Opération « Laissons pousser ! »

Sept Français sur dix estiment qu’il n’y a pas assez de végétal en ville selon la dernière enquête Unep-Ipsos 2010. Dès ce mois-ci, Paris et plusieurs villes franciliennes verront leurs espaces urbains délaissés se muer en mini-prairies de fleurs sauvages. Toutes ces collectivités se sont inscrites dans l’opération « Laissons Pousser ! » menée en partenariat avec Natureparif, l’Agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France. Le lancement officiel de la campagne est prévu le 15 avril à 10 h 30, dans les locaux de Natureparif.

Fleurs sauvages en ville

Lin bleu au printemps 2009 dans la rue d'Aubervilliers, Paris 18ème, photo Alain Delavie

Qui ?
Cette année, une dizaine de communes sont de la partie : Paris, Pantin, Aubervilliers, Nanterre, la communauté d’agglomération Sud de Seine (Clamart, Fontenay-aux-Roses, Bagneux et Malakoff), la communauté de communes des Lacs d’Essonne (Grigny et Viry-Châtillon), Valophis Habitat (ex OPAC du Val de Marne), les Parc naturels régionaux du Vexin français (78/95) et du Gâtinais français (77/91)… Toutes ces collectivités et organismes se sont engagés à distribuer à leurs habitants des sachets de fleurs des champs et à autoriser la plantation sur des espaces identifiés. À Paris (75), les sachets seront distribués via le réseau d’écologie urbaine ainsi qu’aux jardins pédagogiques des écoles et des centres de loisirs et aux associations animant les jardins partagés du réseau Main Verte.

Où ?
Au pied des arbres, entre deux coins de bitume, en bas des immeubles, sur les ronds points, sur les bords des routes et dans tous les endroits délaissés des villes. 55 000 sachets ont été édités.

Quoi ?
Des marguerites, des coquelicots, de la vipérine, du millepertuis, de la mauve, de la camomille sauvage… 17 espèces sauvages sélectionnées par un comité technique de naturalistes et distribuées sous forme de sachets (chacun couvrant 1m2).

Comment ?
Chaque collectivité partenaire distribue à ses habitants des sachets de graines et organise avec eux les plantations. Ici ce sont les écoles qui vont semer, là les amicales de locataires, plus loin les associations de jardins partagés, ailleurs les particuliers-jardiniers…  Le site www.laissonspousser.com fédère toutes les initiatives, invite les participants à raconter leurs expériences de semeurs, à observer les insectes qui viennent y butiner. Le site se fait l’écho d’autres expériences liées à la biodiversité des villes.

Avec qui ?
L’association « Laissons Pousser ! » a été créée par Emmanuelle Vibert et Hélène Binet, deux journalistes engagées. Elle est soutenue par Natureparif.

Commentaires (11)

  1. Emmanuelle Vibert

    Bonjour,
    Je suis porteuse du projet Laissons Pousser avec Hélène Binet. Je voudrais apporter quelques corrections factuelles à ce qui est dit ici. Tout d’abord, il est tout à fait possible de semer au pied des arbres à Paris, comme nous invitons à le faire sur la page consacrée à la capitale sur notre site. Les semis de pieds d’arbres ont d’ailleurs déjà commencé, notamment place Stalingrad et Quai de Valmy. Ensuite, nous n’avons jamais considéré, ni en acte, ni en pensée, ni par écrit, les jardins partagés comme « des petites mains » (peut-être faites-vous référence à un article de Libération dont le titre était « Petites mains de jardin » et qui parlait à la fois des jardins partagés et de l’opération Laissons Pousser? Un titre qui n’engage que son auteur).
    Chaque ville partenaire a librement mis en oeuvre Laissons Pousser sur son territoire et Paris a choisi d’inviter, notamment, les jardins partagés (au même titre que les écoles, les habitants) à y participer. Certains ont répondu avec enthousiasme, d’autre non.
    Voilà, je vous laisse débattre tranquillement sur le reste…
    Et j’invite ceux qui veulent en savoir plus ou entrer en contact avec nous à le faire via http://www.laissonspousser.com.
    Bon semis à tous (avec ou sans Laissons Pousser bien entendu!)

  2. laurent

    Je comprends mieux vos griefs. C’est sûr que les « machins » téléguidés qui agissent avec de gros moyens au détriment d’associations anciennes qui rament (vu qu’il semble que c’est un peu de cela qu’il s’agit), c’est toujours regrettable. Autant que les sponsors surtout conscientisés par le marketing.

