqu’aux limites du parc. Elle est magistralement organisée par l’étagement du terrain en terrasses et vertugadins, complété par un jeu de rétrécissements progressifs, selon les règles de la perspective si savamment maîtrisées par Le Nôtre. Cette perspective est-ouest s’articule sur la perspective du Grand canal, grand axe nord- sud. Les deux axes se croisent au niveau du bassin central du parterre bas.
    La composition qu’André Le Nôtre avait mise en place répond aux contraintes du site et reprend les éléments d’un jardin classique harmonieux : organisation autour du château pour le tracé des terrasses et du miroir d’eau, articulation des niveaux et du dessin des parterres avec les lois de la perspective, hiérarchisation des espaces, symétrie, grande place accordée aux aménagements hydrauliques et aux jeux d’eau.
    Trois niveaux couvrent une superficie d’environ 10 hectares : le parterre haut, le parterre bas (entre le Grand canal et la demi-lune) et la plaine des Quatre Statues.
  • Une restauration essentielle pour le Domaine de Sceaux
    La qualité paysagère d’ensemble de cette grande perspective ouest est encore aujourd’hui bien établie, mais elle a perdu son organisation hiérarchisée conçue par Le Nôtre. Si l’étagement des différentes séquences a pu être conservé au cours des siècles, les transformations progressives des décors de broderies et de pièces coupées de gazon en simples compartiments de pelouses ont en revanche conduit à une uniformatisation d’ensemble de cette composante majeure du Domaine de Sceaux.
  • Dans le cadre de la revalorisation du Domaine de Sceaux et de la « grande perspective du château », le projet de réintroduction des parterres de broderies et de gazon se définit en termes de conception paysagère, historique et fonctionnelle. Il associe l’histoire du site, la présence des tracés historiques des jardins classiques réguliers du XVIIème siècle ainsi que les usages actuels et projetés du parc.

Les trois composantes du projet : le parterre haut, le parterre bas et la Demi-lune
Deux composition de parterres ont été conçues par André le Nôtre : l’une entre 1670 et 1683, Jean Baptiste Colbert était alors propriétaire du domaine, et la seconde, après l’acquisition de terrains par son fils, le Marquis de Seignelay, entre 1683 et 1690.
L’intervention du Conseil général se réfère à la partie la plus spectaculaire de cette seconde campagne. Elle semble en effet être la plus représentative de cet art paysager si spécifique, en ce qui concerne la composition hiérarchisée et le traitement décoratif végétal des parterres des jardins classiques et réguliers. Le programme de restauration se compose de trois étapes :

