Tree, exposition de Franck Landron du 17 octobre au 15 novembre 2012

Tree / Franck Landron

Dans cette série sobrement intitulée « Tree », Franck Landron part à l’orée de la photographie pour pousser cette dernière vers un nouveau territoire picturale. En osmose avec son sujet, ses tirages semblent vivants, organiques, rugueux. Aussi la tentation du toucher est grande. Les arbres de Franck Landron prennent relief sur les supports les plus divers, subissent les interventions les plus inattendues. Ses œuvres sont au croisement de la photographie, de la peinture et de la gravure.

Au gré de ses voyages, Franck Landron a saisi quantité d’arbres, d’essences communes ou précieuses, frêles ou robustes, à feuilles caduques ou persistantes. À la manière d’un botaniste, il collecte les différentes espèces, les enregistre photographiquement de manière méthodique. Il constitue alors un premier album de photographies. Uniquement de photographies. Puis il se plonge au cœur de la matière. Sa volonté est de retrouver dans chaque tirage l’écorce de l’arbre, la vibration de son feuillage, le vieillissement et le pourrissement que les éléments et les saisons lui impriment.

Ses images sont elles même tirées sur les papiers et les supports les plus divers, collectés eux aussi aux quatre coins de la planète : papier contenant des fleurs, écorces d’arbres, papyrus, tissus, etc. Le relief de ses matières insuffle aux photographies de Franck Landron une sensualité tour à tour douce et violente. Il n’hésite pas au besoin à malaxer cette matière, à éprouver physiquement le rendu souhaité, en ajoutant vernis ou résine, brûlant et/ou rayant les surfaces.

Tree / Franck Landron

Ses arbres deviennent de véritables personnages vivants, de tailles et d’humeurs différentes. Il les sort de notre réalité quotidienne et en fait des personnages de contes et légendes, parfois menaçants, parfois rassurants. Dans leur ombre, en contemplant leur hauteur, nous redevenons des enfants qui s’imaginent perdus, s’inventant des aventures extraordinaires dans un pays magique. Nous nous engageons dans un parcours initiatique et introspectif, où l’arbre participe de la symbolique de la forêt, réceptacle de nos peurs ancestrales et des nos fantasmes.

Loin de tout naturalisme, en les soustrayant parfois à leur environnement immédiat, en les isolant, en les détourant de vide, nous pouvons interpréter à loisir les arbres de Franck Landron. C’est alors que l’artiste devient Franck notre guide dans cet univers composite et dense, au cœur de cette forêt réinventée. Il est le garde forestier, celui qui connaît ces géants, soulève les ramages, écarte les branchages.

Il nous invite à pénétrer par delà l’orée.

Tree / Franck Landron

L’exposition « TREE » de Franck Landron est présentée dans le cadre du Mois de la Photo-OFF.

Le vernissage a eu lieu hier, mardi 16 octobre. À cette occasion, Franck Landron a signé son livre TREE paru aux éditions de l’Œil.

Franck Landron
Depuis l’âge de 13 ans, jour où il a reçu son premier appareil photo, Franck Landron collecte des traces de sa réalité. De son « Journal extime », carnet photographique intime, en passant par « à Terre », jeu entre géométrie et topographie, jusqu’à « Tree », sa dernière série confrontant la représentation et la symbolique de l’arbre à la matière photographique et picturale, Franck Landron renouvelle sans cesse son expression visuelle. Sa recherche plasticienne lui autorise toutes les manipulations physiques de l’image, l’exploration de nouveaux supports, l’adjonction de matière sur la surface, ou l’altération de celle-ci.
Avant d’être un artiste, il est un artisan qui glane, avec confiance, toute la matière nécessaire à l’édification d’une œuvre qui restera toujours en chantier. Sans angoisse, partout où il se trouve, avec discrétion, voire à l’insu du regard de l’autre, il se remplit, jour après jour, de l’infinité des couleurs de l’existence.
Que cherche-t-il ? Rien qu’il ne puisse exprimer à travers les mots, juste une présence au monde, une captation instinctive de ce qu’il ne faut pas perdre et qui appartient à tous.

Biographie
Formation : École Nationale des Beaux Arts (architecture), École Supérieure Louis Lumière, section prise de vue, promotion 1982.
Photographe : 1er appareil photographique en janvier 1971, 1ère exposition en juin 1980, école Nationale des Beaux Arts, Paris Exposition Journal Extime, Centre Iris Galerie, avril- juin 2009. Livre : « Tsukiji, le plus grand marché au poissons du monde », 2009, Éditions Agnès Viénot.

