mai 092010
 

Mercredi dernier, je suis allé découvrir la nouvelle édition du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41). Pour 2010 et la 19ème édition du Festival, le thème choisi est : « Jardins corps et âme ». 25 photos pour vous donner un petit aperçu de la manifestation dans toute sa diversité…

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

Labyrinthe de la Mémoire, Château du Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Cette dix-neuvième édition du Festival International des Jardins met en scène les jardins qui soignent l’âme et le corps, des jardins qui apaisent et qui régénèrent. Agissant sur tous les sens, le jardin est le lieu d’apaisement et de sérénité par excellence : un espace propice à la contemplation et à la stimulation de l’imaginaire.
Mais il est aussi ce lieu qui fait naître les plantes qui soignent le corps et plus généralement les herbes de santé, les plantes aromatiques, les plantes condimentaires… Le jardin génère les médicaments, mais aussi les onguents, les parfums, les saveurs, etc.
Parfois considéré comme un espace de rédemption de nos tourments, il est également un lieu qui reconstruit et soigne l’esprit. « Toucher la terre » agit sur notre équilibre intérieur et l’on a pu mesurer le pouvoir du jardin sur les pathologies cérébrales et neurologiques. Dépenses physiques, activité intellectuelle, convivialité, tout concourt au jardin à favoriser les énergies positives.
Le jardin soigne aussi les paysages blessés, qu’il embellit, restaure, répare; il participe même d’une purification de la nature empoisonnée par l’homme (pesticides, pollutions diverses) avec les plantes dépolluantes, détoxifiantes.

Si le jardin soigne l’âme et le corps, il suscite des passions, des engagements « corps et âme » au service de cette cause de la beauté, du bonheur et du mieux-être. « La beauté – écrivait Stendhal – est une promesse du bonheur ». Le jardin sait tenir cette promesse et nous offrir le plaisir de la contempler dans son invention et ses diversités.

Les jardins du concours

Les jardins du concours du Festival International des Jardins

Hommage à Lady Day, Strootman Landschapsartchitecten bv (Pays-Bas), Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Ce jardin est un hommage à Billie Hollyday, légende de la soul music, disparue à l’âge de 44 ans. Il fait référence à l’existence douloureuse de l’artiste, ruinée par l’héroïne, à sa voix sublime et à son engagement « corps et âme » dans la musique, qui, comme le jardin, agit sur nos âmes et les apaise.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Mater, ma terre" d'Olivier Hostiou, Marie Forêt et Laurent Weiss, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

La Terre est notre mère à tous, elle nous a enfanté par l’alchimie de ses éléments : retrouver ce contact premier avec notre « Mater la Terre » est la finalité de ce jardin. Nous naissons chacun avec des traces, visibles ou invisibles, de notre passage dans l’enveloppe maternelle. Le jardin nous accueille pour une nouvelle gestation et vous invite à marcher lentement, happé par ce tourbillon mystérieux : le parcours nous emmène du rugueux au doux, du violent à l’apaisé, de l’âcre au suave, de l’hostile à l’accueillant, de l’austère au voluptueux, du sombre au lumineux.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Labyrinthe de la mémoire" d'Anne et Patrick Poirier, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le creux de la main" de l'Association Semis Publics, Fanny Castant et Renaud Le Creff, paysagistes DPLG, Juliette Berny, géographe et photographe, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Dans ce jardin, le temps semble suspendu, le plancher s’est pétrifié. Sur un sol incliné, des éléments figés offrent au corps matière à se détendre et à l’âme image à méditer.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le creux de la main" de l'Association Semis Publics, Fanny Castant et Renaud Le Creff, paysagistes DPLG, Juliette Berny, géographe et photographe, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Igloolik ultima" de Julien Lachal, Julie Bernard et Agathe Faure, architectes DPLG (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Ce jardin est une métaphore métaphysique où femme, homme et chaman s’incarnent dans un jardin par l’expérience des sens. « Igloolik » veut dire « là où il y a des maisons ». « Igloolik ultima » est donc le lieu où se trouvent les maisons des âmes incarnées.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Cheveux d'ange" de Christophe Marchalot, architecte DPLG et Félicia Fortuna, auteur plasticienne (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le jardin qui chante" de Rosalie Zeile et Amalia Basada, paysagistes (Allemagne), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Écouter et contempler sont les maîtres mots de ce jardin. Il accorde une large place aux oiseaux, dont la présence permet de soigner le corps de l’homme et d’apaiser l’âme. Le jardin est composé de deux ambiances différentes :
La partie centrale est composée d’un parterre planté de nichoirs. Les visiteurs peuvent écouter le gazouillement de chaque espèce, lire le nom et apprendre à les reconnaître selon les figures de bois découpées sur les toits.
Chaque allée bordant la pièce centrale donne sur des parterres plantés de graminées qui offrent la possibilité de se retirer et de méditer. Les curieux plongent dans la forêt des vivaces et atteignent un lieu de silence. Ils peuvent alors grimper sur une chaise d’arbitre et regarder l’environnement avec hauteur. À deux mètres, ils peuvent contempler l’animation au milieu du jardin : les visiteurs, les oiseaux, les papillons et les fleurs. Ici, c’est le moment de relaxer corps et âme