  1. Le parterre haut : le rétablissement des motifs de broderies
    Conformément aux grands principes de composition des jardins classiques de la fin du XVIIème siècle, les parterres les plus proches du Château sont les plus raffinés et les plus « peignés », avec une délicate association de motifs de broderies, d’enroulements et de volutes enchâssés dans une compartimentation géométrique.
    Ces effets décoratifs sont créés à partir de buis taillés, valorisés par des tapis de matériaux au sol dont les teintes et les granulométries jouent en contraste. Ces éléments de composition peuvent aujourd’hui âtre restitués dans toute la richesse et la subtilité des décors d’origine, par la mise en œuvre de travaux traditionnels de plantations (buis, ifs, gazon) et de sols (granulats, sables, etc.).
    Le Conseil général a souhaité garder les majestueux ifs centenaires qui sont aujourd’hui l’image forte de cette perspective ouest. Ainsi, les évolutions du Domaine, à travers les siècles, n’ont pas été effacées.
  2. Le parterre bas : le rétablissement de la compartimentation et des pièces coupées
    Le parterre bas est un remarquable exemple de compartimentation de pièces coupées de gazon, avec son dessin équilibré d’enroulements se découvrant depuis les terrasses supérieures. Les dimensions décroissantes des compartiments, vers l’ouest, sont étudiées pour accélérer l’effet perspectif.
    Les étroites banquettes de gazon ponctuées d’ifs taillés renforcent les lignes de fuite, tant vers l’ouest (plaine des Quatre Statues) que vers le sud (Grand canal).
    Les restaurations vont permettre de rétablir une composition géométrique, conforme à l’esprit de Le Nôtre. Cette nouvelle compartimentation va nécessiter de réduire la partie inférieure du talus engazonné assurant le rattrapage de niveaux entre le parterre haut et le parterre bas. Ces travaux vont s’accompagner de la suppression de l’actuelle rampe pavée axiale, aménagée dans les années 1930, permettant ainsi de ne conserver que les cheminements latéraux d’un parterre à l’autre, selon la logique d’origine de découverte progressive des composantes du parc. Pour les parties latérales du talus, les emmarchements seront conservés pour la volée haute ; ils seront prolongés pour retrouver des niveaux de palier appropriés, avec la reprise de nivellement de la partie Est du parterre. Ce prolongement sera assuré par des marches et éléments de limon de réemploi provenant du démontage de la volée basse de ce même escalier. Pour réaliser les pièces coupées de gazon et assurer un contour précis et régulier des motifs, il est indispensable de mettre en place des voliges métalliques. Les étroites banquettes de gazon, ponctuées d’ifs taillés, vont renforcer l’effet de perspective des larges bandes axiales sablées. Des travaux préparatoires de sols et de drainage sont nécessaires.
  3. La Demi-lune : la restauration ponctuelle des composantes
    À la fin du XVIIe siècle, la Demi-lune était une vaste esplanade sablée bordée d’un double alignement d’arbres. Sa compartimentation a été engagée dès le début du XVIIIème siècle. L’arc de grands ifs taillés en cône, adossé à un bahut régulier composé d’ifs taillés, fait aujourd’hui partie intégrante de cette composition. Seuls des travaux ponctuels de remise en état des structures végétales sont nécessaires.

Le calendrier des travaux
Le Maître d’œuvre du chantier des broderies est Pierre-André Lablaude, Architecte en Chef des Monuments Historiques, une référence en matière de restauration des jardins d’André Le Nôtre. Les travaux ont été lancés à l’automne 2012. Ils s’achèveront à l’été 2013. La durée des travaux s’étalera sur 8 mois. Les travaux sont réalisés sur environ 4 hectares. Le Conseil général des Hauts-de-Seine investit 1,7 M€ dans ce projet.
Les travaux de terrassement, les interventions sur les réseaux hydrauliques, l’engazonnement ainsi que la plantation de végétaux (buis et ifs), permettront :

  • le redimensionnement décroissant des compartiments,
  • la reprise du talus central,
  • la disparition de la pelouse entre les deux terrasses actuelles,
  • la plantation de 125 000 buis, pour les bordures et les motifs (soit 6km de linéaire végétal), de 176 ifs de 1,50m, taillés en topiaires, dans les banquettes axiales et le pourtour des compartiments du parterre bas,
  • l’engazonnement de 9 600 m2 (banquettes, compartiments et talus),
  • la restauration des réseaux hydrauliques des parterres.

Le détail des travaux

  1. Le parterre bas
    Les compartiments des parterres étaient de dimensions décroissantes à partir du château pour dynamiser l’effet perspectif. La réintroduction du parterre bas est l’occasion de redessiner la composition géométrique et les compartiments en pièces coupées de gazon dessinés par André Le Nôtre.
  2. Le talus Est
    Des interventions préalables de décaissement de sols au droit de l’actuel talus Est, le démontage des volées inférieures des emmarchements latéraux et la démolition de la rampe axiale pavée rétabliront l’emprise de la topographie d’origine.
  3. Le parterre haut
    Il se compose des parterres les plus proches du château. Ce sont les plus raffinés. Visibles des fenêtres et de la terrasse supérieure du château, ils sont dessinés selon les codes techniques de l’époque. Tel un tapis, ils prolongent la décoration intérieure et mettent en valeur l’architecture du bâtiment. La particularité de la recomposition du parterre haut réside dans la préservation des lignes d’ifs taillés en cônes, centenaires et majestueux. La volonté de conserver la mémoire paysagère du site et de l’intégrer aux usages d’aujourd’hui, fait du parc de Sceaux un lieu ancré dans le monde actuel mais riche encore de son passé.
    À noter : Les ifs taillés en topiaire font parties intégrantes des jardins classiques et réguliers, elles amènent une verticalité au plat des parterres. Les topiaires d’ifs des banquettes axiales et des pourtours des compartiments, seront formées selon 7 modèles choisis parmi les 300 créations de topiaires d’André Le Nôtre. Chaque modèle a son propre gabarit.