« Visions » (extrait)
« Le génie poétique de Frank Landron inspire chacune de ses images. Oui, cet homme rêve tout debout depuis qu’il est tout petit, rêve qu’il est très grand et à force il le devient. Le monde qu’il croise tombe sous sa vision, fatalement transformé, et alors il se mesure aux arbres. A ces géants silencieux, à ces ombres folles, millénaires à ces présences qui en secret nous enterre, nous qui n’avons pour nous que le sang d’une si courte saison.
Ah oui… les arbres… Landron n’est pas le premier artiste que les arbres fascine. Ce qui le distingue est son absolue liberté. Ses arbres à lui défient le cadre des références, ils sont, comme on dit, atypiques : peints, griffés, infra-colorés, surexposés, parfois explosés par la couleur, ou encore tout en pluie, comme pris au travers d’une vitre elle-même en train de fondre. À l’arrivée, on s’interloque. On s’arrête vaguement stupéfaits, pris de court, le souffle coupé, comme face à un délire virtuose, une folie parfaitement traitée. Ils sont rares ceux qui ont les moyens techniques – et ceux de Landron photographe, mais aussi peintre et réalisateur sont en effet multiples- de « dealer » avec la bombe intérieure qui les propulse et les inspire. On osera, pour Franck Landron, parler d’appétit volcanique. Force, couleurs subtiles, sensualité, extrême originalité, chaque arbre se présente dans son absolue singularité, comme si le photographe donnait à chacun le nom de son âme. »
Isabelle Floc’h, Galerie La Ralentie

Publication de TREE, de Franck Landron / Les éditions de l’Œil
Franck Landron est un promeneur au long cours que ses pas mènent d’Europe en Afrique, d’Afrique en Asie, et ainsi de suite ; mais aussi du cinéma à la photographie, de la photographie à la peinture, et là encore, « ainsi de suite ». C’est dire si ses yeux lui servent autant que ses jambes pour mener à bien ces voyages, au fil desquels il construit ce qu’Olivier Bourgoin appelle « un herbier géant pour apprenti sorcier », qui compose le livre que voilà : images d’arbres d’ici et d’ailleurs, comme autant de calligrammes postés le long des routes, tout à la fois pour cerner le paysage qui défile, et le protéger… Si certaines de ces images peuvent évoquer les visions d’un Alan Poe, d’autres les rêveries d’un Kenzaburô Ôe , ou encore les constructions d’un Alexander Calder, toutes jalonnent d’une petite pierre blanche les voyages imagés de Landron et se postent discrètement sur la frontière mouvante entre les arts.

TREE – Photographies de Franck Landron
Les éditions de l’Œil
80 pages
Format : 19,5 x 24,5 cm.
30 €.

La Ralentie, lieu d’Art et de Pensée, galerie d’art contemporain
Une galerie hors normes créée sous l’impulsion d’Isabelle Floc’h, psychanalyste, particulièrement engagée dans les rapports qu’entretiennent entre eux l’art, la pensée et notamment la psychanalyse. Située au coeur de l’atmosphère effervescente et créative du XIème arrondissement, proche du canal Saint-Martin, La Ralentie résonne comme un appel au calme et à la réflexion.
Désireuse de soutenir le retour à une figuration renouvelée qui ressuscite l’émotion, et en rupture avec la culture du choc qui imprègne la production artistique actuelle, Isabelle Floc’h présente tout au long de l’année des expositions d’artistes engagés dans cette voie.
En s’attachant à créer un lieu d’art vivant, La Ralentie ponctue ses expositions de rencontres thématiques. Ces rencontres réunissent écrivains, essayistes, romanciers, philosophes, psychanalystes et aussi gens de théâtre et de cinéma. Elles se déroulent autour d’un thème unique choisi pour sa valeur d’enjeu, c’est à dire porteur d’interrogations majeures en ce qui concerne l’actualité et le devenir de nos vies humaines. Elles profitent d’une approche croisée, propice à l’ouverture, à la confrontation et à l’enrichissement des points de vue, et surtout à la liberté d’esprit.
La Ralentie invite des comédiens pour des lectures à haute voix. Une initiative résultant de la volonté de faire (re)découvrir les grands textes et de renouer ainsi le fil avec la culture artistique et picturale de nos prédécesseurs ; remettre en voix ces textes magnifiques écrits par les artistes eux-mêmes sur l’art, à l’instar de ceux d’Odilon Redon, Eugène Delacroix, Paul Gauguin, Alberto Giacometti, ou par des écrivains, comme Rainer Maria Rilke, Émile Zola, Jean Genet…
La Ralentie, en amicale collaboration avec la librairie Les Guetteurs de vent, organise également des présentations de livres en présence des auteurs.

Galerie La Ralentie
22-24, rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris.
Tél. : +33 (0)1 58 30 68 71.
E-mail : galerielaralentie@yahoo.fr
Du mardi au samedi, de 14h à 19h.
Site Internet : www.galerielaralentie.com

Commentaires (3)

  1. Damien

    JPP : C’est quoi le problème avec Photoshop ?! C’est un peu comme dire « c’est pratique l’agrandisseur hein ! » sous prétexte qu’il permet de travailler le contraste et la luminosité d’une image. Allez voir le travail avant de parler, ce sera plus intelligent et n’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez finalement pensé !!

  2. Olivier

    Franck Landron ne s’interdit rien… C’est un sorcier de l’image… Il mêle le numérique au traditionnel, le pixel au pigment, à la résine, à l’encre de Chine.. Il faut aller voir pour se rendre compte…

  3. jpp

    C’est pratique Photoshop,, hein !

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