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Dix pieds sous terre" de Tony Balme, Ingrid Saumur, paysagistes DPLG, Fabien David, paysagiste, Franck Boulanger, graphiste et Fabrice Ramalinghom, danseur et chorégraphe (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Creuser la terre, enfoncer, enfouir, ensevelir le corps pour mieux accéder à l’âme.
Une descente solennelle vers le centre du jardin par un couloir sombre est suivie d’un accès soudain à la lumière en rapport avec le ciel. Au lieu de piétiner le jardin, on y entre tout à fait pour se retrouver les yeux au ras de la terre. La plante que l’on aurait piétinée depuis notre mètre 70 devient un extraordinaire objet de contemplation.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Bon thé, bon genre" de Pip Partnership, Georges Richardson et Jules Arthur, paysagistes (Angleterre), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Cupidon s'en fout" de Didier Courant, architecte urbaniste, Philip Robert, plasticien vidéaste, Gilles Pujol, ingénieur des villes, Ronan Sene, paysagiste DPLG et Yann Bruneau, urbaniste environnemental (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"L'arbre à prières" de First Republic, Emmanuel de Buzonnière, designer, Kevin Bouchard, Herbé Bourdillat, Lucie Guyot, Mel Chartrain, Mike Gaujoux et Claire Michaud (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Ce jardin invente un lieu où puiser dans les éléments naturels un refuge pour ses peines, ses maux, ses espoirs ou encore ses secrets. Il permet d’accueillir une part de nous même par un geste symbolique qui délivre ou soulage. Il s’inspire de rituels ancestraux que l’on peut rassembler sous le terme « arbre à prières ». Les plantes grimpantes viendront petit à petit habiter la structure de bambous et l’arbre prendra vie.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Hortithérapie sensorielle" de Stefana Marinaz, Francesca Vacirca et Daniela Tonegatti, architectes paysagistes DPLG, Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Voyage à travers quatre jardins dédiés au bien-être. Jardin sauna, jardin potager, jardin massage et jardin parfumé, cet espace d’hortithérapie sensorielle propose une expérience des sens complète, destinée à rétablir l’équilibre et l’harmonie de l’âme et du corps des visiteurs.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le vilain petit jardin de Jean-Michel Vilain" d'Arnaud Denis, scénographe, Pauline Robiliard et Xavier Coquelet, paysagistes DPLG (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le vilain petit jardin de Jean-Michel Vilain" d'Arnaud Denis, scénographe, Pauline Robiliard et Xavier Coquelet, paysagistes DPLG (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Dans un souci pédagogique et attractif pour un large public, le jardin démontre que tout ce qui peut sembler mauvais, sale ou encore trop odorant (comme le compost, les tas de fumier ou les tuiles concassées) peut être un support idéal pour accueillir ce du végétal. Monsieur Vilain a volontairement voulu cultiver les vilaines plantes de nos jardins pour leur redonner une âme. Il s’applique à guider sur support ses liserons. Il collectionne les mauvaises herbes, installe un banc de fortune dans les ronciers de son jardin.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le vilain petit jardin de Jean-Michel Vilain" d'Arnaud Denis, scénographe, Pauline Robiliard et Xavier Coquelet, paysagistes DPLG (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Ce jardin propose une promenade qui fera vivre « corps et âme », l’humour, les taquineries et les humeurs changeantes de Monsieur Vilain.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Main dans la main" de Benjamin Millepied, chorégraphe (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Ce jardin vous offre un parcours chorégraphique à parcourir main dans la main. Chaque personne doit choisir la couleur de son choix et marcher sur les dalles de sa couleur sans lâcher la main de l’autre. Un pas de deux entre les mains du visiteur, à lui de dessiner, de composer sa danse et d’être l’auteur de sa chorégraphie.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Un divan au jardin" d'Émeline Escats, paysagiste ENSP, Raphaël Beuchot, auteur illustrateur de bandes dessinées, Fanny Perrot et Camilla Picot, architectes, Leila Simoussa, artisan producteur de tisanes thérapeuthiques (France), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Le jardin comme un outil thérapeutique pour lutter contre la morosité et le mal-être, fléaux de notre époque et de nos contrées. Il détourne les clichés du cabinet du thérapeute. Derrière le divan, ni personnage en costume ni carnet de notes, mais un arbre, silencieux et bienveillant.

Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41)

"Le rêve de Pantagruel" de Carlotta Montefoschi, architecte, Niccolo Cau, Elsa Pandozi, Maria Cecilia Villanis Ziani, Nelda Tripicchio et Ricardo Walker Campos (Italie), Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Peut-être peut-on penser que l’âme s’exprime à travers les rêves. À travers ces derniers, elle communique directement avec le corps et elle en renouvelle les sens, reconstruit dans l’âme impressions et émotions. Dans ce rêve réapparaissent les saveurs, les couleurs, les humeurs d’une table dressée; les décorations festives, l’ordre joyeux de l’apprêt, le rite de « l’être ensemble » accompagné par la nourriture et le vin… Ce qui est nourriture pour le corps et fleurs pour le rêve, la scène entière se développe dans une pièce qui une fois la porte franchie, devient tout de suite paysage, lieu magique, rêvé et désiré.

Hors parcelles

Hors parcelles

Le Jardin d'enfants, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Hors parcelles

HLM à insectes de Michel Davo, Le Jardin d'enfants, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Hors parcelles

Colorès in the bosco, Béatrice Saurel et Michel Racine, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Hors parcelles

Nature Humaine, Arbres à loques, arbres de santé de Béatrice Saurel et Michel Racine, Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Art et Nature à Chaumont-sur-Loire

Art et Nature à Chaumont-sur-Loire (41)

Unrooted Trees, Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin, auvent des écuries du Domaine de Chaumont-sur-Loire (41), mai 2010, photo Alain Delavie

Le Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est ouvert tous les jours et se prolonge jusqu’au 17 octobre 2010.
Ouverture de 10 h à 20 h. La visite guidée d’une sélection de jardins dure environ 1 h 15. La visite libre nécessite au moins 2 heures.
Tarif Festival des jardins & parc adultes : 9,50 euros; tarifs enfants : 6 euros (12 à 18 ans) et 4,50 euros (6 à 11 ans).
Tarif billet jumelé Château, parc & Festival des Jardins adultes : 15 euros; tarifs enfants : 11 euros (12 à 18 ans) et 5,50 euros (6 à 11 ans).

Domaine de Chaumont-sur-Loire
41150 Chaumont-sur-Loire.
Tél. : 02 54 20 99 22.
(Chaumont-sur-Loire est situé entre Blois et Tours, à 185 km de Paris. Accès par l’autoroute A10 et A85, sortie Blois ou Amboise. Des trains directs déservent chaque jour la gare de Chaumont-sur-Loire sur la ligne Paris Austerlitz – Orléans-Tours, arrêt à Onzain).

Bonne(s) visite(s) !

  4 Responses to “25 raisons de voir le Festival des Jardins de Chaumont-sur-Loire”

  1. [...] le site du domaine de Chaumont-sur-Loire. Par ici, vous pouvez admirer les autres jardins et là encore, d’autres photos. Catégorie: Découverte, Evènement, projet Vous pouvez suivre [...]

  2. L’idée n’était pas de tout montrer… il faut laisser le charme de la découverte opérer au moment de la visite. Le festival est très grand, tout photographier correctement demande plus de temps que quelques heures. C’est un flash à une période donnée, très tôt dans l’année, il faut tout revoir cet été, quand les plantes auront poussé car cela donnera d’autres vues, d’autres impressions…

  3. Il manque quand même beaucoup de photos, et notamment concernant certains des projets les plus innovants, les plus achevés ou les plus beaux tout court. C’est par exemple le cas du jardin anglais consacré aux infusions et dont la palette végétale est pour le coup très originale, ou bien l’un des jardins italiens utilisant des panneaux de cuivre (moins écologique, mais pas mal quand même).
    A noter aussi que l’un des jardins (ici non exposé) a tenté un large parterre de Cannabis, au vu et au su de tout les visiteurs.

    Evidemment, tout cela n’aura pas la même allure une fois que tout aura poussé. Certains jardins sont visiblement optimisés pour mai et jouent à très court terme, et d’autres pour septembre. C’est un problème récurrent du festival -ou un avantage, c’est selon- car alors, l’impression n’est plus du tout la même selon les saisons. Il faudra vraiment voir comment tout cela évolue.

  4. Beaucoup sont intéressants, mais j’ai une préférence pour les jardins sur friche (Le creux de la main, Igloolik, le vilain petit jardin) et les onirico-poétiques (Hommage à Lady Day, Mater Ma Terre et Cheveux d’Ange)

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