400ème anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre
En 2013, le Conseil général des Hauts-de-Seine célèbrera également le 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre (1613-1700) avec une journée d’étude, des conférences, des visites thématiques, des spectacles, des expositions…

Journée d’étude : « L’héritage d’André Le Nôtre », réflexion sur la gestion et la valorisation de l’œuvre d’André Le Nôtre
Le 1er octobre 2013 de 9h à 17h30 dans l’Orangerie du Domaine.
Gratuit.
Neuf intervenants : paysagistes, jardiniers, historiens de l’art des jardins, responsables de parcs publics et privés animeront cette journée d’étude. L’objectif est de mettre en contact des responsables de parcs, des techniciens, des historiens des jardins afin qu’ils puissent confronter leurs expériences sur les pratiques de gestion et de valorisation des parcs dessinés par Le Nôtre et, plus généralement, des jardins classiques du 17e siècle.
Avec la participation de (sous réserve) :

  • Pierre-Antoine Gatier (ACMH) : la restauration du réseau hydraulique dans le domaine de Chantilly ;
  • Louis Benech (paysagiste) : la restauration du jardin des Tuileries dans les années 1990, le projet de réaménagement du bosquet du Théâtre d’eau à Versailles ;
  • Pierre-André Lablaude (ACMH) : le projet de restauration des broderies du parc de Sceaux ;
  • Patrice de Voguë (propriétaire du domaine de Vaux le Vicomte) : la gestion d’un jardin classique privé ;
  • Sylvie Glaser (directrice du domaine de Saint-Cloud) : valorisation du patrimoine historique et paysager du domaine ;
  • Michel Audouy (paysagiste, enseignant à l’Ecole du paysage de Versailles) : l’héritage de le Nôtre dans la création paysagère contemporaine ;
  • José Girard et Olivier Bouviala (responsables de l’unité Sceaux et du patrimoine naturel du sud du 92) : démarche environnementale et conservation du patrimoine historique dans le domaine de Sceaux ;
  • Gilles Becquer (jardinier en chef de Saint-Germain-en-Laye) : la gestion du « jardin français » et de la terrasse de Saint-Germain-en-Laye ;
  • Pierre Bonnaure (historien des jardins, jardinier en chef aux Tuileries): conservation des structures végétales dans les jardins de Le Nôtre.

Cycle de conférences autour du thème « L’art d’André Le Nôtre dans le territoire des Hauts-de-Seine »
Entre le 18 septembre et le 23 octobre 2013 à 18h dans l’Orangerie du Domaine.
Gratuit et sur inscription (au 01 41 87 29 71).
Au cours de 5 conférences, des historiens, des responsables de domaines du XVIIème siècle et des architectes présenteront au public, passionnés de jardins historiques, les parcs dessinés par André Le Nôtre dans le territoire des Hauts-de-Seine (Sceaux, Saint-Cloud, Meudon) ;

  • Mercredi 18 septembre : « Le Nôtre en Île-de-France » par Aurélia Rostaing, historienne des jardins, auteur de « Les jardins de Le Nôtre en Ile-de-France » ;
  • Mercredi 25 septembre : « Le Nôtre et la science du terrain » par Frédérique Sichet, historien des jardins, paysagiste ;
  • Mercredi 2 octobre : « Le Domaine de Saint-Cloud » par Sylvie Glaser, administratrice du domaine de Saint-Cloud ;
  • Mercredi 9 octobre : « Le Domaine de Meudon » par Francis Villadier, conservateur en chef du patrimoine ;
  • Mercredi 16 octobre : « Le Domaine de Sceaux » par Christian Lemoing, Ingénieur, Paysagiste responsable des parcs départementaux du sud du département des Hauts-de- Seine, dont le parc de Sceaux, et Dominique Brême, directeur du musée de l’Île-de-France ;
  • Mercredi 23 octobre : « La restauration des broderies du parc de Sceaux » par Pierre-André Lablaude, Architecte en chef des Monuments historiques.