    Mais même si question biodiversité, semer des coquelicots, c’est le point zéro, c’est tout de même une initiative sympa, utile pour conscientiser les gens, et qui donne un autre regard sur les friches (et même si à nouveau, il y a mieux pour une friche que d’être une monoculture, qu’elle soit de buddleias ou de bleuets)

  3. jpp

    Il y a absolument de la place pour tout le monde . J’ai simplement expliqué pourquoi ,étant sollicité pour être une « petite main » (c’est le terme qui a été employé) au service d’une grandiose opération pharaonique, je décline l’offre.
    « Un travelling est affaire de morale » dit JL Godard. Pour moi le jardinage aussi.

  4. anne

    bon j’y vois un peu plus clair , JPP, vous baignez ds ttes ces
    assoc  » nature  » , il faut vous mettre à la place de ts ceux qui s’interessent au jardinage mais ne connaissent aucunement cet univers de collectifs de personnes .
    j’ai l’impression que ttes ces assoc ne s’entendent pas bien entre elles , surtout si elles veulent faire un peu de busness ,
    je sens une certaine agressivité, regrettable , pourtant il y a place pour tout le monde non ?

  5. jpp

    Je ne tiens pas à me lancer dans une longue polémique , Chacun jugera…
    Les infos : Naturparif est une association chargée par le Conseil régional Ile de France de promouvoir la biodiversité. Ils assurent notamment un cycle de conférences mensuel en général très intéressantes.
    Ils font cette opération de communication avec l’association « laissons pousser », quasiment créée à cette occasion.
    Naturparif entretient des liens étroits avec le Museum et Noe conservation (science participative ,notamment comptage de papillons).
    L’opération en question relève pour moi du show bizz , pas de la biodiversité. De même que je trouve contradictoire que Noe Conservation -qui n’a aucune expérience de jardinage à son actif-décerne des brevets de biodiversité aux jardiniers avec une pancarte ornée du sigle de son sponsor : Gamm vert.
    Contrairement à ce qui est dit par Laissons pousser, la Ville de Paris n’envisage les semis en question que dans des endroits bien déterminés et « contrôlés ». C’est pourquoi il est fait appel, entre autres, aux jardins partagés. Qui entendent défendre la biodiversité au quotidien et non l’espace d’une opération de comm.

  6. anne

    pas compris gd chose à ce que dit Jpp, s’il pouvait donner davantage d’explications ….kesako natuparif ?

  7. noemie

    La ville de Rennes laisse pousser les herbes sauvages, le long de certaines voies, depuis pas mal d’années, déjà.

  8. Kristin

    c’est au moins un début qu’il s’agisse de pub ou non…mieux que les désherbants et la ville « propre ».

  9. richard dhennin

    Sans oublier que toute cette verdure va finalement empiéter sur l’espace canin, si cher aux autochtones Parisien. 😉

  10. laurent de Liège

    Je ne peux pas me prononcer sur les dessous de guéguerres « politiques » de l’action, mais tout de même…
    – pour une action pareille, il faut bien des graines en sachets (qui reviendront – j’imagine – moins cher que des graines d’hybrides F1 de plantes non indigènes)
    – verduriser des surfaces qui resteraient sinon des no man’s land, c’est plutôt une bonne chose
    – faire participer des gens qui n’ont aucun contact avec la nature est sans doute plus intéressant que s’adresser à des jardiniers pros et naturalistes de terrain (utiles mais pour transmettre leur amour et leur connaissance de la nature).
    Personnellement, je ne jetterais pas le bébé avec l’eau du bain.

  11. jpp

    Désolé mais je vais encore jouer les grognons…
    Le jardin Saint-Serge comme « Graine de jardins » ne participera pas à cette opération de communication, dont la seule utilité est de justifier l’existence de Naturparif.Son seul but est le passage au Journal télévisé.
    Les jardiniers n’ont pratiquement pas été associés à l’élaboration du projet. En l’état, il est vrai que nous aurions dit non .
    D’abord je sème les graines que je veux dans mon jardin . Mon travail de fourmi contribue bien autant à la biodiversité que les gens du Muséum, dont on sait que bien peu, par les temps qui courent, daigne encore aller sur le terrain.Comme Gilles Clément, je ne demande pas son passeport ADN à une plante avant de l’accepter. J’accepte celle qui est apportée par le vent et les oiseaux ou par la mamie de l’immeuble d’à côté.Je trouve mes graines dans les trocs, pas dans un sachet industriel.
    Que n’aurait-on pu faire avec tout ce fric dépensé : abris à oiseaux, à insectes,parcours pédagogiques,etc..?
    Le sondage indique bien que la prise de conscience est là. Pas besoin de venir au secours de la victoire sauf si on est à la recherche de gloire ou de fric.Ce qu’il faut mainntenant c’est des gens décidés à travailler sur le terrain, des jardiniers…des naturalistes de terrain (aujourd’hui très souvent des amateurs cf « science participative »).
    Pour info, sur Paris en tout cas, il n’est pas question de semer en pied d’arbre, ce qui aurait été la limite rigolo.On fait de la « greenguerilla », mais « propre »!

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