Cycle de visites thématiques du parc et du musée de l’Ile-de-France autour de Le Nôtre et du jardin classique « à la française »
D’avril à novembre 2013.
Gratuit.
Ces visites thématiques seront assurées par les conférenciers du Conseil général (paysagistes, historiens de l’art, historiens des jardins). Des visites seront réservées au public handicapé (malvoyant, à mobilité réduite, malentendant).

Exposition « Le Nôtre »
De mars à novembre 2013 dans le parc.
Gratuit.
Cette exposition en plein air dévoilera au grand public l’art d’André Le Nôtre : l’eau, les jeux optiques, les perspectives… dans les espaces « clés » du parc.

Exposition sur le chantier de réintroduction des parterres de broderies et de gazon des jardins du Domaine de Sceaux
Depuis l’automne 2012 et jusqu’à la fin des travaux (été 2013).
Gratuit.
Le Conseil général présente dans le détail le chantier en cours. Les visiteurs peuvent ainsi se tenir informés des transformations apportées par le Conseil général sur 4 hectares et comprendre l’esprit de ce projet.

Réédition de l’ouvrage « Le parc de Sceaux » (Ed. Jaques de Givry)
Sortie prévue en octobre 2013.
Le Conseil général va rééditer cet ouvrage publié en 1997. Il sera mis à jour et enrichi par de nouveaux textes et de nouvelles photographies. Les passionnés de jardins pourront mieux comprendre la manière dont le parc a vécu au fil des siècles et comment il continue d’évoluer. Cet ouvrage sera mis en vente dans les boutiques des trois musées du département des Hauts-de-Seine (Domaine de Sceaux, Musée Albert-Kahn à Boulogne-Billancourt ; Maison de Chateaubriand à Châtenay-Malabry).

Spectacle « Les fables de La Fontaine »
Samedi 25 mai 2013.
Gratuit.
Le Conseil général présentera un spectacle de la compagnie Phénomène et Cie, de Stéphanie Tesson, qui depuis des années propose des événements d’une grande qualité artistique dans les parcs historiques français. Les spectateurs, menés par les personnages des fables, sont entraînés dans une promenade poétique à travers le parc. Cet espace devient alors théâtre de verdure, dans l’esprit des jardins classiques du 17e siècle.

Spectacle « Le Nôtre et Louis XIV »
Les 28 et 30 juin 2013.
Gratuit.
Le Conseil général présente un spectacle associant musique, littérature et art des jardins avec Patrick Scheyder au piano et au clavecin, Michael Lonsdale et Monique Scheyder, comédiens.

Inauguration des parterres de broderies et de gazon des jardins du Domaine de Sceaux
En septembre 2013.
Gratuit.
En point d’orgue du 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre (1613-1700), Patrick Devedjian, Député et Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, et Yves Révillon, Vice-président du Conseil général en charge du Patrimoine non scolaire et des Promenades vertes et de la Promenade bleue, inaugureront les parterres de broderies et de gazon restaurés dans le Domaine de Sceaux, en présence de Pierre-André Lablaude, Architecte en Chef des Monuments historiques et Maître d’œuvre du projet.
Cette présentation sera accompagnée par une série de spectacles de danse, théâtre, musique, dans l’esprit des célèbres fêtes organisées par la Duchesse du Maine en 1714 et 1715 au Domaine de Sceaux.

La gestion environnementale du Parc de Sceaux
La gestion à long terme
Lancée en 2010, l’élaboration du plan de gestion du parc départemental du Domaine de Sceaux s’inscrit dans une démarche de développement durable. L’élaboration de ce document a été aussi l’occasion de formaliser ce que l’on appelle communément la « gestion différenciée ». Celle-ci n’a pas pour seul objectif de conserver et développer la flore et la faune sauvage d’un site. La gestion différenciée d’un parc se conçoit plus globalement dans une logique de développement durable où les intérêts économiques, écologiques, sociaux et culturels doivent s’équilibrer et « se nourrir » les uns les autres.
Concrètement, le parc départemental du Domaine de Sceaux ayant plusieurs vocations (historique, culturelle, paysagère, naturelle, ludique, sportive…), sa gestion doit a fortiori garantir des espaces différents qui les porteront. La gestion différenciée est la source des différentes ambiances paysagères et des différents usages du parc.
Actualisé tous les 5 ans, le plan de gestion s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue dont l’objectif final est la transmission aux générations qui nous suivent d’un patrimoine intelligemment préservé.

La gestion à moyen terme
Cette gestion différenciée présente l’intérêt d’offrir au public une plus grande diversité de paysages. Aujourd’hui, nous sommes en train de passer d’une gestion plurielle vers une gestion différenciée, en conservant et valorisant cette part environnementale, tout en conservant le caractère historique du site.

L’eau
Le Domaine de Sceaux comprend sept bassins historiques avec jets d’eau ainsi que des Grandes cascades se déversant dans le bassin de l’Octogone. Tous fonctionnent en circuit fermé avec recyclage. Seuls les bassins de l’Olympe du Petit château et du jardin de l’Orangerie utilisent l’eau de ville ; les autres sont alimentés par deux forages situés au sein même du parc.

Les boisements
Le parc compte près de soixante hectares de boisements composés de chênaie-charmaie et frênaie érablière sous forme de futaies, de taillis ou de bosquets.
Un premier plan de gestion forestière a été mis en place en 1995. Malmené par la tempête de 1999, ce plan de gestion a été revu en 2000 puis en 2005 et les supports informatisés.
La gestion des boisements est une gestion sylvicole active mais sans objectif de production. La régénération des boisements est artificielle afin d’aider le peu de régénération naturelle qui peut se former. Les plantations de baliveaux ou de tiges sont toujours accompagnées d’arbustes à baies, favorisant ainsi le développement de la faune. La plupart des alignements du parc (soit 12 km) sont traités en taille architecturée. L’intervention consiste en une taille en vert qui a lieu entre mars et septembre. Elle est réalisée par une entreprise spécialisée avec une machine à guidage laser.

Le fleurissement
Les rosiers : les parterres de rosiers du parc sont une composante importante du Domaine de Sceaux. Ils se situent Plaine de Châtenay, au Fer à cheval et à l’Hémicycle. Les variétés de rosiers, d’un rouge lumineux, sont semi-remontantes, ce qui offre un fleurissement plus long et plus fourni.
Le fleurissement saisonnier : très remarquables, quand viennent les beaux jours, les massifs floraux sont très prisés par le public. Quatre secteurs du parc sont concernés par des décorations florales qui évoluent au cours des saisons : le jardin du Petit château, les jardins de l’Aurore, le jardin de l’Intendance, le jardin sud de l’Orangerie.
Depuis novembre 2012, la cour d’honneur et l’accès au château sont décorés par des bacs plantés de lauriers nobles et qui seront fleuris à leur pied.

La préservation de la biodiversité
Le Conseil général des Hauts-de-Seine met en place des mesures de conservation et de gestion des espaces et des habitats afin de préserver et de développer la diversité biologique. Depuis cinq ans, les actions qu’il met en œuvre sont :

  • La création de zones naturelles protégées
    Il s’agit d’espaces de nature clos. Les zones naturelles protégées (ZNP) sont créées dans des milieux diversifiés qui peuvent être des boisements jeunes à vieillissants, des friches, des prairies, des milieux humides ou une mare. Les interventions d’entretien y sont limitées et peu fréquentes. La diversification des habitats et la tranquillité en font des zones refuge précieuses pour la faune, notamment pour les espèces sensibles au dérangement comme l’épervier d’Europe ;
  • Les équipements et aménagements destinés à la faune
    À titre d’exemple, il existe aujourd’hui 233 nichoirs sur le Domaine de Sceaux. L’installation de ruchers permet le développement des populations d’abeilles indispensables à la pollinisation et donc à la reproduction des plantes ;
  • La gestion des zones humides
    Avec l’implantation de radeaux végétalisés pour l’avifaune aquatique sur le Grand canal et le bassin de l’Octogone. Il y a également la création de mares qui permettent de recréer des écosystèmes aquatiques très riches et de diminuer les rejets des eaux vers les réseaux d’assainissement ;
  • La démarche « zéro phyto »
    Elle correspond à la suppression des pesticides, des désherbants chimiques et autres produits phytopharmaceutiques. La démarche « zéro phyto » a pour objectifs notamment de réduire la pollution des eaux des rus, des eaux de surface et des nappes souterraines, de contribuer à réduire la pollution de l’air par les molécules de synthèse, d’éviter d’exposer le public, les applicateurs et la faune aux risques chimiques liés aux traitements. Cette conversion a commencé en 2003 ;
  • La valorisation des déchets verts, par la réduction des exportations
    Pour ce faire deux actions sont entreprises : réduire l’exportation en étalant dans les boisements les feuilles ramassées sur les allées principales, et en procédant à l’épandage des produits de taille dans les massifs d’arbustes, après les avoir broyés ; valoriser la plateforme de compostage mise en service en 2008. Le compost est utilisé pour l’amendement dans les massifs ;
  • L’incitation au recours aux énergies alternatives
    Par l’acquisition de moyens de déplacement moins polluants ; par la création, en 2010, d’un bâtiment haute qualité environnementale ; par l’utilisation d’animaux tels qu’un cheval de trait (transport, ramassage des déchets…) ou de moutons pour le pâturage des prairies ; par l’utilisation depuis 2005 de carburant écologique (un carburant sans benzène, ni éther, à très faible teneur en soufre et hydrocarbures aromatiques) ; par la diminution de la pollution sonore ;
  • L’intégration de la démarche environnementale dans les marchés publics
    Le cahier des charges du marché public passé avec l’entreprise d’entretien du parc intègre les exigences de la démarche environnementale. L’entreprise est amenée également à proposer des solutions innovantes pour aller plus loin dans la protection de l’environnement.
  • L’intégration, depuis 2011, d’une clause sociale dans le marché d’entretien du parc pour permettre le recrutement de personnes en insertion
    Le parc départemental du Domaine de Sceaux est classé « jardin remarquable » par le ministère de la Culture. Le parc est actuellement dans une phase de labellisation « espace vert écologique », destiné à expliquer au public les actions de développement de la nature et de la biodiversité dans un parc au caractère historique bien affirmé.

Grâce à ces actions, le Domaine de Sceaux a été labélisé en 2012, Espace vert Ecologique® et son label « jardin historique » lui a été renouvelé.

Commentaires (6)

  1. jpp

    On est allés en délégation du jardin St-Serge voir Marco Martella il n’y pas longtemps….

  2. nicole

    enfin, jpp, vous avez pensé à Marco Martella …parceque Jorn de Précy …….

  3. mamiefanfan

    le parc de Sceaux, la vallée aux loups, les pépinières Croux et Vilmorin, toute mon enfance !!!!!

  4. jpp

    J’ai pensé également à Jorn de Précy : Chatenay et le souvenir de ses pépinières n’est pas loin. Un parcours mène d’ailleurs de Sceaux à la Vallée aux loups de Chateaubriand, le magnifique arboretum hérité des pépinières Croux et le jardin magique du peintre Fautrier.

  5. josette

    J’ai lu une bonne partie et copié l’ensemble pour lire tranquillement ce soir. Merci Alain.

  6. nicole

    passionnant, je vais m’enregistrer cet article, Alain, si plein d’infos diverses !

    en tous cas, le soi disant Jorn de Précy n’aurait pas apprécié cette restauration ….si tant est qu’il ait jamais existé, ce qui n’est pas le cas …….

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